RED TO KILL

Titre:  
ou:  
Réalisateur: Billy Tang
Interprètes: Lily Chung Suk Wai

 

Ben Ng
Money Lo
Baat Leung
 
 
 
Année: 1994
Genre: Thriller érotique / Catégorie 3
Pays: Hong Kong
Editeur Universe
Violence: * * * *
Erotisme: * * *
Suite:  

75 %

Résumé:

Un violeur sadique s'en prend à une jeune fille innocente et handicapée mentale. Elle dévoile le viol mais personne ne la croit et le procès est une parodie de justice. Une de ses amies va alors tenter de confondre le sadique en servant d'appat.

Critique:

Red To Kill est un des plus gros classiques de la Catégorie3, ce genre typiquement hong kongais qui n'en est pas un à proprement parler. En effet, Cat3 signifie simplement interdit au moins de 18 ans et, quoique cette classification soit utilisée pour des films divers, le grand public l'assimile immédiatement à ces thrillers ultra-violent qui, sur des intrigues prétextes, multiplient les séquences chocs. Erotisme souvent malsain (essentiellement à base de viols) et violences extrêmes allant jusqu'au gore répugnant, sont les mamelles de ces métrages contestés.

Ici, nous avons droit à un sujet bien dérangeant, avec un violeur sadique qui dirige un hopital psychiatrique et qui est excité sexuellement par la couleur rouge. Evidemment, lorsque le bonhomme pose le regard sur une jupe écarlate ou, pire, sur une petite culotte afriolante de cette couleur, il devient une sorte de bête en rut. La seule solution est alors de se renverser une pelletée de glaçon dans le slip. Ou bien de violer la première demoiselle qui lui tombe sous la main (et le reste), même si il s'agit d'une jeune et innocente handicapée mentale.

Bon, évidemment, voici le genre de résumer qui devrait faire fuir 90% du public (enfin peut-être pas le public de ce site!) et enthousiasmer les 10% restant.

Heureusement, Red To Kill s'avère à la hauteur de sa réputation. La réalisation est tout d'abord fort bien maîtrisée, ce qui est un exploit tant la moyenne des Cat3 (et aussi un paquet de séries B HK de la même époque) ont un look (in)digne d'un téléfilm "chaud" de fin de soirée. Ici, la photographie est très belle et efficace, privilégiant les éclairages bleutés et les teintes sombres, et l'interprétation est mémorable. Cabotine certainement, outrée également mais finalement adaptée au concept. Ben Ng incarne un psychopathe ricanant, grognant comme un animal à la vue du rouge et suant pour se maîtriser lors d'un passage anthologique au cours duquel la belle héroïne en tenue -umh- sexy tente de lui faire perdre contenance pour le piéger.

Ben Ng est la grosse attraction du film et son numéro d'Incroyable Hulk est véritablement un pur moment d'exploitation - cinéma. Le visage ravagé par les tics, la bave aux lèvres, il grogne et gronde comme un fauve, prêt à violer la première venue. Pas le genre d'interprétation qu'on retient pour les Oscars mais cette démesure, cette anti-sobriété absolue, est fascinante et enthousiasmante.

Les scènes de viols, elles, sont bien filmées et relativement réalistes, tout comme le passage où la jeune Ming Ming prend une douche après avoir été abusée. Elle commence à s'épiler l'entre-jambe au rasoir avant que la lame ne lui entaille la peau à plusieurs reprises. "Painfull" répète t'elle alors que le sang gicle de son pubis. Une séquence assez désagréable à regarder.

Le reste du métrage est constitué de nombreux passages érotiques et violents assez poussés mais il se dégage une sorte d'humour noir extrême de ce film jusqu'au boutiste. A l'image de Massacre à la Tronçonneuse, l'ensemble est si brutal et dérangeant, si excessif, que l'on ne peut s'empêcher d'y voir aussi un coté comique. Du moins pour les plus dérangés du cerveau.

Le final verse lui dans le gore bien saignant, avec des corps lacéré et un meurtre à la scie circulaire.

Red To Kill est donc un trip dans la folie, un voyage sans beaucoup d'espoir ponctué de viols à répétition, de violence et de délire. Inspiré d'un fait divers authentique, ce plaidoyer pour l'auto-justice est un très bel exemple de cinéma malsain, sadique et cruel.

Jamais ennuyeux, il multiplie tous les éléments capables de satisfaire l'amateur exigeant de (s)exploitation.

Et à ce titre, il s'agit incontestablement d'une réussite.

Pour les frileux, passez votre chemin!