SARKAR - LE PARRAIN

Titre: Sarkar
ou:  
Réalisateur: Ram Gopal Varma
Interprètes: Amitabh Bachchan

 

Abhishek Bachchan
Kay Kay Menon
Tanisha
Rukhsar
 
 
Année: 2005
Genre: Polar / drame "mafieux"
Pays: Inde
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

70%

Résumé:

Le politicien Sarkar est le chef d'une vaste organisation criminelle qui protège également sa communauté en punissant ceux que la justice a laissé en liberté. Shankar, le fils de Sarkar, revient des Etats-Unis au moment où la situation se détériore et qu'une bande rivale menace Sarkar.

Critique:

Ram Gopal Varma, considéré comme un des meilleurs cinéastes bollywoodien actuels rend hommage au PARRAIN de Francis Ford Coppola avec cette grande saga dans laquelle l'immense Amitabh Bachchan incarne Sarkar, le Don Corleone indien. Comme dans son modèle, Ram Gopal Varma prend donc son temps et impose un rythme lent qui s'appuie essentiellement sur des dialogues se voulant étudiés et mémorables, même si aucune réplique ne se hisse au niveau du fameux "I will make him an offer that he cannot refuse".

Pour incarner Sarkar, le cinéaste ne pouvait se passer du Brando local, à savoir l'indispensable et inévitable Amitabh Bachchan, très à l'aise dans son interprétation de leader charismatique même si il force parfois un peu le trait. Sa composition pourra paraître finalement peu travaillée car elle joue uniquement sur la personnalité et l'aura entourant l'acteur qui se contente, finalement, d'être lui-même. Mais c'est peut-être ça qui distingue vraiment les monstres sacrés du cinéma du reste des acteurs, fut-ils talentueux, puisque les vrais superstars n'ont pas à jouer, simplement à être, du moins dans la plupart de leurs films.

Vu sa durée importante, SARKAR parait parfois un peu longuet, d'autant que l'intrigue demande quand même pas mal de temps avant de se mettre en place. Les premières séquences, très réussie, voient Sarkar orchestrer le tabassage d'un violeur laissé en liberté, dans un décalque efficace de la séquence similaire du PARRAIN. Ensuite, le scénario commence à s'éloigner de la référence (quoiqu'elle soit toujours présente au travers de quelques passages clés) et, après un petit ventre mou - nécessaire à la présentation des différents protagonistes - devient plus intéressant, développant suffisamment ses personnages pour intéresser un minimum le spectateur.

D'autres séquences réussies et impressionnantes, particulièrement dans le second tiers du métrage, très intense, permettent de passer un bon moment et la technique éprouvée de Ram Gopal Varma sert admirablement la progression dramatique jusqu'au climax attendu qui est une très efficace relecture du dernier tiers opératique du PARRAIN puisque, peut-on dire, "ce soir la famille "Sarkar" règle ses comptes"

En dépit de quelques clichés bollywoodiens (dont la relation conflictuelle entre les générations) SARKAR se passe de tout numéros musicaux ce qui n'est pas plus mal sans doute, vu la longueur déjà conséquente du métrage toute interruption supplémentaire dans la narration n'aurait pu être que préjudiciable. Dommage aussi que la bande originale ne soit pas fameuse avec sa manière très pompière de souligner l'action. Là encore la comparaison n'est franchement pas en faveur de l'adaptation indienne!

Pour être pleinement apprécié SARKAR ne doit sans doute pas se voir comparer à l'œuvre de Coppola ce qui relève pratiquement de la mission impossible tant les nombreuses similitudes entre les deux métrages sautent aux yeux. Il s'agit néanmoins d'une petite réussite dont la vision est conseillée: on ne s'y ennuie pas et l'ensemble possède un style suffisamment travaillé pour maintenir l'attention en dépit du caractère très convenu du script et de quelques faiblesses criantes.