WING CHUN

Titre: Wing Chun
ou:  
Réalisateur: Yuen Woo-Ping
Interprètes: Michelle Yeoh

 

Donnie Yen
Waise Lee
Norman Chu
Michelle Reis
Cheng Pei Pei
Catherine Hung Yan
Année: 1994
Genre: Kung Fu Comedy
Pays: Hong Kong
Editeur AK Vidéo
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

65%

Résumé:

Une jeune femme nommé Wing Chun (inventeuse du style martial homonyme) affronte la bande du Chimpanzé Volant pour sauver une jolie demoiselle kidnappée.

 

Critique:

Wing Chun est un film assez hybride, passant de séquences excellentes à d'autres poussives. Le scénario est assez simple et difficilement crédible (comment peut-on penser une seconde que la magnifique Michelle Yeoh puisse être un homme?), prétexte à des passages burlesques, des instants romantiques et des combats. Il importe donc de prendre cette réalisation avec distance et second degré, mais l'adhésion n'est point garantie pour autant.

Commençons par l'humour, lequel ne vole pas très haut et s'avère même un peu vulgaire. La morale du film est tout entière orientée vers une certaine légèreté, jusqu'à ce final assez déconcertant qui voit les méchants se repentir. Ils décident de devenir gentils et d'appeler Michelle Yeoh "maman": on retrouve là une totale naïveté qui passera certainement très mal auprès des non familiers. De manière similaire les attitudes exagérées des hommes (prêt à tout pour apercevoir un bout de la peau dénudée des interprètes féminines) deviennent rapidement irritantes. L'humour repose essentiellement sur des quiproquos dignes du Vaudeville, sur des sous-entendus sexuels et sur des grimaces, sans oublier les personnages qui puent (au sens littéral) et un méchant qui finit privé de ses attributs virils. En résumé: du bien lourd et du goûtu, un peu à la manière de Wong Jing. Pas vraiment un compliment à mon avis!

Le romantisme repose, lui, sur les épaules de Michelle Yeoh et Donnie Yen. Parfois efficace, parfois poussif, l'aspect romance est en tout cas terriblement naïf et il faudra assumer ce coté puéril pour apprécier l'ensemble du métrage. D'autant que les rebondissements et quiproquos s'enchaînent sans grande logique et, comme le scénario s'étiole au fur et à mesure des minutes, le tout devient un peu indigeste.

Les combats, enfin, sont irréalistes mais souvent brillants, malgré une utilisation constante de certains procédés, comme les câbles et les accélérés. La plupart des chorégraphies sont heureusement de hauts niveaux et l'originalité est souvent présente.

Dommage que la mise en scène ne soit pas plus maîtrisée et que le coté technique fasse parfois un peu pauvre. Wing Chun est finalement une version modernisée des Kung Fu Comedy des seventies et, quoique souvent divertissant, il ne s'élève jamais à la hauteur de sa réputation. Trop bourratif, trop excessif, il n'est nullement classique et s'avère même parfois un brin ennuyeux. Le métrage se laisse regarder distraitement mais constitue, de la part de Yuen Woo Ping, une authentique déception.