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Typique des productions Ng See Yuen de la fin
des années 70, SNUFF BOTTLE CONNECTION est un petit classique
du kung fu contenant toutes les qualités habituellement attribuées
au légendaire producteur.
L'intrigue, tout d'abord, est simple mais un
peu plus évoluée que de coutume et, grâce à quelques petits
retournements de situation, permet au spectateur de maintenir
son intérêt. Elle tourne autour des efforts de deux agents secrets
chinois pour faire échouer les tentatives d'une bande de Russes
désirant s'emparer de la Mandchourie. L'essentiel du scénario
se centre donc sur la découverte, par les héros, de l'identité
du traître agissant de concert avec les Russes et d'une petite
statuette permettant de reconnaître les bons des méchants.
Même si la réalisation est signée de l'inconnu
Lili Liu, la réussite du film peut sans nul doute essentiellement
être attribuée à Yuen Woo Ping et Yuen Biao qui assurent les
chorégraphies et les séquences d'action. Bien sûr, kung fu old-school
oblige, ces passages martiaux occupent une bonne moitié du temps
de projection. Si certains de ces combats ne sont pas particulièrement
mémorables, la plupart d'entre eux sont néanmoins de très haut
niveau.
John Liu est ici la star incontestée du kick
et chacune de ses prestations martiales est parfaitement réglée
et peut sans problème rassasier l'amateur le plus exigeant.
Le big boss final est une fois de plus incarné par Hwang Jang
Lee qui, comme souvent, se contente de montrer brièvement ses
capacités à l'une ou l'autre occasions avant de se dresser face
à nos deux héros lors du final. Comme d'habitue, l'ultime affrontement
consiste en une dizaine de minutes furieuses laissant la part
belle aux mouvements acrobatiques et aux coups de pieds énergiques.
Figure bien connue du genre (pourtant apparu
dans seulement une demi-douzaine de titres), Roy Horan, élève
de Hwang Jang Lee et expert en Taekwondo, incarne pour sa part
le chef des Russes, le colonel Tolstoy. Un méchant dans la tradition
du genre et sans finesse, plus inspiré par la bande dessinée
et les romans de gare que par une quelconque vérité historique.
Philip Ko Fei, Corey Yuen, Yuen Biao, Sonny Yuen, et quelques
autres sont également de la partie, permettant un casting de
spécialistes en arts martiaux capables de prouesses. Les armes
légendaires du kung fu sont évidemment de sortie lors des duels,
que ce soit les petits poignards, les bâtons, les lances, les
épées, etc. Bref, une belle galerie d'ustensiles mortels utilisés
à bon escient.
Sans retrouver la magnificence des productions
plus nanties comme celles de la Shaw Brothers par exemple, SNUFF
BOTTLE CONNECTION utilise à bon escient les décors, essentiellement
naturels. Les combats se déroulent dans les villages, les temples
ou les champs et n'ont pas ce côté "deux figurants dans une
prairie" de nombreux kung fu indépendants. Figuration nombreuse
(pour ce type de métrage s'entend), costumes soignés,…le film
ne trahit pas son budget sans doute restreint et parvient à
ne jamais paraître misérable ou bâclé.
Avec sa mise en scène efficace, son casting
de choix, ses "production values" correctes, son intrigue simple
mais agréable et, surtout, ses nombreuses séquences martiales
réussies, SNUFF BOTTLE CONNECTION est un petit classique du
genre qui se montre à la hauteur de sa réputation.
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