TROIS HISTOIRES DE L'AU-DELA

Titre: Three
ou:  
Réalisateur: Peter Chan / Kim Jee Woon / Nonzee Nimibutr
Interprètes: Eric Tsang

 

Leon Lai
Eugenia Yuan
Suwinit Panjamawat
Hye Su Kim
Bo Seok Jeong
 
Année: 2002
Genre: Fantastique / Epouvante
Pays: Hong Kong / Corée / Thaïlande
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite: Three...Extremes

70%

Résumé:

Trois histoires de fantômes, sans liens entre elles.
1) Souvenirs: La femme de Sung-Min a disparu mystérieusement et, depuis ce jour, il souffre de pertes de mémoire et d'hallucinations. La jeune femme, elle, se réveille dans une rue, amnésique et effrayée. Ils vont devoir découvrir la vérité...

2) La Roue: Kru Tong est un maître du théâtre populaire Khon. Mais il rêve de s'emparer des marionnettes d'un maître décédé de Hun Lakorn Lek, un art considéré comme plus noble. Cependant, les poupées partagent l'esprit de leur créateur et doivent disparaitre avec lui. Or, Kru Tong viole cette règle essentielle...

3) Chez Nous: Après la disparition de son jeune fils, le policier Kin entre chez le gardien de son immeuble, Fai, et découvre que la femme de ce dernier est morte. Mais Fai estime pouvoir la ramener à la vie au bout de trois ans d'attention. Il séquestre Kin dans l'attente de la date fatidique...

 

 

Critique:

Un film à sketches, forcément inégal, qui rappelle la grande époque où les anthologies de récits fantastiques fleurissaient sur les écrans, que ce soit les classiques des sixties / seventies (style "Tales from the Crypt", "Asylum", "Dr Terror's House of Horror", "Torture Garden", etc.) ou le revival des eighties lancé par "Creepshow" et suivit par "Nightmares", "Twilight Zone The Movie", "Tales from the Dark Side", etc.

Actuellement, le genre semble moins fréquenté et souvent cantonné à la série B, comme en témoigne "Cradle of Fear", "Tales from the Crapper", "Hellblock 13" et autre "Terror Tract".

Cette anthologie se distingue de ces prédécesseurs par une absence totale de fil conducteur. Hélas, on a donc l'impression d'assister à trois épisodes de série télé mis bout à bout et non à un véritable long-métrage cohérent. Il importe alors de traiter chaque sketche de manière indépendante, comme trois court-métréges isolés.

Le premier (Souvenir) est de bon niveau. En quarante minutes, le réalisateur cerne son sujet et fait efficacement monter la tension. L'interprétation, efficace, et le suspense bien mené, malgré une intrigue peu originale en font une réussite bien ficelée.

Le second (La Roue) est plus banal. Sans être désagréable, l'intrigue est prévisible et ne parvient pas vraiment à passionner. Les différentes traditions culturelles thaïes, l'opposition entre les formes théâtrales "pauvres" et "nobles" et la spécificité des croyances locales ne suffisent pas à élever le propos au delà du simple récit fantastique classique. De plus, cinématographiquement, " La Roue" souffre d'une esthétique médiocre qui ne rend pas justice aux formes artistiques évoquées. Bref, un passage à vide.

Le dernier volet, Chez Nous, est le plus intéressant et réussi des trois. Peter Chan prend son temps (soixante minutes) pour assurer la progression dramatique du récit. Malgré une fin relativement prévisible (qui bénéficie pourtant de détails surprenants), le suspense fonctionne et le climat étouffant est bien rendu. Parfois angoissant, souvent émouvant, ce quasi-huis-clos bénéficie de la prestation impeccable de Eric Tsang et, dans une moindre mesure, de Leon Lai. Malgrè une ou deux longueurs (cette critique concerne la version étendue), le cinéaste mène son intrigue avec une belle maestria. Du tout bon.

Un film intéressant, donc, et à voir, même si on peut à priori se contenter du premier et troisième volet.