RUSH HOUR 3

Titre: Rush Hour 3
ou:  
Réalisateur: Brett Ratner
Interprètes: Chris Tucker

 

Jackie Chan
Hiroyuki Sanada
Max von Sydow
Yvan Attal
Roman Polanski
Noémie Lenoir
Année: 2007
Genre: Comédie d'action
Pays: USA
Editeur  
Violence: *
Erotisme: *
Suite:  

25 %

Résumé:

Lee et Carter se retrouvent à Paris pour protéger une jeune femme menacée par les Triades.

Critique:

La carrière américaine de Jackie Chan racle cette fois le fond avec cette seconde et lamentable séquelle à RUSH HOUR. Si les deux premiers métrages, aussi inconsistants qu'ils soient, avaient au moins quelques qualités de rythme et d'humour, ce RUSH HOUR 3 s'enfonce dans la médiocrité.

Les gags et séquences humoristiques sont, en effet, particulièrement lourds et déjà vus et revus bien trop souvent pour parvenir à décrocher un sourire aux spectateurs les plus conciliants. Le niveau de cet humour ne s'élève d'ailleurs jamais très haut et le mélange de burlesque mal dégrossi, de gesticulations hystériques, de répliques stupides et de sous-entendus sexuels aboutit à une variation pataude sur le comique troupier ayant eu son heure de gloire voici bien longtemps.

Et, malheureusement, ce n'est pas l'action qui va sauver le métrage tant celle-ci est paresseuse et utilise excessivement les câbles et autres trucages douteux. A l'exception de la scène finale située sur la tour Eiffel, rien de mémorable ne nous sera proposé.

Au niveau des interprètes, ils sont en un mot catastrophiques: Chris Tucker est plus irritant que jamais et son numéro supposé divertissant et énergique est en réalité absolument pénible. Les quelques répliques qu'il lance pour divertir la galerie tombent presque toute à plat ou ne sont que des variations sur des gags ayant sans doute beaucoup divertit nos ancêtres du temps des hommes des cavernes.

Jackie Chan, pour sa part, apparaît ici comme l'ombre de lui-même. Il semble vraiment se demander ce qu'il fait là et sans doute que sa seule motivation se situe dans le montant de son cachet. Fatigué, Chan a rarement (jamais?) paru à ce point désintéressé par un film tant, même dans ses métrages les plus embarrassants, il avait su garder un véritable enthousiasme ici totalement et cruellement absent. L'âge et les contraintes imposées par le studio (ne pas se blesser donc limiter les risques au maximum, laisser la vedette à Chris Tucker) expliquent ce manque de motivation frappant et désolant.

Les nombreux acteurs renommés venus cachetonnés autour du duo vedette n'apportent, eux non plus, pas grand-chose et leur présence tient plus de l'attrait commercial que d'un quelconque souhait d'améliorer le résultat final. Ni Hiroyuki Sanada (célèbre pour son rôle dans NINJA IN THE DRAGON's DEN) ni Roman Polanski, Max Von Sydow, Yvan Attal ou Noémie Lenoir ne paraissent motivés par ce produit purement commercial.

La mise en scène de Brett Ratner est, évidemment, paresseuse et dénuée du moindre "peps". Même si il est de bon ton de détester le cinéaste, avouons que plusieurs de ces films, y compris les moins aimés (RUSH HOUR 2, X MEN 3) possédaient au moins quelques séquences spectaculaires relativement bien torchées pour sauver les meubles. Ici, rien, juste une réalisation calquée sur celle, fonctionnelle, professionnelle et routinière, des mauvaises séries télévisées.

Avec son scénario balisé, les médiocres performances de ses acteurs et sa mise en scène sans inspiration, RUSH HOUR 3 constitue en définitive un spectacle navrant mais parfaitement calibré pour offrir un divertissement sans conséquence à destination d'un public âgé d'une douzaine d'années désirant se gaver de pop-corn en supportant un humour lamentable entrecoupé de passages d'action ramollis.

Bref, le degré zéro du cinéma et une absence de prétention confinant à l'irrespect total du spectateur.