THE UNTOLD STORY

Titre:  
ou: Bunman - Human Pork Chop
Réalisateur: Herman Yau
Interprètes: Anthony Wong

 

Danny Lee
Emily Kwan
Eric Lee Ka Fat
Julie Lee Wah Yet
Lam King Kong
 
Année:  
Genre: Drame / Horreur / Polar / CatégorieIII
Pays: Hong Kong
Editeur Universe
Violence: * * * * *
Erotisme: * * *
Suite: The Untold Story 2

75 %

Résumé:

Un restaurateur psychopathe assassine toute une famille qui n'a pas su éponger une dette de jeu. Ensuite, impuni, il poursuit ses méfaits en tuant les gêneurs, lesquels finissent ensuite dans l'assiette des consommateurs.

Critique:

Gros classique de la CatégorieIII, The Untold Story ne fait pas dans la dentelle fine.

Inspiré d'un fait divers authentique et célèbre, il met en scène un restaurateur psychopathe (Anthony Wong, en roue libre) qui supprime les gêneurs avant de les servir à ses clients sous forme de bouchées à la vapeur. Au niveau de la violence et du gore, le métrage est assez extrême mais cette horreur graphique est limitée à une poignée de scènes. Nous reviendrons ultérieurement sur la dernière et la plus monstrueuse. Mais commençons par la première d'entre elle, qui consiste en un long découpage au hachoir. Eprouvant mais classique. La seconde, la plus fameuse est déjà plus malsaine. Elle montre Anthony Wong violer sa serveuse avant de la tuer à coup de baguettes plantées dans le vagin.

Pendant ce temps la police enquête de manière aussi molle que paresseuse. Les policiers n'ont d'ailleurs franchement pas le beau rôle dans cette histoire. L'inspecteur Lee (l'inévitable Danny Lee) arbore des chemises Hawaïenne du pire effet, avec d'horribles cravates "assorties". Il semble d'ailleurs constamment en vacances et passe son temps à déléguer les tâches ingrates à ses subalternes. Il aime s'afficher aux bras de prostituées qu'il amène au commissariat et frime ainsi devant ses collègues. Lesquels ne se soucient guère de faire progresser l'enquête, surtout préoccupés de jouer et de vanner leur unique collègue féminine. Cette dernière n'est d'ailleurs pas beaucoup plus intelligente: elle pousse des soupirs énamourés devant l'inspecteur et va jusqu'à s'habiller ouvertement sexy pour tenter d'attirer son regard.

- "Tu ressembles à une pute comme ça", dit un des flics.
- "Mais les autres filles aussi", proteste la gardienne de la paix.
- "Oui mais elles, ce sont vraiment des putes" lui rétorque un collègue!

C'est pourtant la seule à essayer de résoudre l'affaire ("mon intuition féminine", dit elle, à quoi un comique réplique "tu te crois féminine?"), tandis que ses coéquipiers n'hésitent pas à détruire des lettres importantes pour éviter un surcroît de travail.

Les flics finissent pourtant par coincer le cinglé, plus par hasard qu'au terme d'une enquête à la Columbo d'ailleurs, (au deux tiers du métrage) et ils l'envoient croupir en prison, en compagnie du frère d'une de ses victimes. A partir de là, notre tueur en série va vraiment dérouiller. Les autres détenus n'arrêtent pas de le frapper et de l'humilier, quitte à lui maintenir la tête dans la cuvette des toilettes et à lui pisser dessus.

La seule solution sera une tentative de suicide qui mènera notre homme à l'hôpital. Mais les policiers ne s'arrêtent pas en si bon chemin: ils le frappent et le battent comme plâtre, avant de lui injecter de l'eau sous la peau et de lui envoyer des produits dopants pour l'empêcher de dormir. Torturé de manière abominable, le criminel finit par avouer ses crimes. Lesquels sont à ce point atroces que le spectateur en oubliera toute compassion pour applaudir des deux mains devant les brutalités policières perpétrées. Car notre maniaque n'a pas hésité, pour une simple dette de jeu, à tuer toute une famille. Le père, la mère, la grand-mère et cinq jeunes enfants vont ainsi y passer, l'un à la suite de l'autre: tesson de bouteille dans la gorge, décapitation, égorgement, corps tranchés à coups de hachoir,…Le sang gicle à gros bouillon et éclabousse les murs, alors que les membres sectionnés s'amoncellent.

Herman Yau dépasse franchement les bornes lors de cette séquence, une des plus éprouvante et intenable de l'histoire du cinéma. Nous sommes en présence de la plus complète barbarie, de la violence outrancière la plus gratuite. Du gore sérieux et extrême qui renvoie bien davantage à la conception seventies du genre (avec des œuvres comme Massacre à la Tronçonneuse, Dernière Maison sur la Gauche, Zombie ou Cannibal Holocaust) qu'à la gaudriole saignante typique des années 80.

Bien ficelé, doté d'un scénario relativement élaboré et cohérent, The Untold Story répond finalement à nos attentes. Même si la première demi-heure est un peu longue à se mettre en place (avec en outre un humour souvent bien lourd), la suite s'avère efficace, rythmée et bien interprétée, que ce soit par Danny Lee en flic stupide et prétentieux ou Anthony Wong, dont le numéro cabotin et extrême lui valut un Hong Kong Award mérité mais étonnant. L'homme ne recule devant rien, se croit plus intelligent que tout le monde, n'a aucun scrupule à tricher au jeu (une preuve supplémentaire de son intelligence supérieure) et massacre sans la moindre émotion tous ceux qui pourrait le gêner. Femme, très jeunes enfants ou grand-mère débonnaire: tous finissent dans le même sac à ordure ou transformés en plats préparés.

Avec son crescendo efficace et sa surenchère barbare culminant dans un dernier quart d'heure de pure folie vomitive, The Untold Story est une réussite, au point de faire oublier ses nombreux défauts, en particulier une photo délavée et quelconque.

A réservé quand même à un public averti…