LA MANTE RELIGIEUSE

Titre: Shaolin Mantis
ou: Deadly Mantis
Réalisateur: Liu Chia Liang
Interprètes: David Chiang

 

Lau Kar-wing
Cecilia Wong
Cheng Miu
Norman Chu
Lily Li
Gordon Liu
Année: 1978
Genre: Kung fu
Pays: Hong Kong
Editeur Wild Side
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

75 %

Résumé:

Un jeune lettré, Wei Fung est envoyé par l'Empereur des Qing auprès de la maison Tian, supposée être des rebelles. Il devient un précepteur pour Gi Gi, la fille de la famille, qu'il finit par épouser. Mais le père découvre qu'il est un espion et le force à quitter la maison. Sa femme périt dans l'aventure et Wei Fung développe le style de la mante religieuse pour se venger.

Critique:

Le Sifu Liu Chia Liang reprend l'intrigue du classique Temple of the Red Lotus comme base d'une intrigue assez simple racontant, de manière fort romancée, la naissance du style de la mante religieuse. Ce scénario est d'ailleurs le point faible (et c'est peu dire) tant le récit accumule incohérences et illogismes. Le héros semble ainsi totalement oublier sa mission une fois arrivé dans la demeure des supposés rebelles, la découverte de sa nature d'espion est mal amenée et les combats qui s'ensuivent paraissent "policés" avant la mort de la jeune épousée totalement gratuite.

Le seul but de toute la dernière partie du métrage (près de quarante minutes) est alors d'additionner les combats. Ils seront au nombre de 9 et diverses armes seront utilisées, jusqu'au combat final etre Lau Kar-wing, utilisant le Shadow Fist, et David Chiang, ayant inventé le Mantis Fist après avoir observé un insecte dans son environnement naturel. Les duels sont donc variés et précis, David Chiang utilisant tour à tour une lance, une sorte de nunchaku à trois batons et enfin des petits poignards. Lau Kar-wing, pour sa part, privilégie une longue pipe en bois et ses mains, offrant une puissante démonstration essentiellement axée sur les coups de poings. Quelques kicks volent néanmoins pour déstabiliser l'adversaire mais nous sommes surtout en présence de combats réalistes visant à l'efficacité pure et laissant peu de place aux accrobaties.

Au niveau des acteurs, l'alchimie passe bien entre le très classe David Chiang et l'enthousiaste et espiègle Cecilia Wong, laquelle offre quelques belles démonstrations martiales. L'humour et la légèreté sont donc de mise durant la première moitié, la seconde étant bien plus sérieuse, jusqu'au final assez râté il faut bien l'avouer. Le scénariste (dans les bonus) le juge ridicule et se plaint d'avoir dû plier aux exigences de Mona Fong qui souhaitait une fin très héroïque et patriotique, doublée d'un mini twist assez médiocre et peu en accord avec ce qui précède.

Gordon Liu, Lily Li et Norman Chu n'ont que des rôles fort secondaires même si le générique tente de nous faire croire qu'ils sont les vedettes de ce métrage. Le gros point noir de cette Mante Religieuse est définitivement le scénario trop simpliste.

Les motivations des personnages sont pour leur part assez confuses et on ne peut pas vraiment déterminer les véritables sentiments de David Chiang. Il semble agir par fourberie puis apparait réellement attaché à son épouse et à sa belle famille mais est ce vraiment le cas? Le petit retournement de situation final tente de le blanchir (après tout il est plutôt le méchant traitre que le héros incorruptible) mais sans grand succès.

Le résultat est donc une belle réussite, certes un peu en deça des meilleurs Liu Chia-liang (Mad Monkey Kung Fu, Challenge of the Master , la trilogie Shaolin, etc.) mais la longue suite d'affrontements de haut niveau en fait un spectacle définitivement recommandable pour les fans de kung fu. Ces derniers seront surement enchanté de pouvoir visionner un aussi grand nombre de combats aux chorégraphies et enchaînements impeccables.

Pour le DVD Wild Side pas grand chose à dire: image en beau (shaw) scope et sous titres soignés. Niveau bonus c'est beaucoup plus mince: outre les broutilles habituelles (bande annonce et photos) on se contente de l'interview de John Cheung (environ vingt minutes mais l'intérêt est limité) et du scénariste, laquelle est beaucoup plus intéressante même si elle ne dure que trois / quatre minutes.