THE SUPER INFRAMAN

Titre:  
ou: Inframan
Réalisateur: Wa Saan
Interprètes: Danny Lee

 

Sam Suk Yee
Lau Wai Yue
Yuen Woo Ping
Bruce Le
 
 
Année:  
Genre: Sentaï / Aventures / kung fu / SF
Pays: Hong Kong
Editeur CTV
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

65 %

Résumé:

Un savant décide de lutter contre l'invasion d'extra-terrestres agressifs en créant un super-héros invincible. Un volontaire accepte donc de subir le pénible traitement qui achèvera de le transformer en SUPER INFRAMAN!!!!!!!!!!!!

Critique:

Devenu un film culte pour les cinéphiles les plus pervers, Super Inframan reste aujourd'hui un des mètres étalons incontournables du cinéma bis.

Comme le souligne l'interview du responsable de la cinémathèque française, le métrage a "pour lui la force incroyable de sa naïveté". Loin d'être voulu comme une parodie psychotronique, Super Inframan est en effet réalisé très sérieusement et chacun s'applique à y croire. Un décalage énorme avec le spectacle proposé, qui tient du divertissement enfantin le plus outrancier. Il faut en effet le voir pour le croire! Des monstres caricaturaux, aux costumes caoutchouteux plissé de toute part, la gueule ouverte et figée sur des crocs en papier mâché, s'agitent en tout sens contre un Inframan en combinaison resplendissante, lequel livre des combats à un contre vingt comme si il venait tout droit d'un film de Chang Cheh.

Danny Lee gesticule donc beaucoup et lance des répliques aussi imparables que "Pieds photoniques!" ou "Astro-armure" tout en donnant de grands coups de pieds à d'innombrables figurants revêtus d'une sorte de squelette en plastique.

Profondément débile, cette adaptation chinoise des Sentaï nippon n'en reste pas moins survoltée. Si on ricane devant la transformation du héros (la scène est toujours la même et le fond du décor n'est, par conséquent, jamais synchro!) on retrouve le sourire aux lèvres le côté délirant et kitsch de la SF de l'âge d'or.

Le scénario, tout d'abord, est réduit à ses plus élémentaires éléments. De méchants aliens enfermés dans la glace se réveillent et décident de conquérir le monde. Un savant riposte en transformant le totalement figé Danny Lee en Inframan, lequel semble presque plus expressif sous son masque! A partir de là, aucun clichés ne sera épargnés, pas même l'enlèvement de la fille du savant par les monstres et les trucs grossiers du héros pour se sortir des nombreux pièges dans lequel il se précipite.

Hyper rythmé, Super Inframan enchaîne alors les combats nerveux et délirants, avec des câbles toujours très visibles lors des cascades et autres vols planés. La galerie de monstres demeure l'attraction principale du métrage. Une sorte de morpion capable de devenir aussi grand que Godzilla (pas de problème puisque Inframan devient instantanément et inexplicablement de la même taille et finit par écraser l'ennemi sous sa semelle, comme une merde si vous me passer l'expression!), une bestiole tentaculaire (Monstre Plante!), une autre équipé de sorte de pelleteuse (Perce Montagne!), etc. Bref, une galerie qui rivalise d'inventivité dans le ridicule affiché.

Totalement décomplexé, Super Inframan se termine par une série de combats nerveux dans le somptueux repère des méchants, menés par une Walkyrie pourvue d'un soutien gorge aux bonnets métalliques coniques et démesurés rappelant pas mal certaines héroïnes de bandes dessinées vues par exemple dans le comics Thor de la Marvel. Un final totalement dans l'esprit Shaw Brothers, puisqu'il multiplie les combats martiaux opposant Inframan à des robots à ressorts ou à une femme démon plus empesée que Casimir.

Si vous pouvez imaginer le final d'Opération Dragon transposé dans les décors de l'Île de la Bête de Chu Yuan et revisité par l'esprit (hum!) de X-Or et San Ku Kai, vous avez une petite idée de ce qu'est réellement Super Inframan.

Même si l'ensemble souffre de quelques longueurs, il faut reconnaître que Super Inframan possède un rythme alerte. Le scénariste ne dévie jamais beaucoup de son (rires!) intrigue principale et se contente d'envoyer toutes les dix minutes un monstre débile se bastonner avec le héros. On retrouve là une caractéristique très commune qui veut que les méchants soient incapables d'attendre: comme dans Goldorak ils préfèrent envoyer leurs bestioles / golgoth une part une plutôt qu'en bloc. Impatience ou sens de l'honneur, le résultat est le même: nos monstres de carton pâte ne fond pas le poids face à Inframan, preuve que le kung fu chinois peut triompher de tout, y compris des arts martiaux de démons extra-terrestres.

Aucune critique objective ne pouvant transcrire l'expérience vécue, le seul conseil a donner est de visionner, au moins une fois, ce monument de cinéma naïf et déjanté, dont le seul objectif est de divertir.

Et Super Inframan, malgré sa nullité avérée, y parvient sans problème au point que l'on ne voit presque jamais le temps passé. Débile, raté, hallucinant, le métrage en devient finalement attachant. Du nanar atomique!

Bonne rigolade!