SHAOLIN TEMPLE

Titre: Siu Lam ji / Shao Lin Si
ou: Death Chamber
Réalisateur: Chang Cheh
Interprètes: Alexander Fu Sheng

 

David Chiang
Ti Lung
Chi Kuan Chun
Lu Feng
Philip Kwok
 
Année: 1974 / 1976
Genre: Kung Fu
Pays: Hong Kong
Editeur CTV "collection Shaw Brothers"
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite: Les Exécuteurs de Shaolin

60 %

Résumé:

Quelques laïcs sont admis à Shaolin alors que la situation se détériore et que les Mandchous s'apprêtent à détruire le vénérable temple.

Critique:

Shaolin Temple peut sembler l'archétype du métrage martial pour ceux qui ne l'ont pas vu. La destruction du célèbre monastère, sous la caméra du maître Chang Cheh, se devait d'offrir un spectacle grandiose et prenant. Avec une poignées d'acteurs charismatiques comme David Chiang, Ti Lung, Fu Sheng et les autres, le spectateur s'attend à des pirouettes, des combats et, surtout, une intrigue prenante à la mesure de la tragédie historique racontée.

Hélàs, il faudra déchanter à la vision du produit fini.

Le Temple ouvre ses portes à une poignée de nouveaux venus et le film va s'attacher à conter leur quotidien, sans véritablement parvenir à nous y intéresser. La caméra passe de l'un à l'autre, sans jamais développer les caractères proposés. Au lieu de se focaliser sur un ou deux personnages, Chang Cheh va nous en offrir une dizaine mais ne réussit qu'à multiplier les points de vue.

La simplicité et la linéarité de l'intrigue n'aidera guère à maintenir l'attention du public malgrè quelques séquences visuellement très belles. Toute la première moitié du film se focalise sur l'entrainement des disciples, lesquels remuent le riz, sautent avec des poids autour des chevilles, etc. Pas vraiment d'une grande originalité.

On ne verra pas grande figuration durant cette (longue) heure: les moines donnent quelques conseils ("saute!" et le type de sauter en l'air durant des mois) et c'est tout.

Ensuite on verra d'autres poncifs coutumiers, comme l'allée gardée par les mannequins de bois, et la fuite dans les couloirs, sans oublier un inévitable traitre vendu à l'envahisseur mandchou. Rien de palpitant.

Vient finalement la dernière partie du métrage, laquelle consiste en un gros massacre très classique d'environ trente minutes. Beaucoup de figurants, des combats désespérés, des sacrifices pour l'honneur et la patrie, des jets de sang écarlates dans tous les coins de l'écran, etc.

Sympathique mais déjà vu et comme on ne s'est pas vraiment attaché aux personnages présentés, il est difficile de se sentir impliquer par ce carnage sinon assez sanguinaire (mais moins toutefois que dans la moyenne des Chang Cheh).

Apparemment, chacun était conscient du résultat assez mitigé puisque le film, quoique appartenant à la vague "Shaolin" de Chang Cheh, resta deux ans sur les étagères avant de sortir en salles. Pas bon signe!

Chirstophe Champclaux, dans le court mais intéressant bonus, résume bien le problème de ce film "mineur et raté, mais qui vaut malgrè tout un peu mieux que sa réputation".

L'ensemble se traine un peu (deux heures c'est beaucoup pour une histoire aussi mince), se montre assez répétitif et souvent peu passionannt mais il se laisse voir néanmoins avec un certain plaisir.

C'est assez peu mais c'est déjà ça!