WHERE A GOOD MAN GOES

Titre: Joi gin a long
Réalisateur: Johnny To
Interprètes: Lau Ching Wan

 

Ruby Wong
Lam Suet
Raymond Wong
Wayne Lai
Ai Wai
 
Année: 1999
Genre: Polar / drame
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

70%

Résumé:

Michael sort de prison et rencontre une jeune femme, Judy, une veuve qui élève seule son enfant tout en tenant un hotel de macau. Une relation étrange débute alors, compliquée par un policier, Karl, qui ne cesse de vouloir coincer Michael en le forçant à replonger

Critique:

Ce polar de Johnny To s'apparente davantage à un drame intimiste qu'à un trhiller. Les amateurs de la veine plus "remuante" du cinéaste risquent donc d'être déçu car, à l'instar de The Mission, tourné la même année, c'est l'atmosphère qui prime ici largement sur l'intrigue.

Le récit passe par les figures imposées de l'ancien tueur des triades décidés à refaire sa vie, du policier tégneux usant de méthodes plus que douteuses et d'une jeune femme un peu paumée.

Il faut un peu de bonne volonté pour se laisser porter par cette confrontation toute en lenteur et en tensions contenues mais l'aventure est pourtant loin d'être désagréable à vivre. Le réalistaur démythifie ses truands, abandonnant le personnage hautement cinégénique du gangster honorable et romantique pour une réalité plus prosaique et sans doute plus conforme à la réalité. Ses criminels sont des paumés sans avenir qui noient leur solitude dans l'alcool auprès de prostituées.

La recherche du "héros" (Lau Ching Wan) présenté comme un "good man" passe par une sorte de restructuration de sa vie aux côtés de la jeune veuve (Ruby Wong) sans que la relation ne bascule véritablement dans un lien amoureux. Le final est assez ironique, la haine entre le flic et le voyou n'ayant plus de raison d'être une fois le contexte modifié. Ces deux personnages qui semblent se détester au plus haut point ne sont donc pas si éloigné l'un de l'autre. Ce sont leurs fonctions qui les amènent à se haïr: le flic doit coincer le gangster et ce-dernier doit réagir. Pour reprendre une formule éprouvée on pourrait pratiquement dire qu'il ne faut rien y voir de personnel.

Where a Good Man Goes est donc un drame intimiste intéressant, malgrè une histoire rabachée et un triangle classique (le flic, le bandit, la femme). Les personnages sont développés et permettent d'oublier le caractère convenu et linéaire du scénario. La réalisation est dépouillée et la musique efficace à défaut d'être vraiment mémorable. Même si on n'atteint pas au chef d'oeuvre, nous sommes en présence d'un titre assez prenant dans lequel on ne s'ennuie pas, à condition d'apprécier les oeuvres assez lentes et sans effets racoleurs