TROIS FANTASTIQUES CEINTURES NOIRES

Titre: Da Sha Si Fang
ou: The Rebel Intruders / Killer Army
Réalisateur: Chang Cheh
Interprètes: Philip Kwok

 

Sun Chien
Chiang Sheng
Lu Feng
Lo Meng
 
 
Année: 1980
Genre: Kung fu
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

65%

Résumé:

Des milliers de réfugiés fuient sur les routes alors que, en Chine, s'installe la République. Les experts en arts martiaux ont leur gloire derrière eux et trois jeunes hommes vont tenter de survivre au milieu des machinations politiques, aidés par une jeune prostituée, alors qu'un dirigeant corrompu s'apprête à supprimer un rival en reportant la responsabilité du crime sur nos héros.

Critique:

Chang Cheh et les Venoms…deux noms synonymes d'une fin de règne difficile pour la Shaw Brothers même si les métrages du cinéaste et de ses acrobates virevoltants ont, depuis, acquis une réputation culte. Avec une quinzaine de titres tournés durant les années 1978-1980, Chang Cheh ne peut plus, bien sûr, soigner les productions comma une demi-douzaine d'années plus tôt. Le bonhomme ne sait plus, non plus, s'appuyer sur de talentueux assistants réalisateurs ni sur un chorégraphe de la trempe de Lui Chia Liang. Bref, les ambitions sont revues à la baisse et les intrigues, interchangeables, deviennent de simples prétextes à des affrontements martiaux de plus en plus outranciers.

L'intrigue débute par la fuite de milliers de réfugiés alors que, en Chine, s'installe la République. Les experts en arts martiaux ont leur gloire derrière eux et trois jeunes hommes vont tenter de survivre au milieu des machinations politiques, aidés par une jeune prostituée, alors qu'un dirigeant corrompu s'apprête à supprimer un rival en reportant la responsabilité du crime sur nos héros.

THE REBEL INTRUDERS est typique de cette période de la carrière de Chang Cheh: une intrigue aux résonances politiques pas désagréable (et un peu plus travaillée que la moyenne du kung fu des seventies) mais aussi un peu ennuyeuse et parfois inutilement compliquée, d'où cette impression de se sentir un peu perdu, pas vraiment passionné et encore moins concerné par les déambulations de nos différents héros. Ajoutez des combats acrobatiques avec des acteurs qui virevoltent en tout sens et une impression désagréable de retrouver toujours les mêmes décors, les mêmes costumes chatoyants, les mêmes arrière-plans peints avec un certain talent mais déjà vu trop souvent,…

Et, comme souvent avec les métrages des Venoms, une hésitation palpable entre le style Chang Cheh à l'ancienne (tout le monde meurt les tripes à l'air) et un appel vers la comédie alors triomphante suite aux premiers méga succès de Jackie Chan. Sinon ce sont toujours les mêmes thèmes dominants, de l'exaltation du sacrifice à l'amitié virile indéfectible en passant par la recherche du bonheur via une vie simple et la corruption des puissants.

THE REBEL INTRUDERS ne cherche donc pas à renouveler le genre, juste à proposer aux spectateurs le spectacle martial coloré et divertissant qu'il est venu voir, maintenant l'attention par le nombre élevé de rebondissements et les joutes successives. Rien d'original mais rien de honteux non plus, chacun assurant le boulot avec un minimum d'investissement, même si on sent aussi le budget restreint, le manque de temps, la théâtralité de l'ensemble, tourné en studio, bref… THE REBLE INTRUDERS, soigné dans sa globalité, ne peut manquer de paraître un peu bâclé et vaguement ridicule par certains détails.

Reste les chorégraphies réussies (Philip Kwok se la joue même Jackie Chan en tirant le meilleur parti d'un banc de bois) et la bonne volonté de l'ensemble, qui permettent aux spectateurs de ne pas trop s'ennuyer. C'est déjà pas mal même si on était en droit d'en attendre beaucoup plus.