LES ARTS MARTIAUX DE SHAOLIN

Titre: Shaolin Temple 3
ou: Shaolin Martial Arts
ou: Nan Bei Shao Lin
ou: North & South Shaolin
Réalisateur: Lian Chia-Liang
Interprètes: Jet Li

 

Yue Chenwei
 Huan Qiuyan
Hu Chien Chiang
 
 
 
Année: 1986
Genre: Kung Fu
Pays: Chine Pop.
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: *

80%

Résumé:

Zhi Ming, étudiant au monastère de Shaolin du Nord, rêve de venger ses parents assassinés par le cruel mandarin Hi Sou. Il se rend donc à Pékin où une grande fête est donnée pour l'anniversaire du mandarin. Une jeune fille, aidée d'un combattant du Monastère du Sud, décide elle aussi de supprimer le tyran. Les rebelles, démasqués, doivent fuir. Ils vont avoir besoin des moines des monastères nordiste et sudiste pour neutraliser le redoutable Hi Sou.

 

Critique:

Voilà un divertissement très classique, dans le style de Kung Fu Pian à l'ancienne, filmé et chorégraphié avec un certain talent par Liu Chia-Liang dont il s'agit du dernier grand film. Une banale histoire de vengeance sert de trâme scénaristique mais de nombreux petits détails élèvent le film au-dessus du tout venant. Même les intellectuels ne s'y sont pas trompés puisque le film connut jadis les honneurs d'une diffusion sur Arté.


Tourné dans de magnifiques décors naturels, ce dernier volet de la trilogie (peu de liens entre les épisodes, si ce n'est Jet Li) offre au spectateur de nombreux combats souvent assez enthousiasmants et énergiques. Certes, on peut reprocher au film un côté un peu vieillot à tous points de vue (chorégraphies classiques, musique d'époque, etc.) mais cela lui confère finalement un certain charme rétro pour les spectateurs qui ne cherchent pas la nouveauté à tout prix. Disons qu'ici, on se trouve davantage face à un film traditionnel, soucieux de ne pas bouleverser les codes narratifs et les développements des personnages, que devant une oeuvre audacieuse de la nouvelle vague comme les films de Tsui Hark ou les fameux "The Sword" ou "Duel To The Death".


Mais le film peut cependant être considéré comme un des aboutissement de ce type de cinéma: Liu Chia-liang filme avec un rare talent les scènes d'extérieur, redécouvrant à chaque plan la beauté de ses paysages et la fluidité de ces mouvements de caméra. Nous restons dans une mise en scène relativement académique, dans le bon sens du terme bien sûr, où le cinéaste ne sacrifie jamais l'intrigue aux effets d'esbrouffe déplacés. C'est en quelque sorte un film somme pour Liu Chia-liang qui retrouve ici l'inspiration de ses chef d'oeuvres précédents comme la trilogie de la 36eme Chambre, "Challenge of the Master" ou "Shaolin Vs Ninja". Après cet ultime réussite, le cinéaste ne parviendra plus jamais à un tel niveau d'excellence.


L'humour est assez efficace et fonctionne sur un comique de situation pas toujours très fin mais bon enfant et facilement abordable pour les occidentaux (contrairement à une bonne part de l'humour cantonais auquel beaucoup restent insensibles, pour ne pas dire imperméables). On note ainsi le travestissement de Jet Li en bergère qui combat ses adversaires sur la Grande Muraille. Amusant et efficacement burlesque.


L'histoire d'amour, elle, est un peu trop convenue et même gentillette pour vraiment convaincre mais il importe parfois de plonger dans une certaine naïveté qui relève presque du conte plutôt que de se complaire dans la noirceur. Les considérations philosophiques et bouddhistes du héros (moine) ne sont pas de haut niveau mais le message est tout de même énoncé avec une certaine élégance et confère une certaine profondeur - teintée d'humour - au personnage de Jet Li, lequel se questionne sur le fait de tuer, par exemple, une chenille pour nourrir un oisillon. La vie de l'un est-elle plus importante que celle de l'autre? La séquence est amusante et plutôt jolie.


Divertissement familial haut de gamme dominé par les performances très physiques et charismatique d'un Jet Li convainquant à tous les niveaux, "Les Arts Martiaux de Shaolin" demeure un bon exemple du genre qui devrait largement satisfaire les amateurs.