ZATO ICHI

Titre: Zato Ichi
ou:  
Réalisateur: Takeshi Kitano
Interprètes: Takeshi Kitano

 

Tadanobu Asano
Yui Natsukawa
Michiyo Ookusu
Daigoro Tachibana
 
 
Année: 2004
Genre: Chambarra
Pays: Japon
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

95%

Résumé:

 

 

Critique:

Takeshi Kitano est sans aucun doute l’un des plus grands artistes du septième art contemporain. Acteur aux multiples facettes, il a rapidement imposé sa griffe incomparable en tant que réalisateur. Entre violence exacerbée, humour décalé, sentimentalisme troublant, et réalisme dérangeant, l’univers « Kitanien » prend forme et envoûte le spectateur extatique. Et c’est alors qu’un nouveau miracle s’est produit.

A l’instar de Tsui Hark, avec le personnage historique de Wong Fei Hong, Kitano puise dans son patrimoine national, et entreprend de faire une nouvelle adaptation du légendaire « ronin aveugle », Zatoichi. Expérience formidable, Zatoichi semble s’imposer comme l’œuvre la plus aboutie du réalisateur. Film hybride, il regroupe toutes les caractéristiques du cinéma de son réalisateur, et intègre de nouveaux éléments, aussi inattendus que fabuleux.

Si les codes du film de « Chambara » sont bien présents, Zatoichi prend tour à tour des apparences de western, de manga, et même de comédie musicale, par le biais des incroyables interventions du groupe de danseurs japonais The Stripes. Apparents spécialistes de claquettes, ces artistes rythment certaines séquences du film, à la façon d’un Dancer in the Dark, dont l’ahurissant final, véritable apothéose de couleurs et de grâce.

Cette multitude de teintes remplace, à la fin, le ton monochrome du film, symbolisant ainsi la libération de la ville et des personnages, et le retour de la joie de vivre. Le travail réalisé sur l’image est réellement impressionnant, frôlant souvent la perfection, dans un style visuel très épuré. Les cadrages sont magnifiques et permettent une immersion complète dans l’univers de Zatoichi, démontrant une grande maîtrise de Kitano, notamment dans les affrontements « kitanesques » au katana.

Dans une esthétique très japonaise, Kitano réalise également un double hommage au maître Akira Kurosawa, avec la bataille sous la pluie (Les Sept Samouraï), et le duel éclair final (Sanjuro). Les acteurs excellent dans leurs rôles, et parviennent à restituer de très belles leçons de morale. Loin d’un manichéisme « à l’américaine », les personnages sont intéressants et souvent attachants, et s’intègrent magnifiquement dans une intrigue où tous sont liés, et qui réservera quelques surprises…

Au final, Zatoichi se révèle somptueux, une œuvre majeure du cinéma japonais, absolument incontournable. Stylisé à l’extrême, jusqu’aux jets de sang numérisés à la manière d’un film d’animation, Zatoichi est une expérience visuelle sublime et unique.

Cette critique est de Yann Jegodtka

NOTE DE FRED: 70%