SAMURAI COMMANDO: MISSION 1549

Titre: Sengoku jieitai 1549
ou: Samurai Commando
Réalisateur: Tezuka Masaaki
Interprètes: Eguchi Yosuke

 

Suzuki Kyosha
Kaga Takeshi
Kitamura Kazuki
 
 
 
Année: 2005
Genre: Aventures / Science-fiction / Action
Pays: Japon
Editeur Kubick Video
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

55%

Résumé:

Japon, 2003. L'armée teste une nouvelle arme, le bouclier magnétique anti-plasma. Une équipe dirigée par le colonel Matoba est chargée d'en vérifier l'efficacité. Mais les militaires disparaissent…ils ont été expédié au milieu du XVIe siècle, en pleine ère féodale. La présence du commando dans le passé modifie à ce point l'avenir qu'un énorme "Trou" apparaît en 2005 et menace d'engloutir totalement la planète. Une nouvelle équipe est alors dépêchée dans le temps, en 1549, afin de ramener l'Histoire dans le droit chemin. Mais Matoba, devenu un Seigneur de la Guerre équipé des armes les plus sophistiquées de notre époque, refuse de se laisser intimider.

Critique:

Le thème des soldats voyageant dans le temps n'est pas neuf et a déjà donné lieu à quelques œuvres intéressantes, comme LES GUERRIERS DE L'APOCALYPSE (dont ce film se veut le remake autant que la suite) et, en Occident, le sympathique NIMITZ, RETOUR VERS L'ENFER. Dernièrement, les Coréens se sont eux aussi emparés de cette idée en livrant HEAVEN's SOLDIERS.

Cette nouvelle adaptation du roman "Time Slip" pose la question de savoir ce que ferait une petite troupe armée et entraînée projetée en des temps reculés. La réponse est sans équivoque: dominer le monde. SAMURAI COMMANDO refuse pourtant de nous montrer cette prise du pouvoir des soldats du XXIe siècle confronté à la résistance féroce des Samurais (le sujet principal des GUERRIERS DE L'APOCALYPSE) et nous projette directement après la bataille, alors que les militaires sont déjà maîtres de cette lointaine époque. Franchement frustrant, d'autant que la première séquence, spectaculaire et réussie, laissait augurer un métrage d'action et d'aventures fort efficaces. Au lieu de ça, le cinéaste tente une voie plus posée, plus réflexive, en nous invitant à réfléchir sur le poids des actes posés et sur leurs conséquences. Il tente aussi de crédibiliser l'intrigue en nous expliquant les précautions prises pour ne pas perturber le passé, comme ces balles spéciales "dégradables" qui ne laissent pas de traces. De louables initiatives même si SAMURAI COMMANDO semble malheureusement les oublier en cours de route, dépassé par ses trop nombreuses invraisemblances et un scénario inutilement complexe qui cumule en outre les clichés les plus lourdingues.

Evidemment, les moyens investis permettent un métrage relativement divertissant et dépaysant dont les décors constituent la plus grande force. Ainsi, les châteaux forts présentent un très beau mélange de technologies modernes et de constructions féodales, les Samurais sont armés de mitrailleuses et des chars sillonnent les champs de bataille du passé. De belles idées, certes un peu gâchées par le manque de punch de la mise en scène, mais qui devraient enthousiasmer les fans de SF adeptes du "sense of wonder". Dommage aussi que les images de synthèse ne soient pas franchement convaincantes, un défaut souvent présent dans les blockbusters asiatiques.

SAMURAI COMMANDO hésite manifestement sur ses intentions, entre simple produit d'aventures pop-corn et réflexion de science-fiction se voulant intelligente. Hélas, il risque de ne pas contenter grand monde: l'action est décevante et seules les vingt dernières minutes témoignent véritablement de l'important budget investi. Voir les Samurais succomber aussi facilement et les combats manquer à ce point d'ampleur laisse également songeur tant l'original, réalisé voici un quart de siècle avec des moyens moindres, parvenait à en mettre plein la vue et à se montrer constamment "fun", dans le meilleur sens du terme. Quand aux idées développées, elles ne vont pas assez loin pour susciter une véritable réflexion, tant le scénario patine dans la semoule et peine à maintenir l'intérêt.

Reste la personnalité du colonel Matoba, un personnage mégalomane intéressant et un tant soi peu travaillé, bien interprété par un Takeshi Kaga qui domine littéralement le reste du casting bien trop transparent pour convaincre. Et reste aussi, en dépit de ses nombreux défauts, l'originalité de l'idée de base et le côté sympathique de l'entreprise, avec ses savoureux anachronismes et ses nombreux affrontements, même si ils ne sont guère à la hauteur des attentes. Bref, un divertissement acceptable mais décevant, qui ne restera malheureusement pas dans les mémoires.

Saluons pourtant l'initiative de l'éditeur qui propose le métrage en 16/9 avec trois pistes sonores (5.1. en français et en japonais, DTS français). Un court making of d'une vingtaine de minutes et 9 scènes coupées (en réalité 3 fois 3 prises alternatives assez anecdotiques) complètent cette édition simple mais suffisante.