THE TRUE GAME OF DEATH

Titre: The True Game of Death
Ou: Bruce Lee - Son Dernier Combat
Réalisateur: Steve Chen Tien-Tai
Interprètes: Bruce Shao Lung

 

Alice Mayers
Ali Tayler
George Steve
Kamson
Dao San
Bruce Lee (images d'archives et autres!)
Année: 1981
Genre: Bruceploitation
Pays: Hong Kong
Editeur KF Classics
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

35%

Résumé:

Une jeune star des arts martiaux, Shao Lung, refuse de jouer pour un producteur crapuleux. Ce dernier tente de l'intimider et demande finalement à sa copine de l'empoisonner. Mais Shao Lung n'est pas mort, il bouge encore et se vengera à la Tour de la Mort. Na, bien fait!

 

Critique:

The True Game of Death est, évidemment, une bruceploitation. Il appartient même à la branche la plus infâmante de toutes, à savoir les "Games-exploitation". Le principe étant qu'à la mort de Bruce Lee, les fans attendaient la sortie du fameux Game of Death, laissé inachevé. De rusés producteurs imposèrent donc leur version du film en lançant sur le marché The Last Game of Death, Enter the Game of Death et ce True Game of Death.

Une première constatation: le scénario n'a aucun sens. Nous sommes bien au-delà du simple kung fu bis avec une intrigue tenant en trois lignes. Non, ici, à l'image du Enter Three Dragons de Godfrey Ho, il n'y a quasiment aucune continuité d'une séquence à une autre.

Le film débute par des images de la conférence de presse de Bruce Lee, suivie de ses funérailles. Le Petit Dragon étant mort, des producteurs avides désirent imposer leur nouveau poulain, à savoir Shao Lung. Ce-dernier veut tellement suivre les traces de Lee qu'il néglige même sa copine Alice. Or de méchants producteurs désireux d'engager Shao Lung menacent la demoiselle. Après plusieurs intimidations, elle empoisonne Shao Lung, qui meurt en plein "golo-golo dans la case".

Un vieil homme, Wang, est ensuite engagé comme homme à tout faire par Alice, lequel ne semble pas se rendre compte qu'il s'agit de Shao Lung avec une fausse moustache. Comment a-t-il échappé à la mort? Nous ne le saurons jamais. Toujours est-il qu'Alice fuit en voiture et, en pleine campagne, tombe sur Wang. Que faisait-il là? Euh...Bon, reprenons: Alice découvre que Wang est en fait Shao Lung, ce que chacun avait d'ailleurs deviné mais passons...

Arrive une séquence totalement hors de propos - puisée d'ailleurs dans une autre production - dans laquelle Shao Lung (ce n'est plus le même acteur!) se bat contre deux types. Pourquoi? Euh..."Deux en uns!" répond le jeune homme avec un T-Shirt Godfrey Ho Is God...le jeune homme est prié de retourner sur le site de Nanarland, merci!

Bref, Alice est kidnappée et conduite à la...Pagode de la Mort. Enfin! Shao Lung, de son côté, se bastonne contre quatre motards en combinaison colorée. Bruce revêt évidemment le training jaune et se dirige, lui aussi, vers la Pagode...Attention elle est visible un quart de seconde, si vous clignez des yeux au mauvais moment vous allez la rater. Ce serait dommage de gâcher un aussi beau stock-shot pourtant!

Ensuite, Bruce Lee, pardon Shao Lung, gravit les escaliers menant vers son destin. Le tout est entrecoupé d'images de lions grondant ou de clips de Bruce Lee solarisés à l'extrême et montés n'importe comment. "Toute la sauvagerie du monde semble condenser dans cette séquence" nous murmure l'attachée de presse. Oui, bon, ben alors "sois belle et tais toi" a-t-on envie de répondre en visonnant cette pitoyable séquence.

Le plat de résistance arrive enfin, à savoir les combats contre un expert en nunchaku, un sumotori et un boxeur noir à la belle carrure. Shao Lung triomphe évidemment, sauve Alice et se retrouve dehors (une demi-heure s'est écoulée au maximum mais il fait maintenant nuit noire, oui c'est très curieux...Ed Wood es tu là?) où il combat encore deux ou trois méchants. Et c'est tout. Fin. Basta. Nada. Hasta la vista baby. Et viva la revolucion!

Il est difficile de critiquer un tel sommet d'inepties. La musique est inappropriée (en fait c'est un remix disco des Dents de la Mer qui qui est utilisé...oui, encore une fois c'est très curieux!), les faux raccords innombrables, les acteurs affligeants, la mise en scène inexistante, etc. Pourtant, cette nullité s'avère distrayante et on ne s'y ennuie pas vraiment. Les similitudes avec le postérieur Game of Death officiel sont nombreuses, ce qui montre à quel point Robert Clouse a pu être peu inspiré.

Une histoire de vengeance basique, des combats très datés, d'énormes trous de scénario, etc. Bref, c'est complètement raté mais les inconditionnels de la bruceploitation cornichonne peuvent encore y trouver un certain plaisir pervers et pas seulement pour les brèves séquences au cours desquels Alice exhibe fugitivement son anatomie.