LES TROIS FURIES DU NINJA

Titre:
Revenge of the Ninja
ou:
Réalisateur:
Ratmo Timoer
Interprètes:

 

Dana Christina
W.D. Mochtar
Advent Bangun
Harry Capri
 
 
Année:
1985
Genre:
Horreur / Kung Fu / Ninja
Pays:
Indonésie
Editeur
Bach Films
Violence:
* * *
Erotisme:
* *
Suite:

40%

Résumé:

Une jeune femme nommée Maya reçoit un médaillon magique des mains d'un vieux sorcier. Devenue possédée et invulnérable, elle est l'enjeu d'une lutte entre différentes bandes de méchants. Heureusement, son beau petit ami, le courageux Ricky, saura la protéger des sortilèges divers.

 

 

Critique:

Tout nul qu'il soit, ces Trois Furies du Ninja nous ramène à une époque totalement révolue: celle ou fleurissaient sur grands écrans les séries Z les plus kitsch de la création. Cette petite production indonésienne eut donc les honneurs d'une sortie en France en novembre 1986, juste après Le Défi de Ninja (alias The Warrior And The Ninja Woman) avec le même Barry Prima et avant le tout aussi ringard, mais bien américain, American Warrior 2 . Cette même année sortaient également Le Guerrier des Ténèbres, Special Force, Phoenix the Ninja, Mad Mission IV, etc. Bref, une autre époque.

Ressorti chez Bach Film, les Trois Furies du Ninja est proposé sous une jaquette bien laide et le scénario retranscrit sur le DVD semble confus. Encore plus étonnant, le nom de Barry Prima n'est pas mentionné, alors qu'il s'agit de la seule "star" du métrage et que le script proposé tente de faire croire à une aventure de Jaka Sembun en évoquant le fameux "Guerrier". Mais, en fait, il s'agit d'un mélange de kung-fu et d'aventures fantaisistes reprenant le scénario du bien idiot Ninja 3 de Sam Firstenberg quasiment à la ligne près.

Possession par un sorcier ayant légué un objet magique à une férue d'aérobic (ici, un médaillon remplace le sabre du titre précité), séance d'exorcisme aux éclairages contrastés, sacrifice gore, affrontements martiaux, cascades en voiture prudentes, bagarres de rues et combats en discothèque miteuse, sont donc au programme.

Niveau fantastique, le metteur en scène ne se prime d'aucun excès, malgré un budget plus serré que l'expresso du matin. Il montre une sorcière dont le coeur est extirpé du corps avant de plonger dans un lac maudit. Les fils sont évidemment très visibles, tout comme ceux qui maintiennent dans les airs le collier maléfique. Pour le final, une armée de morts vivants sort du sol, sans grande justification, juste histoire de donner un peu de tonus à des péripéties mille fois vues. Un grand moment. Les costumes des zombies sont dépenaillés, couvert d'une sorte de plumage ridicule et leurs ongles énormes sentent le plastique à cent mètres.

Lorsque Barry Prima est possédé, le cinéaste n'hésite pas, non plus, à en faire trop en lui maquillant les yeux à grand coups de crayons gras. Des ficelles que l'on croyaient obsolètes depuis des décennies. Mais, apparemment, pas dans cette partie du monde!

Pour ne pas faillir à la réputation excessive du cinéma indonésien, le méchant ninja (ou assimilé parce qu'à l'exception d'un costume noir et d'un shuriken prestement lancé il ne ressemble guère à un authentique guerrier de l'ombre) avale le bijou sacré. Ce qui provoque aussitôt sa spectaculaire explosion. Amusant de gratuité!

Mais, hélas, le gore s'avère en définitive peu présent et ces quelques séquences, plutôt soft, ne font pas oublier la minceur de l'intrigue. D'ailleurs des plus confuses. Ce qui, apparemment, ne gêne personne. Surtout pas le spectateur, qui suit sans poser de question les rebondissements les plus crétins. A condition d'accepter ce postulat (aucune logique, juste des scènes plus ou moins réussies jetées en pagaille devant la caméra), le spectacle peut divertir les plus conciliants. Hélas, la réalisation, elle, est anémique et souvent très pauvre. Les faux raccords abondent et la photographie fade est tellement sous-exposée que l'on n'y voit rien lors des passages nocturnes. Bref, ce n'est guère la joie. Pour ne rien arranger, l'interprétation est calamiteuse, le doublage atroce et les dialogues confondant de bêtise.

Quelques exemples?
- Je ne peux te laisser rester comme ça possédée, affirme le guerrier à la belle Maya.
- Ne prononce pas ce genre de mots, répond-elle catégoriquement.

Peu après l'héroïne se demande fort justement (tout comme le spectateur):
- Pourquoi m'avoir choisie, moi, pour cette mission???
- Parce que tu es celle qu'il me faut, réplique sans sourciller le sorcier.

Eh, oui, il fallait oser!

Encore plus idiots, les insultes entre le cruel nécromancien et une magicienne emprisonnée qui se lancent du "vieille sorcière", du "brigand", ou carrément, un redoutable "vieux scélérat". Barry Prima, pour sa part, exhibe son torse musclé et imberbe tout au long du métrage. Précurseur de la mode "taille basse", il nous révèle même la moitié de son slip, dévoilé par un pantalon des plus moulant. Quelques combats martiaux efficaces mais brouillons comblent les trous d'une intrigue qui emprunte aussi un peu à Mad Max avec des méchants caricaturaux au possible.

Pour les romantiques, le cinéaste montre les deux amoureux courir au ralenti sur une plage, déclamer des phrases profondes et philosophiques comme "il y a beaucoup de violence dans les vague, c'est comme dans la vie" ou se regarder dans les yeux avant un timide bisou.

En résumé, il s'agit d'une grosse série Z excessive et ringarde, destinée aux seuls inconditionnels du genre. Il y en a!