LE TIGRE NOIR DU KARATE

Titre: When Taekwondo strikes
ou: Sting of the Dragon Masters
Réalisateur: Huang Feng
Interprètes: Angela Mao

 

Carter Wong
Sammo Hung
Wilson Tong
Alan Tsui
Yuen Biao
Wang In Sik
Année: 1973
Genre: Kung fu
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

55%

Résumé:

Les gentils Coréens et les méchants Japonais s'affrontent, les premiers voulant renverser les seconds qui les tyrannisent. Heureusement, les arts martiaux de Corée sont bien supérieurs à ceux du Japon...

Critique:

La vision effective de certains classiques supposés du cinéma de genre s'avère parfois cruelle et WHEN TAEKWONDO STRIKES illustre malheureusement le problème d'une longue attente fantasmée et d'une réalité franchement décevante.

L'intrigue de ce métrage est typique de son époque et d'une rare banalité. Carter Wong, un combattant coréen, fuit une bande de Japonais colériques et se réfugie dans une église, où un combat ne tarde pas à survenir. Le prêtre est alors fait prisonnier mais il s'avère que le jardinier de l'endroit n'est autre que Lee Chung Tung, un rebelle décidé à renverser la tyrannie. Aidé par Sœur Wang, les Coréens vont se défendre contre la barbarie sans limite des Nippons.

Considéré par certains comme un classique du kung-fu, WHEN TAEKWONDO STRIKES n'est, au final, qu'un banal kung fu de seconde zone. L'intrigue est d'une minceur effroyable et aucun rebondissement ne viendra tirer le spectateur de sa torpeur. Comme souvent, l'ensemble s'avère également un monument de propagande raciste présentant les Japonais comme des bêtes féroces aussi stupides que cruels. Heureusement, leur maîtrise des arts martiaux toute relative ne peut concurrencer la précision des Coréens, experts en Taekwondo, Aïkido et autres.

Le rythme général est, en outre, languissant pour ne pas dire léthargique et la mise en scène est d'une grande pauvreté. Huang Feng semble peu concerné et ne parvient pas à donner le moindre punch à une production uniquement sauvée par ses combats. Ceux-ci, assez réussis, sont suffisamment nombreux pour maintenir l'intérêt et le casting de premier choix aide à faire passer la pilule. Outre Angela Mao et Carter Wong, qui se partagent comme souvent la vedette, le métrage offre à Sammo Hung et Whang in Sik l'occasion de démontrer leur indéniable savoir-faire.

Dommage que les personnages soient esquissés avec d'aussi gros traits, au point qu'ils n'ont véritablement aucune consistance, se divisant en deux clans opposés: les gentils Coréens qui savent se battre et les affreux méchants Japonais qui ne peuvent gagner que par traîtrise. Même compte tenu du contexte et de l'époque de tournage, il est difficile de ne pas se sentir agacé devant une telle simplification.

Les décors et les "production values" dans leur ensemble sont en outre plutôt pauvres et le métrage fait vraiment fauché et mal ficelé. Le combat final, tout à fait honnête et même bien nerveux pour un titre aussi ancien justifie quelque peu la vision de ce WHEN TAEKWONDO STRIKES mais seuls les inconditionnels d'Angela Mao ou du kung fu old-school risquent d'y trouver un minimum d'intérêt. Scénario nul, personnages inexistants, mise en scène molle, rythme anémique…beaucoup trop de négatif pour que les quelques combats sauvent la mise.

Après la réussite éclatante de HAPKIDO, tourné juste avant par la même équipe, WHEN TAEKWONDO STRIKE fait hélas fort pale figure. Grosse déception!