CHEN LE MAGNIFIQUE

Titre: The Magnificent
ou:  
Réalisateur: Chan Shao Ping
Interprètes: Carter Hwang / Wong (Yao)

 

Chen Sing (Général Hsiung)

Casanova Wong (Pieds Magiques)

Doris Lung (WangYing)
Bruce Lai
 
 
Année: 1978
Genre: Kung Fu
Pays: Taiwan
Editeur Bach Films
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

70%

Résumé:

A la fin de la dynastie Ching, différentes factions s'affrontent pour prendre le pouvoir dans une Chine morcelée.

 

Critique:

Bach films a sorti un nombre considérable de petites séries B kung-fu dans des conditions techniques souvent tout juste passables (images passées, crédits farfelus, images recadrées, bande sonore sourde, VF calamiteuse, etc.) et, souvent, les métrages ne méritaient guère mieux. Dans le difficile tri du (rare) bon grain, nous arrivons à cet intéressant Chen Le Magnifique. Lequel, avec un traitement plus respectueux, eut mérité sa place parmi les collections plus prestigieuses de certains distributeurs vidéo.

L'intrigue se déroule en 1911, avant la chute de la dynastie des Ching. Le Seigneur Lu est menacé par le redoutable Yao, qui a juré la fin complète des Ching, et le général Hsiung se charge de sa protection. Ensuite, le scénario devient nettement plus complexe que la moyenne des "films de fights" et multiplie les rebondissements, les retournements d'alliances et les circonvolutions politiques. La dimension historique est donc prépondérante et l'intrigue nécessite une attention soutenue sous peine de perdre le spectateur dans ses méandres. Ce qui change agréablement des "tu as tué mon maître, fils de chienne Manchoue, je vais apprendre le kung-fu et t'exploser la face". Le rythme est pourtant alerte et les combats sont nombreux, la seule différence étant qu'ils sont justifiés par le récit et non plaqués artificiellement sur celui-ci. Bon point également pour les personnages, plus travaillés que la moyenne, et le ton sérieux. La violence, pour sa part, est brutale et bien réelle, les combats efficaces et l'ensemble procure un véritable plaisir et se suit sans ennui, d'autant que les acteurs martiaux sont de premier ordre.

En résumé ce film, malgré un budget sans doute restreint, offre aux spectateurs de véritables qualités. Il ne parait ni pauvre, ni bâclé, mais au contraire puissant et épique, avec de beaux costumes et des extérieurs grandioses.

Que du bonheur, donc? Et bien non, hélas, putain de merde (oui, restons poli). Cette grande fresque est présenté par Bach dans des conditions désastreuses: images recadrées et toutes rognées (parfois deux protagonistes se parlent mais on ne voit que le vide entre eux car ils sont hors cadre) et bande son médiocre qui "souffle", comme à bout de course. Désagréable au possible. De plus, les couleurs sont abominables: délavées, jaunâtres, toutes moches quoi...Même en jouant au maximum avec les réglages de son téléviseur il est difficile d'arriver à un résultat à peine passable au niveau des contrastes. Atroce! Lorsque l'on consulte les critiques Internet disponibles qui vantent la qualité de la cinématographie et la beauté de la photographie, on ne peut que se désoler devant un tel gâchis. Un des pires produits, techniquement parlant, sorti par Bach. Dès le générique le ton est d'ailleurs donné: les crédits sont amputés à gauche et à droite et l'image est toute abimée. Infâme! Seul point positif: une version française pour une fois potable. Pas la grande classe mais, en tout cas, pas d'accents caricaturaux ni de dialogues débilitants.

On constate alors à quel point les conditions de visionnage peuvent porter préjudice à un long-métrage: les commentaires élogieux ne l'auraient sûrement pas été autant devant un tel niveau de (non-) qualité technique.

En l'état, il ne reste que des bribes de cet "intelligent et excitant kung fu movie, largement au-dessus des standards et capable de rivaliser avec bien des produits plus renommés", comme l'a dit un critique.

L'impression dominante est donc celle un terrible gâchis...mais, malgré ces réserves, le tout se hisse dans le peloton de tête de Bach. Un bon 70% de satisfaction qui aurait certainement gagné 5 à 10 points (si!) dans de bonnes conditions d'édition.

Franchement, c'est triste!