LIU CHIA LIANG

 

Liu Chia-liang (en cantonnais Lau Kar Leung) est né à Canton en 1936 et a hérité ses connaissances martiales de son père, un élève du fameux Lin Shi-rong alias "the Magnificent Butcher", élève et disciple favori de Wong Fei Hung. Le jeune homme commence à travailler, avec son père, sur des petits budgets cantonnais consacrés au fameux héros national. Ces films sont interprétés par Kwan Tak-hing, lequel incarna plus de 80 fois le personnages, de "Story Of Wong Fei-Hung" en 1949 (réalisé par Hu Peng) à "Tigre Blanc" de Yuen Woo Ping en 1981. Liu Chia-liang gravit donc les échellons et passe progressivement du statut de cascadeur ou figurant à celui de directeur des combats. Il travaille en compagnie de Tiang Chia sur "The Jade Bow" en 1966 et intègre alors la Shaw Brothers.

Durant dix ans, Liu Chia-liang va travailler pour le grand cinéaste Chang Cheh, que chacun s'accorde à reconnaître comme LE spécialiste du Wu Xia Pian. Toutes les extra-ordinaires chorégraphies du maître sont donc paufinées par Liu-Chia Liang, que ce soit "Un seul bras les tua tous / The One Armed Swordsman", "La Rage du Tigre / The New One Armed Swordsman", "Le Justicier de Shanghaï / Boxer from Shantung" ou la série des Shaolins réalisée en 1974 avec Alexander Fu Sheng. Mais Liu Chia-liang n'apprécie que modérément la violence exacerbée de Chang Cheh et, à la sortie des "Disciples de Shaolin / Disciples of Shaolin", un des films les plus sombres et violents de son auteur, Liu Chia-liang décide de mettre à terme à leur collaboration.
Après dix ans a oeuvré dans l'ombre à la réussite de projets ambitieux, Liu Chia-liang peut enfin passer à la réalisation et il livre une des premières kung-fu comedy avec "Wang Yu défie le maître du Karaté", alias "The Spiritual Boxer", interprété par un débutant nommé Wong Yu, également orthographié Wang Yu afin de tromper le public qui croit qu'il s'agit de la star Jimmy Wang Yu.

Après la réussite du "Combats des Maitres" et des "Exécuteurs de Shaolin", il signe son plus fameux classique, le fabuleux "36eme Chambre de Shaolin" que beaucoup considèrent comme le plus grand film de kung-fu de tous les temps. Inspiré par un héros chinois authentique, le moine San Té, le film (et ses deux séquelles d'un excellent niveau) popularise le kung-fu et Shaolin auprès d'un vaste public. Interprété par son frère adoptif, Gordon Liu, le film est un triomphe qui lance véritablement la carrière de Liu Chia-liang. Celui-ci continua de réaliser des oeuvres de qualité jusqu'en 1984.

A cette date il vient d'essuyer un échec sévère avec "Les 8 Diagrammes de Shaolin", dont le tournage fut perturbé par le décès accidentel de la star Fu Sheng. A l'opposé de la kung-fu comedy triomphante, le film est sombre et le public ne suit pas. La Shaw, alors en plein déclin, choisit de jouer une dernière cartouche en livrant une seconde séquelle au classique "36eme Chambre de Shaolin". Ce sera le dernier film produit par le studio.

Liu Chia-liang, lui, continuera de tourner des films moins ambitieux mais ne retrouvera son éclat que grâce à "Drunken Master 2". Officiellement attribué au cinéaste, on sait pourtant que cette suite fut mise en scène presque entièrement par Jackie Chan, ce que peut confirmer la vision du très médiocre "Drunken Master 3" qui se passe de la star. Enfin, après 8 ans loin des caméras, Liu Chia-liang revient pour une production chinoise sous l'égide de la la Shaw (réactivée) et interprétée, inévitablement, par Gordon Liu: "Drunken Monkey".
Signalons également que le cinéaste fut acteur dans la majorité de ses films.

 

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