SECRET SERVICE OF THE IMPERIAL COURT

Titre:  
ou: Secret Service of the Imperial Court
Réalisateur: Tony Liu
Interprètes: Leung Kar yan

 

Anthony Lau Wing
Lo Lieh
Ku Feng
Lo Meng
Philip Ko
Jason Pai Piao
Année: 1984
Genre: Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

75 %

Résumé:

La dynastie Ming est menacée par les ambitions démesurées d'un dangereux Eunuque. Celui-ci est bien décidé à prendre le pouvoir et écarte peu à peu l'Empereur, un homme jeune et faible, plus préoccupés par le faste et les femmes que par l'exercice du pouvoir. Le sergent Zaho Bufu appartient à l'élite de la garde impériale mais, refusant d'exécuter des hommes justes et loyaux à l'Empire, il est chassé et forcé de fuir.

Critique:

Secret Service of the Imperial Court est une des dernières grandes productions de la Shaw Brothers, alors agonisante. L'intrigue est solide, héroïque mais simple. Elle n'en est que plus efficace.

Leung Kar-yan y interprète Zhao Bufu un agent, assassin aux services secrets de sa majesté (impériale) décidé à ne verser le sang que des personnes méritant la mort. Lorsque le pouvoir tombe aux mains d'un eunuque mégalomane (Lau Wing), il refuse de tuer les officiers de l'Empereur. L'intrigue se déroule donc durant la dynastie Ming et présente une galerie de personnages bien développés: Zhao Wiyi (Guk Fung) incarne le capitaine des gardes, opposés à son fils Zhao Bufu, lequel refuse d'appliquer des ordres iniques. La machine s'emballe alors, les morts succédant aux morts jusqu'à ce que Zhao Bufu se retrouve pratiquement seul et n'ait plus d'autres choix que de répliquer…

Quoique tourné en 1984, Secret Service of the Imperial Court rappelle les meilleures saga héroïques réalisées par la Shaw Brothers (et Chang Cheh en particulier) près de quinze ans plus tôt. Le cinéaste Tony Liu tire parti aussi bien de ses somptueux décors intérieurs que des extérieurs, en particuliers lors d'une bataille mémorable: Leung Kar-yan, son fils dans les bras, défend son épouse contre une centaine d'assassins, fuyant dans une forêt alors que la bande son "normale" laisse place à une chanson mélancolique sur l'amitié trahie.

En jouant sur le registre dramatique, Tony Liu parvient à créer un univers riche, dans lequel chacun semble piéger par des notions telles que l'honneur, la loyauté, l'obéissance, l'amour filial ou conjugal, etc. Dans une scène très bien ficelée, le héros affronte son oncle et la ruée des deux combattants l'un vers l'autre est entrecoupée de bref flash-back d'un gamin fonçant vers son oncle pour le serrer dans ses bras. Hélas, cette fois, les deux parents se précipitent l'un vers l'autre le sabre à la main…

Même si certains passages paraîtront excessifs à des yeux occidentaux (les personnages se sacrifient à tour de bras pour payer des dettes de sang qui n'en finissent jamais!), Secret Service of the Imperial Court ne verse jamais dans le ridicule. Il faut dire que Tony Liu effectue ici de nombreux emprunts au chambarra. Nous sommes souvent proches d'un Baby Cart et le métrage tente le même mélange pourtant étrange de prime abord entre, d'une part, le fond historique complexe obligeant à un certain réalisme des actions et personnages et, d'autre part, l'aspect ouvertement fun et outré des affrontements.

Les combats sont câblés, accélérés (nettement!) et abusent des jets de sang écarlate, sans oublier les décapitations, membres sectionnés et même carrément un type tranché en deux dans le sens de la hauteur.

Tony Liu, tenté par l'aspect extrême, n'y va pas avec le dos de la cuillère et ajoute même quelques pincées d'érotisme en envoyant trois concubines totalement nues batifoler avec l'Empereur. Nous ne sommes pas dans une Cat3 mais nous n'en sommes pas très loin…

Bref, le cinéaste se maintient en équilibre instable entre des prétentions à une œuvre rigoureuse et sérieuse et des velléités commerciales. Le résultat, un peu bâtard, est cependant globalement abouti et délivre un véritable divertissement qui réussit à ne jamais se montrer ennuyeux.

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