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TWO CHAMPIONS OF SHAOLIN est une œuvre de fin
de carrière pour Chang Cheh…une fin de carrière qui dura quand
même une quinzaine d'années et offrit encore une poignée d'œuvres
de grande qualité mais aussi, hélas, beaucoup de petits kung
fu interchangeables mettant en scène la troupe des Five Deadly
Venoms. Une bande d'acrobates menés par Philip Kwok, Lo Meng,
Lu Feng, Sun Chien et Chiang Sheng qui connu une importante
popularité aux Etats-Unis, où chacun de leur métrage bénéfice
d'une aura enviable, en particulier le très médiocre CINQ VENIMS
MORTELS qui se retrouve immanquablement dans toutes les listes
de "cult-movies" possibles.
Que peut donc apporter TWO CHAMPIONS OF SHAOLIN
à la gloire des uns (les Venoms) et de l'autre (à savoir le
cinéaste vieillissant)? Et bien malheureusement pas grand-chose
tant tout semble déjà mille fois vu et revu. Après la destruction
du monastère de Shaolin, les survivants fuient, traqués par
les Mandchous et les traîtres du Wu Tang Clan…Refrain connu
donc. Pour détailler un minimum cette intrigue papier à cigarette
nous retrouvons les Mandchous désireux d'établir la suprématie
des Qing et décidés à éliminer les derniers fidèles de Shaolin,
loyaux aux Ming, menés par le moine San Té (celui de la 36ème
CHAMBRE DE SHAOLIN). Les méchants Wu Tang et les tout aussi
méchants Qing s'associent donc et lancent dans la mêlée un quatuor
d'experts martiaux adeptes de techniques diverses, comme la
boxe du singe.
Le tout n'est, hélas, ni assez passionnant
ni même suffisamment kitsch / délirant pour susciter l'adhésion.
La Shaw Brothers, alors largement déclinante, agonise à ressasser
les mêmes récits éculés, dans des décors beaucoup trop vus pour
ne pas lasser. Dans TWO CHAMPIONS OF SHAOLIN, rien ne surprend,
rien ne vient briser les monotonies de séquences "dramatiques"
bien trop longues et trop classiques pour que le spectateur
ne sente pas l'assoupissement le gagner.
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Alors, heureusement, surviennent les nombreux
combats, toujours efficaces et nombreux. Philip Kwok, cette
fois, n'est pas présent à l'écran et laisse la vedette à Lo
Meng mais les recettes utilisées, elles, ne changent pas. L'action
est privilégiée, dominant largement un métrage qui a peu à offrir
en dehors de ses scènes de combats, lesquelles culminent évidemment
dans un final sanglant et brutal à souhait. En dépit de quelques
accélérés et des exagérations coutumières du genre, les amateurs
de kung fu ne devraient pas être déçus par les bastons chorégraphiées
avec énergie et puissance. Elles sont placées adroitement pour
maintenir un minimum l'intérêt mais ce n'est sans doute pas
suffisant pour sauver un métrage globalement plutôt mauvais.
Trop de clichés, trop de valeurs martiales
(honneur, amitié, sacrifice,…) posées sur l'intrigue sans être
un minimum travaillées, trop de parlottes stériles et de dialogues
insipides, trop de passages dramatiques sans intérêt desservis
par des interprètes plus à l'aise dans l'action que dans le
jeu d'acteur…Bref, beaucoup trop de faiblesses pour que TWO
CHAMPIONS OF SHAOLIN ne sombre pas dans la catégories des petits
films sitôt vus sitôt oubliés qui constituent, avouons le, une
large part des productions Shaw Brothers / Chang Cheh à partir
du milieu des seventies.
Une déception complète.
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