SHOWDOWN AT THE COTTON MILL

Titre: Showdown at the cotton mill
ou: Hu Hui Chien xue zhan xi dan si
Réalisateur: Wu Ma
Interprètes: Dorian Tan Tao Liang

 

Chi Kuan Chung
Hoh Gong
Shan Mao
 
 
 
Année: 1978
Genre: kung fu
Pays: Taiwan / Hong Kong
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

55 %

Résumé:

Critique:

Production taiwanaise parmi des dizaines d'autres, SHOWDOWN AT THE COTTON MILL bénéficie pourtant d'une assez bonne réputation, en particuliers sur les sites spécialisés américains. Malheureusement, comme beaucoup de soi-disant classiques, le métrage de Wu Ma s'avère à l'arrivée une grosse déception à peine sauvée par quelques combats de haut niveau.

Réalisé par Wu Ma à la fin des années 70, le métrage a été officieusement produit par Chang Cheh parti travailler à Taiwan et constitue une séquelle de son propre SHAOLIN AVENGER. L'idée de départ ne manquait d'ailleurs pas d'intérêt puisque SHOWDOWN AT THE COTTON MILL débute au moment précis où la quasi-totalité des métrages de kung fu se termine: après la vengeance du héros. En effet, Hu (Chi Kuan Chun), un élève du Temple de Shaolin, a pris sa revanche sur les assassins de son frère, membre du Wu Tang. Mais les forces de l'ordre de cette ville corrompue décident de l'arrêter et le Wu Tang Clan dépèche son meilleur élément pour capturer l'homme de Shaolin qui décide sagement de se cacher. La femme et le fils de Hu sont alors enlevés par les hommes du Wu Tang, décidés à faire sortir Hu de sa cachette.

L'intrigue mélange donc les éléments coutumiers du kung fu à petit budget, à savoir le thème de la revanche, l'opposition entre le Wu Tang et Shaolin, les manigances politiques et les machinations d'un méchant tirant les ficelles dans l'ombre. Au fil du métrage nous croisons brièvement quelques noms familiers comme le moine San Te ou le légendaire Pai Mai.

Rien de vraiment novateur mais une certaine ambition, celle de s'élèver au dessus des clichés routiniers de l'humiliation - entraînement - vengeance. Mais le gros problème de SHOWDOWN AT THE COTTON MILL réside hélàs dans son incapacité à passionner le spectateur. Durant les deux premiers tiers, Wu Ma tente de développer une certaine tension dramatique et essaie même de créer des personnages consistants en s'intéressant à la vie familiale de son héros, vu dans des scènes intimistes avec sa femme et son fils. Des tentatives certes louables mais indéniablement déplacées dans le cadre d'un "simple" kung fu d'exploitation.

Wu Ma néglige donc l'intérêt essentiel de ce genre de film: les combats martiaux. Impardonnable lorsque l'on voit les capacités physiques des acteurs principaux, en particulier Chi Luan Chun et Dorian Tan. Après avoir début sa carrière au sein d'une filière de la Shaw Brothers, Chi Kuan Chun est resté à Taiwan auprès de Chang Cheh, pensant sans doute pouvoir rapidement y amasser une petite fortune et refusant même la proposition de la Golden Harvest. Sa carrière s'est poursuivie jusqu'au milieu des années 80 (sans oublier son come-back à l'occasion du nostalgique DRUNKEN MONKEY en 2002) mais il ne retrouva plus vraiment sa gloire passée et dut se contenter de productions souvent fauchées.

Dorian Tan Tao Liang, alias "Flash Legs" Delon Tan, a eu un début de carrière moins glorieux mais a réussi à s'imposer comme un des plus grands combattants de l'écran. Ses talents martiaux, sa maîtrise du Tae Kwon Do et les légendaires coups de pieds qui lui valurent son surnon ont illuminés de petites productions comme THE HOT THE COOL AND THE VICIOUS, HAND OF DEATH, INVINCIBLE KUNG FU LEGS, SHAOLIN ET LES 8 SERPENTS, CHALLENGE OF DEATH et bien d'autres. Quels dommages que ces deux acteurs soient ici sous employés! En effet, les quelques maigres affrontements ne parviennent pas à tirer de sa léthargie un spectateur rapidement fatigué par le manque de rythme d'une intrigue qui ne décolle jamais.

Au bout de cinquante minutes pénibles et sans grand intérêt déboule finalement le premier combat vraiment intéressant, signe d'un début de reprise en main de Wu Ma qui semble enfin se dépêtrer de son scénario inintéressant pour se concentrer sur l'action.

Les vingt dernières minutes du métrage réveillent finalement le public en confrontant la puissance des poings (Chi Kuan Chun) à la maîtrise des coups de pieds (Doran Tan Tao Liang, le "Delon" asiatique) lors d'un final anthologique. La qualité de cette petite dizaine de minutes a sans doute suffit à contenter de nombreux fans de cinéma kung fu au point qu'ils en ont oublié la pénible heure précédente. Mais, objectivement, ce n'est pas cette réussite chorégraphique et martiale qui pourra sauver SHOWDOWN AT THE COTTON MILL de l'enfer de la seconde division du kung fu indépendant.