SIX ASSASSINS

Titre: Six Assassins
ou: Leu ci ke
Réalisateur: Chung Chang Hwa
Interprètes: Fang Mien

 

Lilly Li
Ling Wan
Lui Chia Liang
Bruce Tong
 
 
Année: 1971
Genre: Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

55%

Résumé:

Li Ming, le terrible frère de l'empereur, n'hésite pas à massacrer des paysans innocents afin de s'approprier davantage de territoires et de puissance. Il assassine également un noble seigneur qui a osé s'opposer à lui. Devant la corruption des ministres impériaux, la famille du seigneur assassiné n'a d'autre choix que de fuir et de préparer sa vengeance contre Li Ming. Le chevalier Mu reçoit l'ordre d'éliminer les assassins mais préfère les garder en vie et conçoit un plan pour supprimer le despote, d'autant que celui-ci tue la femme de Mu…

Critique:

Film assez méconnu, SIX ASSASSINS fut pourtant écrit et réalisé par Chung Chang Hwa, un cinéaste coréen qui réalisa une poignée d'œuvres réputées comme BROKEN OATH et, surtout, le très célèbre LA MAIN DE FER. L'intrigue est en apparence classique et met en scène un groupe de six assassins (non!) décidé à venger leur maître assassiné par un cruel personnage. Ce genre de scénario fait immédiatement penser à un chambarra et les spécialistes vous diront d'ailleurs que le film de Chung Chang Hwa décalque 47 RONINS.

Li Ming, le terrible frère de l'empereur, n'hésite pas à massacrer des paysans innocents afin de s'approprier davantage de territoires et de puissance. Il assassine également un noble seigneur qui a osé s'opposer à lui. Devant la corruption des ministres impériaux, la famille du seigneur assassiné n'a d'autre choix que de fuir et de préparer sa vengeance contre Li Ming. Le chevalier Mu reçoit l'ordre d'éliminer les assassins mais préfère les garder en vie et conçoit un plan pour supprimer le despote, d'autant que celui-ci tue la femme de Mu…

Un des principaux atout de SIX ASSASSINS réside probablement dans la qualité de sa mise en scène: Chung Chang Hwa sait donner du rythme à son récit et dynamise les scènes de combats, montrant son véritable souci de divertir le spectateur. Pour un film du début des seventies, SIX ASSASSINS se montre alerte et bien mené. Le souci du détail et l'ambition d'offrir un beau spectacle est d'ailleurs patent dans le soin que prend Chung Chang Hwa a composé des plans souvent splendides, que ce soit des paysages enchanteurs ou des décors luxueux.Les costumes sont également chatoyants et les chevaliers présentés avec une belle maîtrise pour leur offrir un statut iconique particulièrement perceptible lors du "défilé" des toutes dernières images.

SIX ASSASSINS semble également à cheval sur plusieurs époques, une caractéristique de nombreux Wu Xia tournés au tout début des années 70. Empreint d'un certain classicisme, pétri de notions d'honneur, le loyauté et de patriotisme, le métrage se dirige également vers les terres du kung fu excessif (usage des câbles, armes diverses et violence surréalistes donnant lieu à de grandes giclées écarlates) mais incorpore encore des intermèdes au romantisme un peu naïf, ponctués de trois passages chantés nostalgiques et mélancoliques.

Malheureusement, ces qualités ne compensent pas complètement les faiblesses du métrage. Le scénario, en premier lieu, paraît complexe et même embrouillé, présentant une multitude de personnages sans véritablement s'attarder sur leur caractérisation. La durée réduite de SIX ASSASSINS (à peine une heure et vingt minutes) constituant à la fois un avantage (le spectateur a peu le temps de souffler ou de vraiment s'ennuyer) et un défaut (l'ensemble eut mérité davantage de développement et l'impression générale est que le tout est vite expédié.). Si on se focalise uniquement sur l'intrigue principale, SIX ASSASSINS se suit cependant facilement et se limite à la lutte menée par une poignée de "justes" décidés à supprimer un tyran.

En résumé, SIX ASSASSINS est un métrage typique de son époque et plutôt bien maîtrisé dans sa forme. Tout l'aspect cinématographique est réussi et efficace mais le fond ne suit pas vraiment et le spectateur d'aujourd'hui (ou simplement habituer aux productions ultérieures de la Shaw) risque de trouver le tout un peu faible et pas toujours passionnant.

Cela reste un moment agréable, qui se termine logiquement par un bel affrontement sanglant à souhait, mais sa vision doit être conseillée en priorité aux inconditionnels du Wu Xia du début des seventies.