THE SENTIMENTAL SWORDSMAN
Titre: Sentimental Swordsman
Ou: Le Poignard Volant
Réalisateur: Chu Yuan
Interprètes: Ti Lung

 

Candy Yu
Ku Feng
Lily Li
Yueh Hua
Derek Yee
 
Année: 1977
Genre: Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * *
Erotisme: * *

70%

Résumé:

Li Xun-huan, un Sabreur Sentimental alcoolique tente de venir en aide à Shy-yin, la femme qu'il aima jadis. Il a "offert" la demoiselle à l'homme qui sauva sa vie, Long Xiao-yun. Soupçonné d'être lui même l'assassin, il mène l'enquête et remonte la piste d'un mystérieux empoisonneur.

 

Critique:

Chu Yuan adapte une nouvelle fois le romancier Gu Long danc un Wu Xia Pian classieux à la splendeur visuelle rare. Les décors sont une fois de plus splendides mais, cette fois, le cinéaste n'hésite pas à aérer sa mise en scène pour proposer un voyage en extérieur dans des paysages enneigés absolument magnifique. Des étendues glacées où l'on découvre de belles demoiselles et des branches fleuries, des contrastes de couleurs étudiés, font de ce film un nouvel enchantement visuel.

Niveau scénario, l'intrigue se suit plus aisément que les autres adaptations de Gu Long (comme Clans of Intrigue) et ménage moins de surprises. La fin se devine assez facilement et on ne découvre pas autant de rebondissements qu'on aurait pu l'espérer. Pas beaucoup d'originalité à en attendre, juste quelques twists pas toujours convaincants ni vraiment surprenants.

Au point de vue des combats, ils sont nombreux, courts et rapides, mais assez intéressants, en particulier le dernier qui confronte le Sabreur Sentimental à un ennemi équipé d'un bouclier magnétique capable d'attirer sans dommages les dagues lancées. Un pic de glace providentiel en viendra néanmoins à bout. Une belle idée. Il ne faut pas s'attendre toutefois à des duels très élaborés, juste des affrontements bien chorégraphiés (par Tang Chia) mais qui servent davantage le film plutôt que le phagociter. Comme souvent dans les Wu Xia de Yuan, les bastons sont un moyen de faire avancer l'intrigue et non une fin en soi.

Malheureusement, le film n'est pas exempt de défaut. Si le costume rosâtre du bandit masqué est assez amusant, que dire de cette scène où Ti Lung subit l'assaut de tueurs qui jettent sur ses amis des poignées de serpents venimeux. Dans un Wu Xia délirant cela aurait constitué une séquence mémorable, mais dans le contexte relativement sérieux voulu ici, l'ensemble parait hélàs ridicule. Le voyage vers Shaolin se tire aussi en longueur, avec ces empoisonnements à répétition qui finissent par lasser.

La multiplicité des personnages et la réduction de l'intrigue touffue en une centaine de minutes rend parfois le tout difficile à suivre et Ti Lung n'a pas vraiment l'air d'un alcoolique, il reste trop noble pour un homme soit-disant brisé.

Nous sommes donc en présence d'un honnête Wu Xia mais ce n'est certainement pas le chef d'oeuvre espéré. Largement en deça de Killer Clans ou Clans of Intrigue, donc.