THE RESCUE

Titre: Xie jiu tian lao
ou: The Rescue
Réalisateur: Chiang Shen
Interprètes: Lo Lieh

 

Si Si
Ling Ling
Bolo Yeung
Chan Shen
 
 
Année: 1971
Genre: Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * * *
Erotisme: *
Suite:  

65%

Résumé:

Un ministre de la dynastie Sung, le seigneur Wen, a été emprisonné par les Mongols et retenu en prison où il a composé une chanson patriotique destinée à inspirer la révolution. Quelques loyalistes tentent de le faire évader.

Critique:

THE RESCUE ne s'embarrasse guère d'une intrigue complexe et ne fait guère preuve de subtilité. Son souci principal est de maintenir l'intérêt du spectateur en multipliant les séquences de combats bien sanglantes. Le contexte historique (la chute de la dynastie Sung au XIIIème siècle) restera donc à peine esquissé et paraîtra un peu obscur aux non familiers de l'Histoire chinoise. Mais que ceux-ci se rassurent, le scénariste et réalisateur Chiang Shen ne désire pas nous offrir un récit instructif, son seul objectif étant d'élaborer des scènes d'action efficaces.

L'essentiel du métrage se résume donc aux tentatives de quelques chevaliers pour sortir de prison un patriote et, bien sûr, Yuen Cheung Yan (le frère de Yuen Woo Ping donc) et Tang Chia s'en donnent à cœur joie pour livrer des passages excitants. Lo Lieh et Si Si mènent la danse, le premier utilisant une sorte de hache attachée à une chaîne capable de véritables carnages. Si Si, pour sa part, s'avère charmante, même si certaines scènes témoignent d'une naïveté un peu "too much" pour le public d'aujourd'hui, ce mélange de pudibonderie, de retenue, d'érotisme suggestif et de romantisme outré n'ayant plus guère la côte en ces temps de cynisme triomphant. Si Si est en outre douée lors des scènes de combats et son duo avec Lo Lieh, rejoint par le massif et musculeux Bolo Yeung lors du final, est fort plaisant à suivre.

Niveau violence, THE RESCUE s'inscrit clairement dans la lignée de Chang Cheh les plus gore de cette période et le liquide écarlate gicle abondamment, sans oublier les plans insistants sur des armes blanches enfoncées dans les corps, comme les haches plantées dans les crânes. Malheureusement, les chorégraphies ont beau être réussies, l'usage des câbles, lui, est mal maîtrisé. Les sauts impossibles manquent donc clairement de réalisme et la séquence où Lo Lieh bondit sur une série de lances en portant une Si Si évanouie sur ses épaules semblera sans doute risible à un public moins sensible à la "suspension d'incrédulité". Les câbles sont d'ailleurs souvent évidents, voire même apparents, donnant lieu à des mouvements sans beaucoup de naturels qui nuisent un peu au métrage, d'autant que le contexte sérieux et dramatique n'aident pas à accepter ces fantaisies.

Les décors et costumes, pour leur part, possèdent le côté à la fois somptueux et kitsch de nombreuses productions de la Shaw Brothers. Le spectateur comprend immédiatement que tout cela n'est qu'un décor mais, à la manière d'une pièce de théâtre (et THE RESCUE se montre souvent théâtral), il se laisse prendre au jeu sans se montrer dupe de ce qu'il voit.

Si l'action, aussi excessive soit elle, s'avère donc réjouissante, THE RESCUE n'est pourtant pas une franche réussite. L'intrigue, basique à souhait, se déroule platement et n'offre pratiquement aucun développement une fois les prémices posés. Très répétitif, le métrage se contente de multiplier les tentatives pour faire évader le patriote emprisonné et pratiquement aucune sous intrigues ne fera dévier un récit aux personnages réduits, il faut bien l'avouer, à de simples silhouettes. Seuls les deux personnages principaux bénéficient d'un minimum de consistance mais le cinéaste ne s'est vraiment pas attardé sur ces "détails", investissant toute son énergie dans l'action.

THE RESCUE n'est en définitive pas vraiment un chef d'œuvre du mythique studio. Avec une durée réduite (à peine 79 minutes), l'ensemble s'avère pourtant divertissant, dans les limites de ses modestes ambitions. Il s'agit donc clairement d'un petit actionner bourrin, dont la moitié du temps de projection, au bas mot, consiste en une suite de combats à l'arme blanche exagérément sanglant. De quoi passer une soirée sympathique mais, bien sûr, il ne faut pas en attendre davantage qu'une agréable manière de tuer le temps.

C'est déjà ça.