LES GUERRIERS DU TEMPLE MAUDIT

Titre: Shaolin Temple Against Lama
ou: Gong yi la ma
Réalisateur: William Chang
Interprètes: Alexander "Lou" Lo Rei

 

Alain Chui
Wong Hap
William Yen
Alain Lee
 
 
Année: 1982
Genre: Kung fu old-school
Pays: Taiwan
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

75%

Résumé:

Un prince, ayant reçu l'entraînement des Lamas tibétains, parcourt les routes, refusant d'être considéré comme le roi tant qu'il n'aura pas prouvé sa valeur aux arts martiaux. Il finit par défier les moines de Shaolin mais il ignore qu'il est manipulé par la Faction Noire, décidée à détruire la Chine.

Critique:

Alexander Lou, acteur très puissant au physique impressionnant, connu une belle petite carrière au début des années 80. Après avoir débuté dans SECRET RIVALS 3 et l'excellent CINQ MERCENAIRES, il tourna pour Robert Tai et s'imposa comme un combattant accompli que l'on revit ensuite dans les classiques NINJA FINAL DUEL, SHAOLIN Vs LAMA, LES GARDES DE SHAOLIN, etc. Il est ici la star et l'attraction principale de cette petite production parfaitement réjouissante même si évidemment fortement connotée "bis".

L'intrigue n'est guère complexe, avec ce méchant caricatural (Alan Chui) qui cherche à monter les factions rivales Lama et Shaolin l'une contre l'autre afin de s'emparer du pays. Rien de folichon ni de novateur, l'intérêt étant manifestement ailleurs. Et cet "ailleurs" ce sont, bien évidemment, les séquences d'action, lesquelles se succèdent avec une frénésie typique du old-school made in Taiwan de l'époque. Le point positif des affrontements réside certainement dans leur énergie et le nombre d'adversaires impliqués, tous dotés de capacités martiales supérieures à la moyenne. Le point négatif, par contre, est l'usage continuel de l'accélérer, cette technique qui permet de décupler la vitesse des duels. Ici, cette accélération est souvent outrancière, au point de rendre les combats un rien risibles même si ils restent fort efficaces et bien chorégraphiés, du moins si on accepte leur "impossibilité".

Autre point à signaler, qui se révèle un défaut ou une qualité selon l'humeur, SHAOLIN TEMPLE AGAINST LAMA offre du non-stop, du pur et dur, à savoir qu'il s'écoule rarement plus de trois minutes entre les combats. A ce point cela devient parfois épuisant, tant il parait difficile de souffler ou de rester motiver devant un tel déferlement martial. Même les fans les plus acharnés risquent de se sentir un peu saoulé sur la longueur, d'autant que pas mal de séquences paraissent un peu répétitives. Reste quelques séquences plus délirantes, comme les tueurs surgissant du sable, dans une technique similaire à celle ensuite souvent vues dans les "ninja-teries" de Robert Tai, ici chorégraphe et grand maître d'œuvre d'un métrage qui porte indéniablement sa patte, ne serait-ce que par son ambiance bis et la présence de toute sa troupe coutumière d'acteurs en roue libre.

Evidemment, le grand méchant possède une technique à la BORN INVINCIBLE, ne disposant que d'un unique point faible lorsqu'il rend sa peau indestructible. Alexander Lou finira bien sûr par trouver la faille et enverra cet adversaire hors du commun au tapis.

Avec sa pauvreté de production (le budget semble plutôt misérable), SHAOLIN TEMPLE AGAINST LAMA n'est donc pas un chef d'œuvre, loin de là, mais il peut prétendre au titre de petit classique du old-school. Les costumes colorés (disco forever!), les décors naturels superbes (en opposition aux intérieurs de studio qui semblent avoir été confectionnés à partir des éléments les plus kitsch trouvés dans un magasin asiatique) et la multitude de combats, parfois assez violents (et même un peu gore sur les bords) en font un quasi incontournable du genre, à même de contenter les fans.

Recommandé, donc!