RINGO LAM

 

Ringo Lam est né à Hong Kong en 1955. Il a d'abord suivit des cours d'art dramatique en compagnie de Chow Yun-Fat avant de se reconvertir vers la mise en scène à l'Université de Toronto. Il signe quatre films anodins avant de recevoir une certaine notoriété avec un Rien ne sert de mourir (en fait le quatrième volet de la fameuse série des "Mad Mission") amusant et bourré d'action, quoique mineur.

Mais c'est surtout City On Fire avec Chow Yun-Fat et Danny Lee qui va le révéler au monde en 1987. Il y met en scène la guerre entre les flics et les truands avec un réalisme exceptionnel. La suite est connue: Quentin Tarentino va pomper le film pour en offrir un quasi-remake américanisé avec "Reservoir Dogs".

Lam, de son côté, poursuit sa tétralogie du feu avec Prison On Fire - qui traite du système carcéral et de ses dysfonctionnement - puis avec School On Fire qui s'intéresse aux défaillances du système éducatif, à la délinquance juvénile, aux bagarres mortelles dans les lycées et à la prostitution forcée des adolescentes.

Le film sera interdit dans plusieurs pays et Lam devra rentrer dans le rang pour ses films suivants, avant le choc Full Contact, sorte d'excroissance jusqu'au boutiste du cinéma hong-kongais avec tout ce que cela implique d'ultra-violence, de mépris, d'érotisme vulgaire et de virulence explosive. Le film est un terrible échec.

Lam ne tourne plus durant deux ans à la suite de ce coup d'éclat. Car le cinéaste y livre l'essence même de son cinéma, partagé entre la quête de la noblesse et des traditions (famille, bonheur, amour et épanouissement personnel) et l'attrait pour le coté obscur de la force, représenté par l'argent mal gagné, les filles faciles, la violence et l'envie anarchique de tout envoyer en l'air dans une grande pulsion auto-destructrice. C'est un peu tout cela que véhicule Full Contact, entre l'imagerie classe d'un Chow Yun Fat héroïque et les scènes où l'acteur de remonte les roustons après avoir vu un couple en plein accouplement sauvage, entre la noblesse des sentiments et la vulgarité de la nymphomane hystérique typiquement Catégorie3. Bref, un grand moment. Mais le public n'a pas suivit...

C'est Tsui Hark qui le tire de ce mauvais pas en lui offrant l'opportunité de mettre en scène le légendaire Fong Say Yuk dans Le Temple du Lotus Rouge, un wu xia pian traditionnel mais violent à souhait.

Nouvel échec qui amène Lam a réalisé The Adventurer avec Andy Lau et Rosamund Kwan. Ensuite, le cinéaste va alterner les films chinois et américain, tournant l'excellent Full Alert après un Risque Maximum sympathiquement distrayant, tentant un détour par le fantastique horrifique - The Victim, un nouveau plantage commercial - ou la comédie - Looking For Mister Perfect - entre deux séries B burnées pour Jean-Claude Van Damme (Replicant, In Hell).

 

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