SEVEN SWORDS

Titre: Seven Swords
ou:  
Réalisateur: Tsui Hark
Interprètes: Lui Chia Liang

 

Donnie Yen
Charlie Young
Leon Lai
Kim So Yeon
Michael Wong
Jason Pai Piao
Année: 2005
Genre: Wu Xia Pian / Aventures historiques / Fantasy
Pays: Hong Kong
Editeur Asian Star
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

45%

Résumé:

 

Critique:

Attendu, fantasmé, annoncé partout comme un chef d'œuvre, SEVEN SWORDS n'en fut pas moins une déception, tant commerciale que critique. Pourtant, a priori, Tsui Hark ne pouvait que réussir: une intrigue à la trame simple mais aux circonvolutions complexes, de bons acteurs, des décors grandioses, des combats somptueux, un budget maousse de 18 millions de dollars, …

Oui, du moins telles semblaient être les intentions car, à l'écran, le résultat est nettement moins probant. Le scénario, en premier lieu, peine à passionner le spectateur et se montre exagérément étiré. 2H30 c'est long, beaucoup trop long, et on frémit à l'idée de ce que doit être la version longue intégrale de 4 heures!

Si on comprend le sens général de l'intrigue (pas très compliquée, avouons le), on a par contre bien du mal à en saisir les subtilités, sans même parler des relations entre les personnages, à peine esquissées. La construction scénaristique est donc, pour parler clairement, assez laborieuse: la confusion domine et les révélations déboulent de manière brusque, tandis que les séquences s'enchaînent péniblement et sans la moindre fluidité. Comment comprendre et accepter que des passages importants en apparence soient totalement escamotés alors que Hark s'appesantit de longues minutes sur des scènes larmoyantes, sur des gentils enfants ou, pire encore, sur un lâcher de chevaux complètement (mais alors complètement!) hors sujet?

Oui, comment suivre le cinéaste lorsqu'il ne parvient à proposer - en guise de développement des personnages - qu'une poignée de moments plus caricaturaux et embarrassants que véritablement émouvants. Au niveau des décors, ceux-ci sont plutôt réussis mais n'ont rien de renversants.

Ce sont encore les paysages naturels, parfois superbes, qui s'avèrent les plus agréables à l'œil. Il faut pourtant avouer que nous sommes bien en deçà de la beauté plastique des Neo-Wu Xia Pian. Visuellement, SEVEN SWORDS est loin, très loin d'être la claque attendue et n'arrive pas à la cheville des récents TIGRES & DRAGONS, HERO ou même du très mauvais mais chatoyant SECRET DES POIGNARDS VOLANTS.

Les chorégraphies, elles, sont efficaces - à condition de ne pas saturer devant cette profusion de pirouettes et d'acrobaties câblées. Le cinéaste livre des affrontements bien rythmés et rapides, sacrifiant parfois un peu trop à la mode des montages très cut rendant l'action difficilement lisibles. Mais, à l'exception de l'assaut final, aucun de ces combats n'est véritablement mémorable, ce qui est bien dommage! Comment Hark peut-il gâcher le combat introductif, censément barbare et sanguinaire (300 morts nous apprend le dialogue!) en une série de plans serrés qui ne laissent pas deviner grand-chose de l'action?

Au niveau martial, SEVEN SWORDS promettait beaucoup et à l'arrivée ne donne rien, ou si peu que l'on a presque envie de se lever et de crier "mais quand est ce qu'on va voir un vrai combat???" Ah oui, il y a celui entre deux murs étroits, très original pour ceux qui n'ont pas vu le final de MARTIAL CLUB, exactement pareil, 25 ans plus tôt. En mieux en plus! Comme quoi, Liu Chia Liang aussi recycle ses vieilles idées.

Pour ne rien arranger, SEVEN SWORDS n'évite pas toujours le ridicule, en particulier en présentant des méchants arborant des costumes cuir et clous influencés par le gothique / metal. Ce qui passait très bien dans MAD MAX 2 se révèle ici être d'un goût vraiment douteux. Des méchants d'ailleurs caricaturaux à l'excès, léchant le sang de leur sabre ou ricanant de manière plus grotesque que menaçante. Pénible!

Mais, plus que tout, le gros problème de ce métrage est son manque flagrant de rythme et d'ampleur, aucune scène ne ressortant véritablement du lot pour scotcher le spectateur à son siège. Dans un tel genre (le Wu Xia historique et épique flirtant avec la fantasy barbare) c'est carrément regrettable! Jamais le spectateur n'éprouve le moindre sentiment pour la poignée de personnages présentés à l'écran. Au bout de dix minutes, il se désintéresse déjà du film et rien, absolument rien, ne viendra le tirer de sa torpeur, pour ne pas dire de sa léthargie. Car pas une seconde il ne se sentira impliquer un tant soit peu dans ce fatras de séquences décousues et plus ou moins réussies.

SEVEN SWORDS se voulaient clairement un retour à une certaine idée du Wu Xia selon Tsui Hark mais également une réponse à des films comme TIGRE ET DRAGON, LE SEIGNEUR DES ANNEAUX et MUSA. Sans oublier les influences plus anciennes des 7 SAMOURAIS, de CONAN LE BARBARE et des grands métrages épiques de la Shaw. Et le résultat final n'est vraiment pas à la hauteur de ces références parfois pesantes!

En résumé, SEVEN SWORDS ne tient malheureusement pas ses promesses et constitue, au final, une grosse baudruche un peu prétentieuse et surtout très vaine qui se dégonfle au fur et à mesure de la projection.

Les fans inconditionnels de Tsui Hark devraient toutefois apprécier et porter l'ensemble aux nues. Comme toujours.