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Chang Cheh et les Venoms…deux noms synonymes
d'une fin de règne difficile pour la Shaw Brothers même si les
métrages du cinéaste et de ses acrobates virevoltants ont, depuis,
acquis une réputation culte. Avec une quinzaine de titres tournés
durant les années 1978-1980, Chang Cheh ne peut plus, bien sûr,
soigner les productions comma une demi-douzaine d'années plus
tôt. Le bonhomme ne sait plus, non plus, s'appuyer sur de talentueux
assistants réalisateurs ni sur un chorégraphe de la trempe de
Lui Chia Liang. Bref, les ambitions sont revues à la baisse
et les intrigues, interchangeables, deviennent de simples prétextes
à des affrontements martiaux de plus en plus outranciers.
L'intrigue débute par la fuite de milliers
de réfugiés alors que, en Chine, s'installe la République. Les
experts en arts martiaux ont leur gloire derrière eux et trois
jeunes hommes vont tenter de survivre au milieu des machinations
politiques, aidés par une jeune prostituée, alors qu'un dirigeant
corrompu s'apprête à supprimer un rival en reportant la responsabilité
du crime sur nos héros.
THE REBEL INTRUDERS est typique de cette période
de la carrière de Chang Cheh: une intrigue aux résonances politiques
pas désagréable (et un peu plus travaillée que la moyenne du
kung fu des seventies) mais aussi un peu ennuyeuse et parfois
inutilement compliquée, d'où cette impression de se sentir un
peu perdu, pas vraiment passionné et encore moins concerné par
les déambulations de nos différents héros. Ajoutez des combats
acrobatiques avec des acteurs qui virevoltent en tout sens et
une impression désagréable de retrouver toujours les mêmes décors,
les mêmes costumes chatoyants, les mêmes arrière-plans peints
avec un certain talent mais déjà vu trop souvent,…
Et, comme souvent avec les métrages des Venoms,
une hésitation palpable entre le style Chang Cheh à l'ancienne
(tout le monde meurt les tripes à l'air) et un appel vers la
comédie alors triomphante suite aux premiers méga succès de
Jackie Chan. Sinon ce sont toujours les mêmes thèmes dominants,
de l'exaltation du sacrifice à l'amitié virile indéfectible
en passant par la recherche du bonheur via une vie simple et
la corruption des puissants.
THE REBEL INTRUDERS ne cherche donc pas à
renouveler le genre, juste à proposer aux spectateurs le spectacle
martial coloré et divertissant qu'il est venu voir, maintenant
l'attention par le nombre élevé de rebondissements et les joutes
successives. Rien d'original mais rien de honteux non plus,
chacun assurant le boulot avec un minimum d'investissement,
même si on sent aussi le budget restreint, le manque de temps,
la théâtralité de l'ensemble, tourné en studio, bref… THE REBLE
INTRUDERS, soigné dans sa globalité, ne peut manquer de paraître
un peu bâclé et vaguement ridicule par certains détails.
Reste les chorégraphies réussies (Philip Kwok
se la joue même Jackie Chan en tirant le meilleur parti d'un
banc de bois) et la bonne volonté de l'ensemble, qui permettent
aux spectateurs de ne pas trop s'ennuyer. C'est déjà pas mal
même si on était en droit d'en attendre beaucoup plus.
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