LES LARMES DU TIGRE NOIR

Titre:  
ou: Tears of the Black Tiger
Réalisateur: Sartsanatieng Wisit
Interprètes: Ngamsan Chartchai

 

Stella Malucchi
Panjamawat Suwinit
Metanee Sombat
 
 
Année: 2000
Genre: Nouveau Western romantique
Pays: Thailande
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

70%

Résumé:

 

Critique:

LES LARMES DU TIGRE NOIR est une tentative plutôt réussie de Western thaï. La principale qualité du métrage réside dans son incontestable beauté plastique. Les images et décors sont autant de petits tableaux de qualité, aux couleurs prononcées, qui mettent en valeur les éléments visuels criards (du jaune, du rouge, du rose, du vert…toutes les couleurs sont chaudes et saturées).

Les acteurs rivalisent de cabotinage plus ou moins maîtrisé tandis que la musique se veut typique des Western spaghetti et confère à l'ensemble un coté résolument charmant pour les nostalgiques du genre. Autre élément qui rapproche évidemment le film de ses homologues italiens de la grande époque: une violence assez soutenue avec de belles giclées de sang, artistiques certes mais néanmoins barbares.

Sans verser dans la pure comédie (ou parodie), LES LARMES DU TIGRE NOIR n'est pas vraiment sérieux non plus et ses nombreux excès, associés à toutes les outrances possibles, lui donne un côté sympathique qui le rapproche de certains Western italien de la "fin de règne", lorsque les cinéastes n'hésitaient plus à jouer avec les codes d'un genre agonisant pour le doter de climat fantastique, de violences gratuites et d'un certain humour, dans le style "je ne suis pas complètement dupe de ce que je vous propose mais le spectacle n'en vaut il pas la peine?"

L'intrigue utilise efficacement les flash-back, se permet une poignée de gunfights et joue des références en se permettant une série de clins d'œil envers les grands classiques du Western, que ce soit italiens (comme IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST et autres chef d'œuvre de Leone, particulièrement sollicités) ou américains. Mais le tout a également des airs de drame romantique avec tout ce que cela suppose de passions sauvage et de romance dégoulinante.

Exemple pratiquement unique de Western venant d'Asie (seuls PEACE HOTEL avec Chow Yuen Fat et le sixième IL ETAIT UNE FOIS EN CHINE se sont à ma connaissance approché des codes du Western), LES LARMES DU TIGRE NOIR ressemble finalement à l'enfant un peu difforme et monstrueux de parents ayant pour nom le Western et la Romance. L'accouplement a sans doute été sauvage et la grossesse marqué par la prise intempestive d'acide, d'où ce résultat forcément déjanté et délirant, sans doute pas inoubliable, certainement un peu maladroit mais en tout cas agréable à suivre, distrayant et attachant.