THE REBELLIOUS REIGN

Titre: Yong zheng yu nian geng yao
ou: The Rebellious Reign
Réalisateur: Hsiang Fang
Interprètes: Jimmy Lee Lung Fong

 

Norman Chu
Alan Chui
 
 
 
 
Année: 1980
Genre: Kung Fu / Film Historique
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

70 %

Résumé:

Nien Kan Yao après avoir maîtrisé le kung-fu s’allie avec le 4ème Prince du Royaume alors que l’Empereur est à l’agonie. La succession devrait revenir au 14ème Prince mais le 4ème Prince s’empare du testament afin de s’approprier le trône.

Critique:

Si THE REBELLIOUS REIGN possède encore aujourd’hui une certaine notoriété c’est probablement par l’implication supposée de Bruce Lee dans sa conception. En effet l’acteur, au sommet de sa gloire, aurait donné son accord pour interpréter le héros d’une fresque épique historique qu’aurait dû diriger un des poulains de la Shaw Brothers.

Si Lee voulait travailler avec Chu Yuan il semble que la compagnie pensait plutôt à Chang Cheh qui devait au minimum participer à l’écriture du scénario. Quoiqu’il en soit le projet n’abouti pas et la mort de Bruce Lee y mit évidemment un terme. Enfin pas tout à fait puisque THE REBELLIOUS REIGN finit par aboutir entre les mains de Lo Wei, découvreur de Bruce Lee mais aussi de Jackie Chan. Le premier étant décédé et le second s’étant brouillé avec le cinéaste ce sera Jimmy Lee (Lung Fong) qui reprendra le rôle du héros nommé Nien Kan Yao. La Shaw Brothers, pour sa part, ne restera pas longtemps en retrait puisque Tony Liu livrera sa propre version de cette intrigue trois ans plus tard sous le titre THE LADY ASSASSIN.

Pour en revenir à THE REBELLIOUS REIGN il s’agit d’une production hybride et pas très bien équilibrée hésitant entre le film historique parsemé de considération politique et le « simple » kung-fu. Le métrage démarre par l’attaque du héros par une poignée de combattants avant qu’on nous révèle qu’il s’agit là d’un entraînement.

Après quelques autres passages d’action THE REBELLIOUS REIGN dévie vers le drame en costume et la grande épopée. Budget restreint oblige on ne verra pas beaucoup de grands mouvements de foules ni d’armées en campagne même si le cinéaste va développer toute une thématique sur l’attrait du pouvoir durant la partie centrale du film. En effet il n’y aura pratiquement plus de combats durant 45 minutes, THE REBELLIOUS REIGN se focalisant sur les jeux et conflits d’intérêts entre le héros Nien Kan Yao et les autres protagonistes, en particulier le 4ème Prince joué par Norman Chu. Cette partie assez complexe d’un point de vue thématique joue donc uniquement la carte historique et politique, au risque de décontenancer les amateurs d’arts martiaux. Néanmoins si ces intrigues sont intéressantes et plutôt bien menées les personnages manquent souvent un peu d’épaisseur et leurs relations auraient mérités un développement plus poussé.

Il faudra attendre les vingt dernières minutes pour voir à nouveau le kung-fu dominé l’écran pour un final de très haut niveau. Grosse mêlée martiale voyant la plupart des personnages s’affronter et succomber dans le sang, cette dernière partie passe clairement à la vitesse supérieure et n’hésite pas à donner dans le gore. Bras tranché, main transpercée par une épée, membres sectionnés, corps mutilés, THE REBELLIOUS REIGN retrouve les excès des métrages réalisés par Chang Cheh au début des années 70. Même si le métrage ne peut concurrencer le faste des titres de la Shaw Brothers, les décors et costumes sont de qualités et la figuration conséquente.

Difficile d’aborder THE REBELLIOUS REIGN sans avoir à l’esprit qu’il s’agit d’un projet autrefois associé à des noms tels que Bruce Lee, Chang Cheh ou Chu Yuan. Difficile aussi de ne pas le comparer avec THE LADY ASSASSIN tant le métrage produit par Lo We se révèle traditionnel alors que celui de Tony Liu est beaucoup plus rapide, moderne et excessif. Mais, en tant qu’œuvre dégagée de son contexte si particulier, THE REBELLIOUS REIGN se révèle plutôt intéressant.

Les fans de films historiques seront pleinement satisfait par une importante partie dramatique tandis que les adeptes de kung-fu se satisferont d’un final impressionnant, féroce et sanglant.