LES KAMIKAZES DU KUNG FU

Titre: To Subdue Evil
ou: Duel of Karate
ou: Les Requins du Karaté
Réalisateur: Fu Ching-Wa
Interprètes: Tien Peng

 

Chen Hung Lieh
Doris Lung
Yee Yuen
 
 
Année: 1973
Genre: Kung Fu
Pays: Taiwan
Editeur Le Film Retrouvé
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

25 %

Résumé:

Un homme recherche les assassins de ses parents afin de se venger.

Critique:

Ce kung fu taiwanais de très bas de gamme propose la traditionnelle intrigue des deux jumeaux séparés à la naissance qui s'affrontent vingt ans plus tard pour finalement s'unir face aux meurtriers de leurs parents.

Malheureusement, le métrage s'avère rapidement insupportable de nullité.

Les combats sont tout d'abord très mauvais. Rarement aura-t-on assisté à d'aussi pitoyables chorégraphies tant les combattants semblent se battre au ralenti, en évitant de se toucher pour ne pas se faire mal. La médiocrité des acteurs est franchement affligeante et la plupart se contentent de tendre le bras pour bloquer les attaques adverses. Certains tentent courageusement de lever la jambe à plus de cinquante centimètres du sol mais ils paraissent alors plus ridicules que menaçants. Pénible.

Autre problème, assez fréquent dans les sous-produits des seventies, les duels débutent souvent dans un lieu défini (comme une maison) pour se terminer dans un champ ou sur une falaise, histoire sans doute de ne pas endommager un décor pourtant misérable.

Les affrontements martiaux occupent pourtant une bonne partie du métrage, ce qui finit par devenir assez pénible à suivre. Mais ne vous y trompez pas, le reste est tout aussi mauvais. Les acteurs jouent mal, non guère de charisme, et le doublage affligeant n'arrange pas les choses.

La musique piquée de ci, de là (surtout au Western italien, évidemment) et les bruitages exagérés, typiques du kung fu de série Z, rendent le spectacle encore plus navrant. Tout le budget a surement été investi dans l'achat de trempolines tant les protagonistes rivalisent de saut de cabri pour un oui ou pour un non, ridiculisant même Tigrou, le tigre bondissant ami de Winnie l'Ourson. Un des personnages préfigure également les tueurs du slasher en paraissant doué du don d'ubiquité. Le héros a beau courir comme un dératé pour lui échapper, il le découvre toujours sur sa route, prêt à en découdre après, bien sûr, un ou deux sauts acrobatiques.

Un héros doté, lui, d'une véritable main de fer puiqu'il peut, d'un seul coup de paume, expédier son adversaire à une centaine de mètres en lui imprimant la marque de ses doigts sur le poitrail! Mais le méchant en chef est plus redoutable encore puisqu'il vole carrément à la manière de Superman, n'hésitant pas à changer de direction en vol d'ailleurs, pour revenir à la charge. Une technique terrifiante (enfin je veux dire hilarante) nommé le "retour mortel volant".

Le cinéaste désire pourtant en donner pour son argent au spectateur conciliant. Outre les nombreux sauts de trempoline déjà cité, il utilise sans modérations les jets de sang écarlate et même, avec davantage de parcimonie, les incontournables mannequins en mousse retournés dans tous les sens.

Le tout s'inspire manifestement d'un Wang Yu en roue libre, style Le Boxeur Manchot, mais sans en posséder le côté outrageusement bis, décalé et culte.

Un des faits marquants du métrage réside également dans son casting, où l'on retrouve Cheng Hung Lieh (jadis dans L'Hirondelle d'Or) et Tien Peng, acteur dans les classiques de King Hu tombé dans le bon kung fu indépendant (Les 18 Hommes de Bronze) puis les nanars taiwanais de bas étage. A leurs cotés on découvre quatre méchants ayant le physique de l'emploi, le vilain en chef Yee Yuen et la belle Doris Lung dans le rôle d'une joueuse de dé tricheuse invétérée. Cette dernière étant la seule à posséder un minimum de présence, les deux frangins n'arrivant jamais à susciter la moindre émotion, peu aidé il est vrai par des dialogues d'une profonde bêtise.

Tout se termine par un combat final un poil plus enlevé et rigolo que ce qui précède, mais toujours aussi débile.

En résumé, rien à sauver dans ce ratage qui tient davantage du gros navet que du nanar.