SAKURA KILLER

Titre: Sakura Killer
Réalisateur: Richard Ward
Interprètes: Chuck Connors

 

Mike Kelly
George Nichols
Manji Otsuki
Brian Wong
Thomas Lung
Année: 1986
Genre: Ninja
Pays: USA
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

60%

Résumé:

De méchants ninjas se sont emparés d'un K7 vidéo contenant les secrets d'une nouvelle arme bactériologique. Un Colonel retraité envoie alors ses deux meilleurs agents pour la récupérer.

Critique:

Le film de ninja! Un genre à part qui suscite chez les cinéphiles les plus pervers une inexplicable fascination. Pourtant, chacun sait que les réussites s'y comptent sur les doigts d'une seule main. Le reste? Des dizaines de sous-produits allant du passable au franchement nul.

Sakura Killer se situe pour sa part dans une honnête moyenne. Nous sommes très loin d'un pilier de cinémathèque mais on ne s'y ennuie pas trop, à condition d'accepter le coté très bis du produit. Le scénario, car il faut bien commencer par là, ne brille pas vraiment par son originalité.

De méchants ninjas s'emparent d'une K7 vidéo contenant la formule d'une arme chimique susceptible de détruire toute la végétation d'un continent ("ce serait un coup dur pour les USA" minimise un héros à l'intelligence moins développée que les muscles). Ils veulent évidemment la revendre à l'URSS (oui, le film date de 1986!) mais deux américains typés, Dennis et Sonny (un dragueur / boxeur blond et un noir adepte des arts martiaux) vont déjouer ce plan infâme. Ils partent donc à Taiwan et suivent un entrainement intensif au ninjustu par un vieux maître japonais. Ils n'ont plus qu'à récupérer la K7. Malgrè son importance, personne n'a d'ailleurs songé à la dupliquer, ce qui devrait ravir les comités anti-piratage.

L'intrigue, aussi simple et linéaire qu'elle soit, met quand même un petit peu de temps avant de se développer. Pour meubler, le cinéaste filme donc Chuck Connors, dit "Le Colonel", un préretraité joueur de golf mais tireur émérite, dégommer au riot-gun quelques ninjas venus l'ennuyer dans son ranch pour des raisons obscurs. Il aime aussi lancer de belles sentences philosophiques particulièrement creuses ("Tu dois apprendre à bouger sans penser" - sic!) dans l'esprit d'un Maître Yoda du pauvre.

Annoncé en vedette, Connors s'en tire avec un temps de présence de dix minutes à tout casser dans un rôle strictement inutile, à l'image de son assistante, une blondasse adepte de l'aérobic typique du cinéma de cette époque. Heureusement les combats sont nombreux et viennent tirer le spectateur de sa torpeur. Ils se situent à un niveau acceptables mais il ne faut évidemment pas en attendre des chorégraphies de haut vol, jusque quelques bastons assez énergiques.

Le bon point étant que les éléments les plus authentiquement Z du cinéma ninja ne sont pas oubliés. Nous avons donc droit aux bombinettes à fumées, au méchant qui se multiplie, à l'apparition incongrue d'une douzaine de mannequins remplis de paille pour tromper les héros, sans oublier les ninja qui escaladent les murs à mains nues, les lancers de shurikens à la pelle et les apparitions et disparitions inexplicables. Les ninjas sont d'ailleurs de bien vicieux personnages puisqu'ils n'hésitent pas à attacher les chevilles d'une de leur victime avant de lui fracasser les parties contre un arbre.

Pour les grandes occasions, les deux héros agissent vêtus de costumes tout droit sortis de Venom of the Ninja: des tenues bouffantes (une rouge et une mauve), des masques de diables ricanants pourvus de cornes de quinze centimètres, etc. Ce passage est définitivement très bis, donc cela relève un peu le niveau et les costumes permettent aux cascadeurs de prendre la place des acteurs. D'où de belles acrobaties. Le combat final est d'ailleurs assez amusant avec ses nombreux gadgets idiots.

Après une première partie assez quelconque, voire un peu ennuyeuse (excepté la première séquence bien rythmée), le film se rattrape complètement durant la seconde moitié, qui multiplie les combats bien ficelés. En résumé, Sakura Killer est une petite co-production USA / Taiwan assez distrayante pour les forcénés des ninja-teries estampillées années 80.

Il y a de meilleurs façons de passer une heure trente de sa vie (en regardant Ninja Final Duel, Duel to the Death ou même Ninja Condor 13 par exemple) mais il y en a de pire (en visionnant un IFD / Filmark!).

Sympathiquement ringard.