TWO CHAMPIONS OF SHAOLIN

Titre: Shao Lin Yu Wu Dang
ou: Two Champions of Death
Réalisateur: Chang Cheh
Interprètes: Lo Meng

 

Chiang Sheng
Lu Feng
Candy Wen
Sun Chien
Johnny Wang
 
Année: 1979
Genre: Kung fu
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

50%

Résumé:

Les Mandchous et le Wu Tang Clan s'associent pour détruire les derniers loyalistes venus de Shaolin et imposer la dynastie Qing. Trois tueurs partent donc à la recherche du moine San Te et de ses deux disciples.

Critique:

TWO CHAMPIONS OF SHAOLIN est une œuvre de fin de carrière pour Chang Cheh…une fin de carrière qui dura quand même une quinzaine d'années et offrit encore une poignée d'œuvres de grande qualité mais aussi, hélas, beaucoup de petits kung fu interchangeables mettant en scène la troupe des Five Deadly Venoms. Une bande d'acrobates menés par Philip Kwok, Lo Meng, Lu Feng, Sun Chien et Chiang Sheng qui connu une importante popularité aux Etats-Unis, où chacun de leur métrage bénéfice d'une aura enviable, en particulier le très médiocre CINQ VENIMS MORTELS qui se retrouve immanquablement dans toutes les listes de "cult-movies" possibles.

Que peut donc apporter TWO CHAMPIONS OF SHAOLIN à la gloire des uns (les Venoms) et de l'autre (à savoir le cinéaste vieillissant)? Et bien malheureusement pas grand-chose tant tout semble déjà mille fois vu et revu. Après la destruction du monastère de Shaolin, les survivants fuient, traqués par les Mandchous et les traîtres du Wu Tang Clan…Refrain connu donc. Pour détailler un minimum cette intrigue papier à cigarette nous retrouvons les Mandchous désireux d'établir la suprématie des Qing et décidés à éliminer les derniers fidèles de Shaolin, loyaux aux Ming, menés par le moine San Té (celui de la 36ème CHAMBRE DE SHAOLIN). Les méchants Wu Tang et les tout aussi méchants Qing s'associent donc et lancent dans la mêlée un quatuor d'experts martiaux adeptes de techniques diverses, comme la boxe du singe.

Le tout n'est, hélas, ni assez passionnant ni même suffisamment kitsch / délirant pour susciter l'adhésion. La Shaw Brothers, alors largement déclinante, agonise à ressasser les mêmes récits éculés, dans des décors beaucoup trop vus pour ne pas lasser. Dans TWO CHAMPIONS OF SHAOLIN, rien ne surprend, rien ne vient briser les monotonies de séquences "dramatiques" bien trop longues et trop classiques pour que le spectateur ne sente pas l'assoupissement le gagner.

Alors, heureusement, surviennent les nombreux combats, toujours efficaces et nombreux. Philip Kwok, cette fois, n'est pas présent à l'écran et laisse la vedette à Lo Meng mais les recettes utilisées, elles, ne changent pas. L'action est privilégiée, dominant largement un métrage qui a peu à offrir en dehors de ses scènes de combats, lesquelles culminent évidemment dans un final sanglant et brutal à souhait. En dépit de quelques accélérés et des exagérations coutumières du genre, les amateurs de kung fu ne devraient pas être déçus par les bastons chorégraphiées avec énergie et puissance. Elles sont placées adroitement pour maintenir un minimum l'intérêt mais ce n'est sans doute pas suffisant pour sauver un métrage globalement plutôt mauvais.

Trop de clichés, trop de valeurs martiales (honneur, amitié, sacrifice,…) posées sur l'intrigue sans être un minimum travaillées, trop de parlottes stériles et de dialogues insipides, trop de passages dramatiques sans intérêt desservis par des interprètes plus à l'aise dans l'action que dans le jeu d'acteur…Bref, beaucoup trop de faiblesses pour que TWO CHAMPIONS OF SHAOLIN ne sombre pas dans la catégories des petits films sitôt vus sitôt oubliés qui constituent, avouons le, une large part des productions Shaw Brothers / Chang Cheh à partir du milieu des seventies.

Une déception complète.