RUN AND KILL

Titre:  
ou:  
Réalisateur: Billy Tang
Interprètes: Ken Cheng

 

Charlie Ng
Danny Lee
Simon Yam
Johnny Wang
Lily Lee
Année: 1993
Genre: Polar / Catégorie3
Pays: Hong Kong
Editeur Universe
Violence: * * * *
Erotisme: * *
Suite:  

70 %

Résumé:

Un garagiste, Cheung, vit heureux avec sa femme et sa petite fille. Pourtant il découvre un jour l'infidélité de son épouse et sort se saouler dans un bar. Là il rencontre une jeune femme qui le conduit à des individus peu recommandable. Un peu déboussolé, il commandite sans le vouloir la mort de sa moitié, laquelle est assassinée peu après. Mais les tueurs réclament alors payement de leurs services et la fuite devient la seule option pour Cheung et sa fille.

Critique:

Sans doute une des plus célèbre Cat3, Run and Kill est tout d'abord un thriller très violent. Peu de rapport avec la majorité des Cat3 qui se contente d'une intrigue simple prétexte à de nombreuses séquences de violence et d'érotisme. Ce dernier point est d'ailleurs pratiquement absent et laisse Billy Tang se concentrer sur l'aspect le plus brutal et sordide de cette spirale de violences.

Le métrage débute donc de manière relativement posée et prend le temps de situer son scénario. Son personnage principal se nomme Cheung (Kent Cheng), un type un peu simplet et surtout très gentil. Trop, bien sûr, puisque sa femme le trompe. Notre bonhomme lui offre pourtant beaucoup de cadeaux et d'attention mais la demoiselle n'en a cure. Elle ne l'a sans doute épousée que pour son argent et Cheung se demande bien ce qu'il a put faire pour mériter tout ça. Il est quand même prêt à pardonner à son épouse, qui ne cache même plus ses infidélités, et finit par se saouler dans un bar. Il y rencontre quelques personnes peu recommandables et, suite à un malentendu, leur demande de tuer sa femme. Ils s'exécutent mais réclament ensuite une grosse somme d'argent à Cheung. Lequel est obligé de fuir pour s'en sortir…

Si Kent Cheng joue au gros nounours Simon Yam se charge du rôle de méchant. Et il n'y va pas avec le dos de la cuillère en composant un psychopathe sadique franchement mémorable. L'interprétation jubilatoire de Simon Yam est d'ailleurs un des principaux attraits du métrage, à côté de celle un poil plus nuancée et travaillée de Kent Cheng. Lequel évolue pourtant au fil des séquences, passant du nounours limité bêta à la bête enragée après le meutre de sa petite fille. Une scène pas vraiment réussie (les effets spéciaux sont grossiers) mais qui fit beaucoup pour conférer à l'ensemble sa réputation de film insoutenanble.

A ce niveau, on trouve dans Run And Kill quelques séquences barbares: un type vidé de son sang par un tuyau planté dans la jambe, une femme égorgée à la machette, une fillette brûlée vive, une mémée défenestrée, etc. Billy Tang se permet nombre d'excès et livre un métrage cruel à souhait, moins gore toutefois que sa réputation ne le laisse supposer.

La photographie bleutée, la réalisation maîtrisée et le scénario relativement original malgré sa simplicité sont autant d'éléments positifs mais on relève quand même une série de défauts. Ainsi lorsque Kent Cheng part chercher de l'aide en Chine il s'adresse à un gang rival de ses ennemis mais le passage semble franchement confus et assez mal ficelé. De même certaines scènes paraissent outrées eu égard au ton plutôt sérieux de l'ensemble.

Le retour final de Simon Yam, assimilé à une sorte de monstre humain invincible entre le Terminator et Jason pourra satisfaire les fans de bis mais semblera surement peu convaincant pour la plupart des spectateurs.

Au final, voici un thriller intéressant et plutôt bien troussé qui plaira aux amateurs de polars noirs et brutaux même si on ne peut s'empêcher d'être légèrement déçu au vu de sa réputation.