THE SWORD STAINED WITH ROYAL BLOOD

Titre: Bik Huet Kim
ou: The Sword Stained With Royal Blood
Réalisateur: Chang Cheh
Interprètes: Philip Kwok

 

Candy Wen Xu Er
Ching Li
Lu Feng
Chiang Seng
Lung Tien Hsiang
Bruce Lai
Année: 1981
Genre: Kung Fu
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

75 %

Résumé:

Cheng-Chi, un brillant épéiste, arrive dans la demeure de la famille Wen pour offrir une partie du trésor d'un maître décédé à une jeune fille. Mais bien des secrets enfouis seront dévoilés et nul ne sortira indemne de cette intrigue.

Critique:

Voici encore un grand Wu Xia Pian méconnu, une œuvre un peu à part dans la riche fimographie de Chang Cheh. Il s'agit d'une adaptation du roman éponyme de Jiu Long / Louis Cha, publié en 1956, lequel fut adapté à de nombreuses reprises (dont en 1993 avec Yuen Biao).

Première surprise: un scénario complexe et bien construit, lequel se base sur un secret de famille inavoué. Un épéiste, Cheng-chi, arrive dans la maison familiale des Wen et révèle peu à peu des vérités enfouies. L'homme, interprété par Philip Kwok, possède les techniques de combats d'un fameux bandits aujourd'hui décédé surnommé le "Golden Snake". Evidemment, ce Snake avait un compte à régler avec la famille Wen mais Cheng-chi l'ignore. Il désire simplement donner une partie du trésor du défunt à une femme inconnue. Il va rencontrer une belle demoiselle déguisée en homme (faut vraiment être aveugle pour confondre la belle Candy Wen avec un mec!) et entrainer une réaction en chaine menant à la mort et à la destruction.

The Sword Stained With Royal Blood étonne d'abord par la qualité de son intrigue mais les amateurs d'arts martiaux ne se sentiront pas lésés pour autant. A dire vrai, les combats s'enchainent sans temps morts, avec une série de démonstrations acrobatiques du plus bel effets, dans le pur style des fameux Venoms.

Outre Philip Kwok (ou Kuo Chi), on découvre en effet Lu Feng et Chiang Seng, aux côtés d'une joyeuse bande d'acrobates talentueux où l'on retrouve, entre autre, Bruce Lai et Lung Tien Hsiang dans le rôle du redoutable bandit vengeur. Parmi les meilleurs combats, citons la scène ou Philip Kwok affronte trois membres de son clan qui le prennent pour un imposteur et refusent de le reconnaître.

Quoique sûr de lui et confiant dans ses capacités, le héros se refuse généralement à la violence. Ne voulant pas blesser ses adversaires lors des duels, il va utiliser un morceau de lame brisée, une épée de bois empruntées à un enfant ou même une épingle à cheveux. Des armes qui confèrent une originalité certaine aux nombreux affrontement martiaux, lesquels sont tous, sans exception, totalement réussis et époustouflants.

La violence emblématique de Chang Cheh éclate ici de manière plus sporadique et maîtrisée, même si on note quelques membres sectionnés et autres éclaboussures écarlates. La grande scène finale permet cepandant au cinéaste de se lacher et, à ce moment, il retrouve - en partie - les excès l'ayant rendus célèbre dix ans pus tôt: un vrai carnage!

Même si le film comporte quelques défauts mineurs comme la traditionnelle romance homo-érotique avec le "frère d'arme" qui s'avère au final être une demoiselle déguisée (l'honneur est sauf!), l'ensemble trouve toujours - ou presque - le délicat équilibre entre l'action et le scénario.

Avec son intrigue convaincante, sa construction plus élaborée (flash-backs nombreux) que la traditionnelle linéarité de bien des Wu Xia, son mélange d'émotions, de combats rythmés, d'humour naïf et de violences modérées, The Sword Stained With Royal Blood s'impose comme un grand film martial à redécouvrir impérativement.