SHE SHOOTS STRAIGHT

Titre: She Shoots Straight
ou: Huang jia nu jiang
Réalisateur: Corey Yuen Kwai
Interprètes: Joyce Godenzi

 

Carina Lau
Tony Leung Ka Fai
Sammo Hung
Bill Tung
Yuen Wah
 
Année: 1990
Genre: Action / Girl With Guns
Pays: Hong Kong
Editeur HK Legend
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

70%

Résumé:

 

Critique:

SHE SHOOTS STRAIGHT est un pur polar d'action de la vague dite "Girl With Guns", une mode qui pullula à Hong Kong dans la seconde moitié des années 80 et dont les titres phares sont les longues saga du SENS DU DEVOIR, de l'INSPECTOR WEARS SKIRT et les deux RIGHTING WRONGS (UNE FLIC DE CHOC en VF).

Pur polar d'action avons-nous dit? Peut-être était-ce parler un peu vite car le titre qui nous occupe tente une approche un peu plus ambitieuse. A l'intrigue policière prétexte (et très basique) truffée de scènes de combats et de cascades, SHE SHOOTS STRAIGHT réplique par un rythme un peu plus posé et une tension dramatique davantage palpable. Avantage ou inconvénient, dans ce genre de métrage censément continuellement explosif, la question reste posée.

Corey Yuen et Sammo Hung s'appuient ici sur les performances d'actrices de Joyce Godenzi (alors madame Hung) et Carina Lau. Après un début assez classique (comprenez musclé), SHE SHOOTS STRAIGHT se permet de jouer la carte de l'émotion.

Les séquences dramatiques sont alors majoritaires durant une bonne demi-heure, la plus mémorable - et larmoyante - se déroulant dans un restaurant au cours d'un repas d'anniversaire perturbé par la mort du fils. Le coté destroy revient finalement à la charge après ce qui semblera, selon les sensibilités, un intermède profitable à l'intrigue ou un simple ventre mou un peu vide.

Niveau action, celle-ci se concentre donc essentiellement sur les quinze premières et les vingt dernières minutes et s'avère particulièrement énergique, avec pas mal de combats martiaux dans un style proche du kickboxing. Les chorégraphies sont vraiment bien pensées et impressionnent toujours autant plus de quinze ans plus tard. Les Yuen sont là au sommet de leur efficacité et il faut dire que Joyce Godenzi ne ménage pas ses efforts dans les coups de pieds et de poings.

La mise en scène des passages musclés est pleine de punch, elle aussi, mais on ne peut en dire autant des séquences intimistes, Corey Yuen n'hésitant jamais à en faire trop pour livrer quelques plans au contenu lacrymal trop prononcé pour arriver à émouvoir (en particulier l'explosion du cercueil).

Comme souvent dans les polars de l'époque, la vraisemblance et le réalisme ne sont pas les priorités du cinéaste et on peut ainsi voir une jeune femme à l'agonie retrouver toute son énergie en un clin d'œil.

Même si le mélange drame / action n'est pas toujours bien géré, entraînant des sautes de rythme un peu regrettables, sans oublier quelques facilités et invraisemblances, la volonté évidente de livrer autre chose qu'un classique pop-corn movie est appréciable.

SHE SHOOTS STRAIGHT est donc un bon polar dans lequel on ne s'ennuie pas mais il n'est sans doute pas totalement à la hauteur de sa réputation de classique du genre.