THE THUNDERING MANTIS

Titre: Dian tang lang
ou: Poing d'acier contre les griffes du Tigre
Réalisateur: Teddy Yip
Interprètes: Leung Kar Yan

 

Eddie Ko
Wong Yat Lung
Chin Yuen Sang
Lee Kwan
 
 
Année: 1979
Genre: Kung Fu
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * * *
Erotisme: *
Suite:  

70 %

Résumé:

Le jeune Ah Chi est renvoyé de son école et devient livreur pour un poissonnier alors que son principal intérêt réside dans le kung fu. Il se lie avec un jeune garçon et fait ainsi la connaissance de l’oncle de ce dernier, spécialiste de la technique de la mante religieuse. Ah Chi finit par apprendre à utiliser ce redoutable kung fu pour se venger.

Critique:

THUNDERING MANTIS commence dès le générique par une belle démonstration martiale et se poursuit rapidement de manière très classique avec une intrigue rappelant évidemment les grandes heures du cinéma kung fu (et en particulier DRUNKEN MASTER). La musique très stéréotypée et la mise en scène, correcte mais banale, ne permettent pas, eux non plus, de distinguer le métrage du tout-venant. Mais au fil du temps de projection, THUNDERING MANTIS finit par trouver son identité en jouant la carte de la folie furieuse plutôt que celle de l’humour.

Pourtant, tout le début du film use d’un humour prononcé, peu imaginatif, qui oscille entre le léger (parfois) et le bien lourd (la plupart du temps) avec des passages de comédie grasse, des moments pénibles et limites scatos, sans oublier des scènes burlesques en accélérés tout droit sorties de Benny Hill.

Cette première heure, quoique agréable, s’avère globalement décevante et l’intrigue avance trop lentement et de manière trop prévisible pour passionner vraiment, en dépit de quelques combats efficaces mais trop rares. THUNDERING MANTIS semble également déséquilibré et incapable de choisir entre la bouffonnerie et le sérieux. Au bout d’une heure nous avons droit à une fort belle démonstration de « drunken mantis » par le gamin ivre, sur le thème bien connu de Wong Fei Wong. La scène rappelle évidemment l’humour de Jackie Chan mais en prend le contre-pied en se montrant plus réaliste : plus il boit moins il parvient à se battre.

Dès ce moment, THUNDERING MANTIS va aller crescendo et progresser en qualité, proposant ensuite un combat nerveux entre le vieux maître de la Mante Religieuse et le méchant qui utilise le Eagle Fist. Des chorégraphies réussies, de beaux enchaînements et un cadre naturel plutôt joli (une cascade) en font un passage très « cinégénique ».

Dans le dernier tiers, THUNDERING MANTIS abandonne totalement l’humour pour privilégier un ton nettement plus dramatique et violent qui n’exclut pas une torture du héros (Leung Kar Yan) et de son jeune protégé. Une séquence brutale et cruelle annonçant un final anthologique de plus de dix minutes. Le héros, crucifié et rendu fou par la douleur physique et psychique, perd alors totalement les pédales et devient littéralement cinglé. Il met ses adversaires en pièces et finit même par déchiqueter le big boss avec ses mains et ses dents avant de quasiment le dévorer.

Un moment de folie furieuse inédit et très gore qui utilise des plans larges et beaucoup d’enchaînements. Leung Kar Yan se tord par terre et grogne ou ricane de façon démentielle avant de se précipiter sur ses adversaires avec une rage incontrôlable. Un final qui démontre non seulement les talents martiaux incontesté de Leung Kar Yan mais aussi ses capacités dramatiques, lui permettant de rendre crédible une scène franchement casse-gueule sans sombrer dans le ridicule.

Toutes les chorégraphies, signées de l’inimitable Robert Tai, sont de qualité mais ce sont les combats de la dernière demi-heure qui s’imposent véritablement comme des modèles d’efficacité old-school.

THUNDERING MANTIS n’est sans doute pas le plus grand film de kung fu existant (la première heure est trop classique et le tout manque de moyens et d’originalité) mais les quinze dernières minutes reculent les limites de ce qu’on a vu dans le genre.

Digne des carnages les plus improbables de Chang Cheh, terriblement sanglant, ce final envoie directement THUNDERING MANTIS au firmament du kung fu et justifie, à lui seul (et presque uniquement) la vision de cette petite production réjouissante.