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La carrière américaine de Jackie Chan racle
cette fois le fond avec cette seconde et lamentable séquelle
à RUSH HOUR. Si les deux premiers métrages, aussi inconsistants
qu'ils soient, avaient au moins quelques qualités de rythme
et d'humour, ce RUSH HOUR 3 s'enfonce dans la médiocrité.
Les gags et séquences humoristiques sont, en
effet, particulièrement lourds et déjà vus et revus bien trop
souvent pour parvenir à décrocher un sourire aux spectateurs
les plus conciliants. Le niveau de cet humour ne s'élève d'ailleurs
jamais très haut et le mélange de burlesque mal dégrossi, de
gesticulations hystériques, de répliques stupides et de sous-entendus
sexuels aboutit à une variation pataude sur le comique troupier
ayant eu son heure de gloire voici bien longtemps.
Et, malheureusement, ce n'est pas l'action
qui va sauver le métrage tant celle-ci est paresseuse et utilise
excessivement les câbles et autres trucages douteux. A l'exception
de la scène finale située sur la tour Eiffel, rien de mémorable
ne nous sera proposé.
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Au niveau des interprètes, ils sont en un mot
catastrophiques: Chris Tucker est plus irritant que jamais et
son numéro supposé divertissant et énergique est en réalité
absolument pénible. Les quelques répliques qu'il lance pour
divertir la galerie tombent presque toute à plat ou ne sont
que des variations sur des gags ayant sans doute beaucoup divertit
nos ancêtres du temps des hommes des cavernes.
Jackie Chan, pour sa part, apparaît ici comme
l'ombre de lui-même. Il semble vraiment se demander ce qu'il
fait là et sans doute que sa seule motivation se situe dans
le montant de son cachet. Fatigué, Chan a rarement (jamais?)
paru à ce point désintéressé par un film tant, même dans ses
métrages les plus embarrassants, il avait su garder un véritable
enthousiasme ici totalement et cruellement absent. L'âge et
les contraintes imposées par le studio (ne pas se blesser donc
limiter les risques au maximum, laisser la vedette à Chris Tucker)
expliquent ce manque de motivation frappant et désolant. |
Les nombreux acteurs renommés venus cachetonnés
autour du duo vedette n'apportent, eux non plus, pas grand-chose
et leur présence tient plus de l'attrait commercial que d'un
quelconque souhait d'améliorer le résultat final. Ni Hiroyuki
Sanada (célèbre pour son rôle dans NINJA IN THE DRAGON's DEN)
ni Roman Polanski, Max Von Sydow, Yvan Attal ou Noémie Lenoir
ne paraissent motivés par ce produit purement commercial.
La mise en scène de Brett Ratner est, évidemment,
paresseuse et dénuée du moindre "peps". Même si il est de bon
ton de détester le cinéaste, avouons que plusieurs de ces films,
y compris les moins aimés (RUSH HOUR 2, X MEN 3) possédaient
au moins quelques séquences spectaculaires relativement bien
torchées pour sauver les meubles. Ici, rien, juste une réalisation
calquée sur celle, fonctionnelle, professionnelle et routinière,
des mauvaises séries télévisées.
Avec son scénario balisé, les médiocres performances
de ses acteurs et sa mise en scène sans inspiration, RUSH HOUR
3 constitue en définitive un spectacle navrant mais parfaitement
calibré pour offrir un divertissement sans conséquence à destination
d'un public âgé d'une douzaine d'années désirant se gaver de
pop-corn en supportant un humour lamentable entrecoupé de passages
d'action ramollis.
Bref, le degré zéro du cinéma et une absence
de prétention confinant à l'irrespect total du spectateur.
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