SPL

Titre: Shao Po Lang
ou: SPL
Réalisateur: Wilson Yip & Donnie Yen
Interprètes: Donnie Yen

 

Simon Yam
Sammo Hung
Jacky Wu Jing
Vincent Sze
 
Année: 2005
Genre: Action / Polar / kung fu
Pays: Hong Kong
Editeur Asian Star
Violence: * * * *
Erotisme: *
Suite:  

80%

Résumé:

Forcé de se retirer du service parce qu'il est au stade terminal d'une tumeur cérébrale, un flic décide de coincer le caïd de la pègre, y compris en utilisant la force et n'importe quels moyens, légaux ou pas.

Critique:

Au milieu des années 80, suite au succès du SYNDICAT DU CRIME et de la saga LE SENS DU DEVOIR, Hong Kong se lance à corps perdu dans le polar d'action, en livrant treize à la douzaine jusqu'à provoquer une complète saturation du marché et du public. SPL est définitivement un retour à cette conception du thriller d'action carré tirant vers la série B mais dans le sens noble du terme.

Son scénario ne cherche pas vraiment à révolutionner le genre: un flic (Simon Yam) prêt à tout pour coincer un caïd de la pègre (Sammo Hung) est plus ou moins forcé de faire équipe avec un co-équipier (Donnie Yen) pour mener à bien sa mission. Nous sommes en 1997 (dans l'histoire) et, au niveau muscles, les policiers s'en donnent à cœur joie: violences, intimidations, interrogatoires musclés, tout est bon pour extirper aux criminels une confession ou aux témoins une preuve capitale. Comme au bon vieux temps (cinématographiques) des flics à la Danny Lee.

Wilson Yip, de son côté, apporte quelques petites innovations au schéma (la maladie incurable dont souffre le flic, l'importance donnée aux liens familiaux en ce jour de fête des pères) mais ne se soucie pas de bouleverser fondamentalement les bases d'un genre codifié depuis les débuts du cinéma. Le personnage du méchant, fort bien interprété par un Sammo Hung totalement crédible, s'élève cependant un peu au-dessus des conventions: à la fois touchant lorsqu'il se trouve auprès de sa famille et d'une barbarie impitoyable dans le cadre de ses "activités".

Au niveau de l'action, on constate que la conception du film martial a bien évolué depuis la récupération du cinéma kung-fu par les blockbusters hollywoodiens, la mode des tournois de free fight et l'arrivée sur le marché des féroces thaïlandais. Donnie Yen, chorégraphe et directeur des scènes d'action, s'inspire logiquement de ces récents chamboulements et offre une série d'affrontements à la fois beaux, réalistes et brutaux. Aux traditionnels coups de pieds et de poings, il ajoute des clés, des projections, des étranglements et quelques frappes vicieuses qui confèrent à ces duels une véritable énergie, les décors volant littéralement en éclats sous la force des impacts. Sammo Hung, Donnie Yen et le benjamin Jackie Wu ne ménagent donc pas leurs efforts lorsqu'il s'agit de se battre avec énergie. Evidemment, vu la violence des coups, le public ne doit pas s'attendre à de longues démonstrations: l'efficacité est privilégiée, d'où des combats conclus en une ou deux minutes, laissant les adversaires bons pour l'hôpital ou le cimetière.

Avec sa mise en scène moderne et efficace (qui n'oublie pas l'une ou l'autre esbroufes tape à l'œil), son action nerveuse et son intrigue simple et ramassée, SPL ne laisse guère le temps de souffler, d'autant que sa durée réduite (à peine plus de 80 minutes) lui confère un rythme prenant à souhait. En bref, SPL est bien le grand retour du polar musclé et rageur comme Hong Kong semblait en avoir perdu la recette depuis une bonne douzaine d'années.

Dans les limites de ses ambitions, il constitue donc une véritable réussite, au même titre que DRAGON SQUAD, similaire dans sa volonté de remettre au goût du jour les recettes d'antan.