| Critique: |
Si le premier STREETFIGHTER est devenu culte
de part le monde (et particulièrement aux Etats-Unis) c'est
manifestement davantage par le biais d'un contexte favorable
(déferlante du cinéma martial, classement X pour ultra-violence,
chroniques dythirambiques de cinéastes influents - en particuliers
Tarentino) que pour ses qualités intrinsèques.
Or, étonnamment, RETURN OF THE STREET FIGHTER
se révèle plus réussi que son modèle, même si il ne cherche
pas à le concurencer sur ces aspects les plus célèbres (et irritants),
à savoir le jeu outré de Chiba et le gore gratuit. La violence,
quoique fort présente, est néanmoins moins extrême que dans
le premier épisode et les chorégraphies semblent également plus
travaillées, de même que le scénario, à la fois plus efficace
et plus haletant. Une petite dose d'humour est également de
la partie, ainsi que l'une ou l'autre séquences de nus vaguement
érotique, indissociables sans doute du cinéma d'exploitation
des seventies.
Evidemment, tout n'est pas rose et les trop
nombreux flash-backs issus du premier film allongent inutilement
la durée d'un métrage sinon fort ramassé (une heure vingt minutes).
La réalisation, pour sa part, est au mieux purement illustrative
et le montage aurait largement gagné à se montrer plus nerveux.
Au niveau du jeu d'acteurs, ce n'est guère la joie non plus,
même si Chiba possède un certain…euh..style, que l'on a le droit
d'aimer ou de détester.Pour les allergiques aux poses pseudo-Bruce
Lee du karateka japonnais, disons que ce RETURN OF THE STREET
FIGHTER sera plus digeste que l'original. Dans cette séquelle,
Sonny Chiba adopte un jeu plus nuancé, plus posé, et oriente
son personnage vers un anti-héros beaucoup plus respectable
que le salopard avide d'argent du précédent volet.
Le scénariste a décidé d'humaniser un minimum
ce gros méchant de Tsurugi en lui adjoignant, entre autres,
une irritante partenaire. Puisqu'on parle du scénariste, disons
que ce-dernier ne s'est sans doute pas trop foulé à écrire une
intrigue prétexte, laquelle réussit à être à la fois simpliste
(dans sa trame) et embrouillée dans son déroulement, au point
que l'on n'y comprend plus grand-chose, d'autant que les invraissemblances
abondent.
Si on retire les séquences manifestement tournées
pour remplir de la pellicule et les flash-backs ont comprend
que RETURN OF THE STREET FIGHTER n'a rien à dire…mais qu'il
remplit son contrat de série B énervée et violente. Mais, au
final, ce deuxième volet s'avère donc distrayant et plutôt amusant
à suivre.
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