RIVALS OF THE SILVER FOX

Titre: The Rivals of the Silver Fox
ou: Rivals of Silver Fox
Réalisateur: Siu-Pang Chan
Interprètes: Casanova Wong

 

Philip Ko Fei
Siu-Pang Chan
Eddie Kan
Fat Yuen Lee
 
 
Année: 1982
Genre: Kung Fu
Pays: Hong Kong
Editeur Video Asia
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

45%

Résumé:

Un grand combattant, à la recherche du meurtrier de son épouse, parcourt le pays accompagné par son très jeune fils. Sa quête de vengeance le mène vers le clan des 72 hommes de bronze dont le chef recherche un précieux manuel de kung fu. Un ancien moine Shaolin - Le Voleur Invisible - et le grand maître Wu Kuo, dit Silver Fox, viennent à son aide.

Critique:

Cette production fauchée nous vient des "fameux" producteurs Joseph Lai et Tomas Tang (aka Filmark), lesquels ne se gênent pas pour reprendre de nombreux éléments provenant d'autres kung-fu sorti quelques années auparavant. Silver Fox, par exemple, est un méchant incarné à plusieurs reprises par Hwang Jang Lee et rendu célèbre par les deux excellents SECRET RIVALS de Ng See Yuen. Il est ici incarné par Philip Ko Fei mais l'amateur comprend rapidement qu'il y a tromperie sur la marchandise puisque ce "renard argenté" n'a rien de commun avec le cruel vilain des SECRET RIVALS. Même si le look du personnage est identique, Silver Fox - ici nommé Wu Kuo - est simplement un grand maître en arts martiaux, lequel va prêter main forte au héros, joué par Casanova Wong.

Les Hommes de Bronze, supposé être le dernier test des élèves du monastère de Shaolin, sont également de la partie mais, contrairement aux impressionnantes machines des 18 HOMMES DE BRONZES, ces méchants sont ici de simples figurants peinturlurés d'or, pas franchement impressionnants en dépit de leur apparente invincibilité.

Le héros accompagné d'un très jeune enfant innocent rappelle vaguement BABY CART et la quête de vengeance du héros, tout comme la recherche d'un manuel d'arts martiaux n'ont vraiment rien d'original. Le scénario, suite d'emprunts, de passages déjà vus et de péripéties attendues ne suffit pas à retenir l'attention déclinante du spectateur qui, comme souvent, se reportere uniquement sur l'action. Hélàs, celle-ci est décevante!

La véritable attraction du métrage reste donc Casanova Wong, lequel s'avère étonnamment convaincant. Au risque de paraître méchant pour ce métrage, disons même carrément que l'acteur se dépense sans compter et livre une performance bien trop réussie pour une aussi médiocre réalisation. Non seulement Wong délivre des coups de pieds fulgurants mais il se révèle même doué dramatiquement parlant lors des scènes plus intimistes, avec son enfant ou, via des flash-back émouvants, lorsqu'il est accompagné de son épouse. Ses talents martiaux sont pourtant ceux qui apparaîtront le plus immédiatement parlant aux yeux des fans de kung-fu. Acrobaties, kicks rapides, techniques efficaces, Casanova Wong est excellent et mérite bien sa place de super-kicker aux côtés de Hwang Jang Lee, Wong Tao ou John Liu. Philip Ko, pour sa part, n'a pas beaucoup de temps de présence à l'écran et son rôle s'apparente donc à un gimmick commercial, d'ailleurs peu exploité. Même si son personnage est présenté, par le titre, comme le héros, il n'est là que pour servir de faire-valoir à Casanova Wong.

Si RIVALS OF THE SILVER FOX propose de nombreux combats, les chorégraphies ne sont malheureusement pas vraiment à la hauteur, tant les figurants font pâle figure comparés aux deux stars, bien plus expérimentées. Le long final contre les 72 hommes de bronze se révèle en outre profondément décevant. On y retrouve l'idée déjà vue à plusieurs reprises des méchants frappant en rythme leurs cymbales pour rendre fou nos héros et le combat tourne rapidement à des acrobaties plus proches du spectacle de cirque que d'une véritable bataille martiale.

La plupart des productions kung fu, même les plus médiocres, tirent souvent leur épingle du jeu grâce à un duel final salvateur mais RIVALS OF THE SILVER FOX n'y parvient même pas, laissant le public sur une mauvaise impression générale.

Quelques extérieurs plutôt joliment photographiés, les prouesses physiques de Casanova Wong, l'émotion de l'une ou l'autre scène, un ou deux combats réussis…voilà pour les points positifs. Le reste (mise en scène, intrigue, "production values", montage, duel final,…) déçoit et, en l'état, RIVALS OF THE SILVER FOX peine à décrocher une modeste moyenne.

Réservé aux seuls inconditionnels de Casanova Wong ou aux "complétistes" du old-school.