TOKYO DECADANCE

Titre: Topaz
ou:  
Réalisateur: Murakami Ryû
Interprètes: Miho Nikeido

 

Sayoko Amano
Tenmei Kanou
 
 
 
 
Année: 1991
Genre: Drame érotique
Pays: Japon
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: * * * *
Suite:  

55%

Résumé:

Ai, jeune femme naïve d'à peine vingt ans, plonge dans le milieu de la prostitution et s'applique à satisfaire les penchants sado-masochistes de ses clients.

 

Critique:

Murakami Ryû est un auteur de best-seller très célèbre au Japon qui, depuis le début des années 80, adapte la plupart de ces romans pour le cinéma. Ce film est donc basé sur son roman et plonge le spectateur dans un univers sado-masochiste. Le spectateur suit donc les nombreuses rencontres sexuelles de Ai, une jeune femme qui monnaie son corps et surtout ses services à plusieurs clients. Ai est naïve, innocente dans sa perversion et tente de retrouver l'amour de son ancien amant. A côté de cela elle se prostitue de différentes manières.

Exhibée en train de se masturber devant la vitre d'une chambre d'hôtel, fouettée, humiliée et dominée, Ai passe par des phases sadique et masochiste avec ses clients. Elle est promenée nue à travers une chambre, un gode enfoncé entre ses fesses ou elle force un soumis à boire son urine tandis qu'elle couche avec une autre professionnelle. Mais Ai reste seule et subi le regard de la société bien pensante, comme lorsqu'une poignée de jeunes femmes découvrent les accessoires dissimulés dans son sac.

Tokyo Décadence appartient à cette mode du film porno d'auteur. Ici le réalisateur va très loin mais ne sombre pas dans le X pur et dur (en tout cas pas dans cette version puisqu'il existe un "director's cut unrated"). Néanmoins l'ambition est de réaliser une sorte de porno intello, retrouvant certaines expérimentations provocantes des seventies (L'Empire des Sens, Le Dernier Tango à Paris, La Grande Bouffe) ou plus récentes (Intimité, Romance X, Baise Moi, Fantasmes, etc.)

Malheureusement ces films sont rarement passionnants. Tokyo Décadence possède ses fans mais, pour moi, n'est jamais très abouti. Ryü Murakami additionne les séquences érotiques (certaines assez hard) sans montrer une véritable intention érotique et l'ensemble tourne un peu à vide, d'autant que le film est assez long. Certains passages sont pourtant efficaces, certaines séquences sont marquantes et quelques considérations sociales et intellectuelles sur l'espèce humaine s'avèrent bien énoncées. Mais sans parvenir à élever véritablement le sujet. Ce film - qui fut banni dans certains pays comme l'Australie, est surtout à voir par curiosité.