LE TRANSPORTEUR 2

Titre: Le transporteur 2
ou: The Transporter 2
Réalisateur: François Letterier
Co-real action Corey Yuen Kwai
Interprètes: Jason Statham

 

Alessandro Gassman
Amber Valletta
Kate Nauta
Matthew Modine
Jason Flemyng
François Berléand
Année: 2005
Genre: Action
Pays: France
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

70%

Résumé:

Frank Martin, mercenaire et "transporteur" est chargé de la protection d'un jeune enfant, lequel est enlevé par des hommes prêts à tout.

Critique:

Le Transporteur 2 se présente immédiatement comme un divertissement cartoonesque à souhait. Luc Besson marche ici clairement sur les plates-bandes des poids lourds du cinéma d'action, au point que le premier film paraisse sobre en comparaison.

Le scénario s'inspire outrageusement du récent Man On Fire de Tony Scott et y ajoute de nombreuses séquences explosives dans l'esprit d'un Piège de Cristal, d'un Mission: Impossible ou d'un James Bond. Evidemment, l'intrigue ne tient pas debout un quart de secondes, les personnages sont caricaturaux et "aussi épais qu'un sandwich SNCF" et les séquences d'action poussent encore plus loin la suspension d'incrédulité que les métrages précités.

A ce moment, le spectateur possède le choix: une adhésion distancée à cette optique comic-book ou un rejet total. Quoique le bon sens nous incline à la seconde possibilité, il faut avouer que la première est nettement plus fun! Alors embarquons pour cette bande dessinée sur pellicule, destinée essentiellement aux adolescents boutonneux.

A ce niveau, nous sommes servi, avec tous les clichés inhérents au genre: un enfant menacé, un virus mortel susceptible de tuer les leaders mondiaux et de plonger la planète dans le chaos. Pour corser ce plat déjà bien délirant, Luc Besson envoie aux basques du héros une tueuse uniquement vêtue de sous-vêtements sexy et de hauts talons. Sans oublier deux gros flingues qui pulvérisent la moitié de la ville.

Le héros, parlons en: Jason Statham (avec des manières et un physique parfois proches de Bruce Willis bien sûr) incarne le chauffeur / transporteur Frank Martin, ici carrément assimilé à un super-héros, entre l'agent 007, McClane, le Chuck Norris des grands jours (celui d'Invasion USA!), le Bébel des années 80 et un personnage des Marvel Comics. Notre homme tombe d'un immeuble, saute au-dessus d'une voiture, se bat dans un avion, dégomme à mains nues un paquet de méchants…Bref, la totale, d'autant que le personnage semble également doué de l'ubiquité et de la prescience! h

Niveau combats et cascades c'est d'ailleurs le gros délire, même si les CGI sont souvent trop visibles. Voiture "volant" pratiquement pour détacher une bombe fixée sous la carrosserie par l'intermédiaire du crochet d'une grue et autres séquences que l'on ne pensait trouver que dans les romans de gare ou les actionner hong kongais des années 80.

Jason Statham se montre convaincant dans les nombreux combats et livre quelques belles prouesses martiales. Lorsque le scénario ne requiert pas ses talents, il semble un brin perdu, comme un personnage de jeu vidéo attendant que le gamin ne remette une pièce dans la machine à fric. Dès ce moment, il s'active et cogne du méchant, consolant les demoiselles éplorées mais refusant de coucher car, après tout, "c'est un type bien". Corey Yuen Kwai signe des chorégraphies assez traditionnelles et déjà vues pas mal de foi, ce qui n'enlève rien à leur efficacité.

Statham n'emploie pas un style particulier, il se bat (encore une fois on retrouve l'influence comic-book) en usant de kung-fu, de clés, de projections et d'armes improvisées, comme des bâtons ou une lance à incendie. La séquence clé du film, un combat à 1 contre 20, rappelle Contre-attaque (et autres Jackie Chan des années 90) ainsi que les métrages tournés par Jet Li sous l'égide de Corey Yuen.

Un élément important de la saga reste l'humour, mais ce dernier est ici moins présent que dans le premier film. Il est par contre encore plus lourd et indigeste, avec les vannes sur les Français et les stéréotypes coutumiers (la gastronomie grenouille vs la malbouffe hamburger), souvent plaqués au petit bonheur la chance dans l'unique but de faire rigoler la salle de cinéma, et particulièrement les mangeurs de pop-corn avachis au dernier rang.

Quiconque espère un film un tant soit peu crédible, un minimum de vraisemblances ou le moindre développement psychologique en sera donc pour ses frais. Mais le grand public (à condition de se montrer un minimum "bon public") peut apprécier ce spectacle court, rythmé et bien enlevé. Le Transporteur 2 ne dure qu'une heure quinze et ressemble finalement à une enfilade de scènes d'action "ouahhhhhh" sans grande logique.

C'est du cinéma populaire, peut-être pas très noble, peut-être opportuniste et sans doute commercial à outrance mais, à tout prendre, c'est toujours mieux que les dernières productions (et réalisations) de Besson.

Rien d'indispensable mais un pop-corn movie satisfaisant.