THE GRUDGE

Titre: The Grudge
Réalisateur: Takashi Shimizu
Interprètes: Sarah Michelle Gellar

 

Jason Behr
Bill Pullman
Morishita Yoshiyuki
Clea Duvall
Kadee Strickland
Année: 2004
Genre: Epouvante
Pays: USA
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite: The Grudge 2

70%

Résumé:

Une maison de Tokyo cache une terrible malédiction et tous ceux qui y résident sont condamnés à mourir. La jeune américaine Karen va devoir se confronter aux peurs tapies dans la demeure infernale.

Critique:

Voici une intéressante relecture d'un classique récent de l'épouvante asiatique. A la différence de Ring, Dark Water et (bientôt) The Eye ou 2 Soeurs, l'original (Ju-On) reste inédit en nos contrées et il est donc impossible, du moins pour le grand public, de comparer les différentes versions. Qui sont, autre originalité, tournées par le même cinéaste, à savoir Takashi Shimizu, lequel a déjà tourné sur ce thème deux moyens métrages vidéo, un remake cinéma, également titré Ju-On, et une suite, Ju-On 2.

Shimizu revient donc sur son sujet une troisième fois à l'initiative de Sam Raimi, qui produit cette version américaine de l'oeuvre. Plus cohérente que son modèle (selon les spécialiste), The Grudge constitue donc un assez efficace récit d'épouvante qui parvient à user avec un certain bonheur de la plupart des clichés inhérents au genre. De la grand-mère bizarre au cadavre dans le grenier en passant par le fantôme féminin aux cheveux longs, le chat qui miaule au moment (in)opportun et l'enfant revenu d'entre les morts, Shimizu aligne les séquences attendues.

Pourtant la recette parvient à fonctionner. D'abord parce que le cinéaste conserve l'environnement nippon mais qu'il y plonge une série d'acteurs américains éprouvant certaines difficultés à s'intégrer dans ce pays encore inconnu. Sarah Michelle Gellar apparaît donc vulnérable et isolée, à l'opposé des héros américains classiques qui paraissent toujours sûrs d'eux et se conduisent partout en territoire conquis. L'actrice n'est d'ailleurs pas mauvaise dans ce rôle, contrairement à un Bill Pullman vraiment peu convaincant pour sa part.

Le principal intérêt réside donc sur des personnages plus travaillés et complexes que la moyenne, soudain plongé dans l'horreur à l'occasion d'une série de séquences flippantes plutôt stressantes. L'atmosphère est donc à l'angoisse par l'entremise de brusques augmentations du niveau sonore, d'une intrigue tortueuse qui s'affranchit quelques peu des contraintes de la linéarité au profit de vignettes et flash backs entremêlés. Il est donc illusoire d'espérer tout comprendre, ce qui, de toute manière, annihilerait sans doute les efforts de Shimizu en détruisant son fragile édifice. Mais, cependant, la ligne directrice du récit reste assez claire et ne devrait pas laisser le spectateur sur sa faim. Seule la narration employée complique la trame et lui offre, soyons objectif, une de ses seules originalités.

Car, tout efficace qu'il soit, The Grudge vient après de trop nombreuses productions similaires pour réussir à véritablement convaincre le spectateur. Quelques passages franchement réussis et l'un ou l'autre moment de frousse véritable compense donc en partie le côté déjà vu de l'ensemble.

Le plat a déjà été cuisiné avec plus de talent mais cette recette un peu réchauffée saura néanmoins satisfaire l'appétit des consommateurs pas trop regardant.