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Cette production fauchée nous vient des "fameux"
producteurs Joseph Lai et Tomas Tang (aka Filmark), lesquels
ne se gênent pas pour reprendre de nombreux éléments provenant
d'autres kung-fu sorti quelques années auparavant. Silver Fox,
par exemple, est un méchant incarné à plusieurs reprises par
Hwang Jang Lee et rendu célèbre par les deux excellents SECRET
RIVALS de Ng See Yuen. Il est ici incarné par Philip Ko Fei
mais l'amateur comprend rapidement qu'il y a tromperie sur la
marchandise puisque ce "renard argenté" n'a rien de commun avec
le cruel vilain des SECRET RIVALS. Même si le look du personnage
est identique, Silver Fox - ici nommé Wu Kuo - est simplement
un grand maître en arts martiaux, lequel va prêter main forte
au héros, joué par Casanova Wong.
Les Hommes de Bronze, supposé être le dernier
test des élèves du monastère de Shaolin, sont également de la
partie mais, contrairement aux impressionnantes machines des
18 HOMMES DE BRONZES, ces méchants sont ici de simples figurants
peinturlurés d'or, pas franchement impressionnants en dépit
de leur apparente invincibilité.
Le héros accompagné d'un très jeune enfant
innocent rappelle vaguement BABY CART et la quête de vengeance
du héros, tout comme la recherche d'un manuel d'arts martiaux
n'ont vraiment rien d'original. Le scénario, suite d'emprunts,
de passages déjà vus et de péripéties attendues ne suffit pas
à retenir l'attention déclinante du spectateur qui, comme souvent,
se reportere uniquement sur l'action. Hélàs, celle-ci est décevante!
La véritable attraction du métrage reste donc
Casanova Wong, lequel s'avère étonnamment convaincant. Au risque
de paraître méchant pour ce métrage, disons même carrément que
l'acteur se dépense sans compter et livre une performance bien
trop réussie pour une aussi médiocre réalisation. Non seulement
Wong délivre des coups de pieds fulgurants mais il se révèle
même doué dramatiquement parlant lors des scènes plus intimistes,
avec son enfant ou, via des flash-back émouvants, lorsqu'il
est accompagné de son épouse. Ses talents martiaux sont pourtant
ceux qui apparaîtront le plus immédiatement parlant aux yeux
des fans de kung-fu. Acrobaties, kicks rapides, techniques efficaces,
Casanova Wong est excellent et mérite bien sa place de super-kicker
aux côtés de Hwang Jang Lee, Wong Tao ou John Liu. Philip Ko,
pour sa part, n'a pas beaucoup de temps de présence à l'écran
et son rôle s'apparente donc à un gimmick commercial, d'ailleurs
peu exploité. Même si son personnage est présenté, par le titre,
comme le héros, il n'est là que pour servir de faire-valoir
à Casanova Wong.
Si RIVALS OF THE SILVER FOX propose de nombreux
combats, les chorégraphies ne sont malheureusement pas vraiment
à la hauteur, tant les figurants font pâle figure comparés aux
deux stars, bien plus expérimentées. Le long final contre les
72 hommes de bronze se révèle en outre profondément décevant.
On y retrouve l'idée déjà vue à plusieurs reprises des méchants
frappant en rythme leurs cymbales pour rendre fou nos héros
et le combat tourne rapidement à des acrobaties plus proches
du spectacle de cirque que d'une véritable bataille martiale.
La plupart des productions kung fu, même les
plus médiocres, tirent souvent leur épingle du jeu grâce à un
duel final salvateur mais RIVALS OF THE SILVER FOX n'y parvient
même pas, laissant le public sur une mauvaise impression générale.
Quelques extérieurs plutôt joliment photographiés,
les prouesses physiques de Casanova Wong, l'émotion de l'une
ou l'autre scène, un ou deux combats réussis…voilà pour les
points positifs. Le reste (mise en scène, intrigue, "production
values", montage, duel final,…) déçoit et, en l'état, RIVALS
OF THE SILVER FOX peine à décrocher une modeste moyenne.
Réservé aux seuls inconditionnels de Casanova
Wong ou aux "complétistes" du old-school.
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