THE SHADOW BOXER

Titre: Tai Ji Quan
ou:  
Réalisateur: Pao Hsueh Lieh
Interprètes: Chen Wo-fu

 

Shih Szu
Wai Wang
Chan Shen
 
 
 
Année: 1974
Genre: Kung Fu
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

80%

Résumé:

Ku Ding, élève de maître Yeung depuis 10 ans, se révolte contre les exploitants d'une mine après que ceux-ci aient tué un de ses amis. Après l'assassinat de maître Yeung, Ku Ding apprend le suicide de sa petite amie, violée par les méchants. Laissant ses principes non-violents de coté, notre "tai chi master" décide de se venger…

Critique:

Œuvre méconnue, THE SHADOW BOXER constitue pourtant une fort belle réussite de la Shaw Brothers dans le domaine du kung fu old-school. L'intrigue, dans la droite ligne d'un BIG BOSS par exemple, n'est pas vraiment novatrice mais l'utilisation du Tai Chi lui donne une certaine originalité. Rarement employé à l'écran, cet art martial réputé "pacifique", permet des mouvements intéressants qui tranchent avec ceux habituellement usés dans le "cinema of vengeance".

Pour conférer une véritable authenticité au métrage, la Shaw Brothers emploie le débutant Chen Wo-fu. Cet acteur, alors âgé de 24 ans, n'a tourné qu'une poignée de films et SHADOW BOXER est son seul rôle en tête d'affiche. Chen Wo-fu se suicida en effet peu avant la sortie de BLOODY ESCAPE. Une grosse perte pour le cinéma martial comme en témoigne ses impressionnantes capacités dans ce métrage fort bien emballé par Hsueh Li Pao, qui collabora précédemment à de nombreux films de Chang Cheh.

THE SHADOW BOXER démontre la richesse du Tai Chi même si le scénario suit la voie habituelle de l'entraînement et de la vengeance. Le héros réussit néanmoins à conserver les principes particuliers du Tai Chi en retournant la violence de ses ennemis contre eux-mêmes. Evidemment, au fur et à mesure que le métrage progresse, notre combattant commence à s'énerver un brin. Il faut dire que son maître est vicieusement poignardé dans le dos, que ses copains "grévistes" sont molestés par les méchants, que sa copine est violée (avant de se suicider!) et qu'un des ses meilleurs amis est tué.

A la manière de Bruce Lee, notre homme refuse de se laisser aller, dans la grande tradition du "je ne suis pas venu ici pour me battre" mais chacun à ses limites et, devant tant d'ignominies impunies, le héros finira par riposter. Tout en comprenant que la violence ne lui apportera pas la paix. Le final, à ce sujet, est sans équivoque et s'oppose complètement à la quasi-totalité des kung-fu où le principal protagoniste triomphe finalement et repart satisfait d'avoir accompli sa vengeance.

Pour un métrage de cette époque, les chorégraphies sont véritablement d'excellent niveau: très brutales, pour ne pas dire sanglantes, elles permettent d'observer les coups mis en valeur par l'utilisation - un peu datée mais efficace - du ralentis. Les mouvements sont fluides, les duels réalistes, et le métrage va droit à l'essentiel en ne durant que 80 minutes.

THE SHADOW BOXER s'avère en définitive hautement recommandé, tant pour les fans de la Shaw Brothers que pour ceux qui préfèrent le old-school nerveux et bien menés. Repris depuis par Mad Movies dans sa liste des 20 meilleurs kung-fu de tous les temps, THE SHADOW BOXER mérite largement de sortir de l'ombre…

Chaudement recommandé!