SAVE THE GREEN PLANET!

Titre: Jigureul jikyeora!
ou:  
Réalisateur: jang joon hwan
Interprètes: Shin Ha-Kyun

 

Jeong-min Hwang

Yun Shik Baek
 
 
 
 
Année: 2003
Genre: Comédie / SF / Drame
Pays: Corée
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

75%

Résumé:

Lee Byung-Goo est persuadé que la Terre est menacée par une invasion extraterrestre. Il décide de kidnapper Kang Man-Shik, un homme d'affaires qu'il soupçonne d'être un agent alien. Avec sa compagne Sooni, il commence à torturer le businessman pour lui faire avouer la vérité.

Critique:

SAVE THE GREEN PLANET débute comme une comédie déjantée jouant largement sur un comique de situation débridé. Le métrage nous présente donc deux personnages principaux: Lee Byung-Goo (joué par Shin Ha-Gyun) et sa compagne Sooni (Hwang Jun-Min).

Asocial et parano, le premier est persuadé que notre planète est menacée par une invasion extra-terrestre. Aidé de la timide et infantile Sooni, le jeune homme kidnappe l'homme d'affaires Kang et le soumet à une série de tortures afin de lui faire avouer la vérité: c'est un alien!

Etrange production, ce SAVE THE GREEN PLANET glisse progressivement de la comédie loufoque à l'humour noir en passant par la science-fiction contestataire, le thriller parano, le drame social et le suspense "à twist".

C'est Shin Ha-Gyun qui mène le jeu et fait basculer le métrage d'un genre à l'autre, mettant mal à l'aise le spectateur sans cesse partagé entre la compassion qu'il ressent pour ces deux jeunes malheureux, cruellement marqués par l'existence, et sa victime. Car, peu à peu, le cinéaste nous révèle le passé de ces protagonistes, lesquels ont vécu une série des drames douloureux qui expliquent, en grande partie, leur situation. Lee Byung-Goo apparaît ainsi comme un être brisé finalement sympathique, même si ses actes ne sont guère excusables pour autant, l'acteur assurant avec subtilité et talent le passage du "gentil dingue" au "fou dangereux et fanatique".

SAVE THE GREEN PLANET s'inspire vaguement des conspiracy theories à la X-FILES, du climat décalé de INVASION LOS ANGELES et s'oriente parfois vers une sorte de conte initiatique très noir dans lequel chacun essaie désespérément de trouver sa voie, porté par la mélodie éternelle Over The Rainbow. Pour rester dans le domaine de la comparaison citons également le EMPRISE de Bill Paxton, à la thématique fort similaire (un homme apparemment "normal" devient persuadé que certaines personnes sont des démons à éliminer) jusque dans son dénouement.

Le résultat est un film assumant ses références et ses emprunts à différents genre mais néanmoins original, riche, souvent surprenant, qui passe de la violence extrême à l'humour, de la tendresse à la brutalité, du huis clos intimiste à un final rythmé et énergique. Pour un premier long-métrage, l'œuvre de Jung Jun-Hwan s'avère donc réellement efficace et maîtrisée.

Servi par un trio d'interprètes extrêmement talentueux, le metteur en scène parvient à son but: divertir intelligemment le spectateur en brouillant les cartes et en mélangeant les genres et les émotions, du rire aux larmes!

Une vraie réussite!