LADY VENGEANCE

Titre: Sympathy For Lady Vengeance
ou:  
Réalisateur: Park Chan-wook
Interprètes: LEE Young-Ae

 

CHOI Min-Sik
KIM Shi-Hu
KIM Boo-Seon
LEE Seung-Shin
RA Mi-Ran
SEO Yeong-Ju
Année: 2005
Genre: Thriller
Pays: Corée
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * * *
Suite:  

40%

Résumé:

 

Critique:

La trilogie thématique de Park Chan-wook consacrée à la vengeance trouve sa conclusion avec cet ultime épisode. Premier point positif, LADY VENGEANCE est plus posé et moins hystérique que son équivalent masculin MR VENGEANCE. Mais le métrage n'est pas meilleur pour autant.

Vaguement inspiré de la saga japonaise FEMALE PRISONNER SCORPION, ce nouvel opus nous ressert beaucoup de clichés et s'avère rapidement assez creux, le spectateur risquant de trouver cette intrigue minimaliste bien longuette et en définitive peu passionnante. Park Chan-wook ne propose pas grand-chose, seulement une vague déambulation d'une froideur rébarbative. Il s'attache aux pas de Geum-ja, une jeune femme d'environ vingt ans, injustement condamnée à 13 ans de prison pour meurtre.

L'actrice Lee Yeong-aeh porte complètement le film sur ses épaules et parvient à donner un minimum d'émotion à cette machination sinon plutôt stérile et pas vraiment convaincante. Dans sa seconde moitié, LADY VENGEANCE s'apparente davantage à un métrage d'exploitation, avec une séquence finale située dans une école désaffectée. Volontairement outrancière, la scène en appel immédiatement aux instincts primaires du spectateur et donne dans les excès sanglants et la violence avec une certaine bonne santé. A la limite de l'auto-parodie, cette seconde partie est néanmoins beaucoup plus consommable, la première souffrant d'une narration éclatée assez déstabilisante. A coup de flash-backs, Park Chan-wook nous présente en effet le parcours des compagnes de cellules de son héroïne.

A plusieurs reprises, le cinéaste essaie de choquer le spectateur mais sans vraiment y parvenir, même si il n'hésite pas à recourir à des effets faciles, comme lorsque le méchant viole pratiquement sa compagne sur la table de la salle à manger.

Sous des dehors de film (pseudo) intelligent LADY VENGEANCE n'est pas plus nuancé qu'un Bronson ou un Delon des seventies: des salauds irrécupérables et une justière impitoyable. Si Park Chan-wook avait assumé jusqu'au bout ses parti-pris sans doute eut il abouti à une œuvre viscérale et rageuse. Mais l'appel de la critique en costume cravate l'ayant emporté sur le désir d'offrir un vrai hommage au vigilante movie (comme l'a pu être KILL BILL, beaucoup plus immédiat et jouissif), le spectateur peut légitimement trouver le temps long.

Pas assez psychologique pour les uns, pas assez viscéral pour les autres, l'ensemble est clairement estampillé "film de festival". Très bien photographié, joliment filmé à condition que l'on apprécier une mise en scène démonstrative qui ne lésine pas sur l'esbroufe, bercé par une musique très réussie composée de mélopées mélancoliques et de morceaux classiques (le gros point positif du métrage d'ailleur!), LADY VENGEANCE ne saura vraiment intéresser que les personnes les plus motivées.

Thriller simpliste camouflé en film d'auteur (à moins que ce ne soit l'inverse), LADY VENGEANCE montre clairement les limites du cinéaste. Mais, vu l'avalanche de critiques dythirambiques, cet avis tranché n'engage que moi et j'invite malgrè tout les spectateurs a jeter un œil à ce métrage qu'il trouveront peut-être à leur goût!