THE STORMRIDERS

Titre: The Stormriders
ou:  
Réalisateur: Andrew lau
Interprètes: Aaron Kwok

 

Ekin Cheng
Shu Qi
Sonny Chiba
Kristy Yang
 
 
Année: 1999
Genre: Wu Xia Pian Fantastique
Pays: Hong Kong
Editeur HK Video
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

60%

Résumé:

 

 

Critique:

Voici un nouveau genre de film: le "manga live" ou le film de jeu vidéo. Produit par le redoutable Wong Jing, "Stormriders" vise clairement le marché internationnal et dilue les spécificités du cinéma hong-kongais dans un grand fatras visuel.

On y retrouve donc une thématique clairement chinoise (celle du Wu Xia Pian), une esthétique japonaise qui revendique l'influence prépondérante du manga et une manière de filmer frénétique et explosive calquée sur les blockbusters décérébrés des Etats-Unis. Michael Bay n'a qu'à bien se tenir car, en matière de mise en scène épileptique, de rythme frénétique et de grand n'importe quoi, il a trouvé un rude concurrent, à savoir le redoutable Andrew Lau.

A la fin du film, le spectateur normalement constitué éprouve un sacré mal de tête, consécutif à une sorte de lobotomie accélérée qui l'aura vidé de toute pensée réfléchie au profit d'une sorte de trip ou de clip hallucinogène. "If it's too loud you're too old" disait le hard-rocker Ted Nugent dans les seventies. Un jugement qui s'applique parfaitement à cette production assourdissante.

Le scénario se limite à peu de chose: la quête de deux guerriers qui désirent acquérir de l'expérience et récolter divers objets utiles à leur victoire sur le méchant. On aura reconnu là le schéma narratif commun à la plupart des romans d'heroic-fantasy mais, bien sûr, on se trouve plus proche d'un jeu vidéo à la Final Fantasy ou d'une mauvaise novellisation d'une quelconque partie de Dongeons & Dragon que des oeuvres de Tolkien, Eddings ou Moorcock. Le film peut donc légitimement décevoir tant il peine à plier la narration cinématographique aux contraintes imposées par un déroulement scénaritique inspiré des role playing games sur console.

Les personnages, nombreux, exécutent diverses missions pour augmenter leur puissance et affrontent, régulièrement, un "boss" de plus en plus ardu. Psychologie, émotion vraie et sens de la mise en scène sont donc des mots dépourvus de sens pour Monsieur Andrew Lau, lequel se soucie surtout de filmer plus vite que ses confrères. A ce niveau cela devient quasi-insupportable au bout d'une demi-heure, reléguant les clips les plus hystériques de la MTV au niveau des films expressionnistes allemants des années 20.

Néanmoins, aussi vulgaire et putassier qu'il soit, le film possède une fougue et une énergie impressionnantes qui permettent un divertissement agréable. Mais on est très loin d'un chef d'oeuvre et l'ensemble, terriblement mode, risque de vieillir très vite et très mal. La surabondance d'effets spéciaux numériques moyennement réussis et les combats chorégraphiés en accélérés sont déjà limites aujourd'hui. Alors demain?