RASHOMON

Titre: Rashomon
ou:  
Réalisateur: Akira Kurosawa
Interprètes: Toshiro Mifune

 

Takashi Shimura
Masayuki Mori
Machiko Kyo
Daisuke Kato
 
 
Année: 1950
Genre: Drame
Pays: Japon
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite: The Outrage [remake]

95%

Résumé:

Trois hommes (un bonze, un bucheron et un domestique) s'abritent d'une pluie torrentielle sous le portique d'un temple abandonné. Ils évoquent un fait divers récent ayant donné lieu à un procès: le meurtre d'un samouraï et le viol de son épouse par un bandit. Or, les témoignages de cet événement sont divergents, alors où est la vérité?

Critique:

1950, un grand événement cinématographique se produit. C'est cette année là que le monde fait la connaissance de Akira Kurosawa par le biais de l'une de ses plus grandes oeuvres. En effet, RASHOMON est présenté à l'extérieur de l'archipel et, il ne passera pas inaperçu. Il réussi à repartir de son séjour en occident avec un lion d'or (Mostra de Venise), et l'oscar du meilleur film étranger (Hollywood). La critique est unanime et paraît dispenser d'autres détails.

Pourtant, RASHOMON se révèle être bien plus qu'un simple film primé. Il constitue le point de départ d'une des plus brillante carrière de cinéaste. Kurosawa affirme déjà son style par une maîtrise narrative incomparable et incroyablement novatrice. Il enchaîne des plans absolument fabuleux de perfection et, réussi à nous tenir en haleine tout au long du film.

Mais RASHOMON ne s'admire pas uniquement par les prouesses techniques de son réalisateur. Véritable étude de la nature humaine, il nous laisse totalement médusés à la fin en mettant en évidence la subjectivité de la vérité. Chacun possède la sienne, chacun vit un événement d'une certaine manière et l'appréhende différemment, à l'instar du spectateur qui vivra le film de son point de vue. Kurosawa ne se limite pas à un "simple" jugement de valeurs.

Grandiose sur tous les points, RASHOMON ne pouvait se dispenser d'une distribution à la hauteur de sa qualité cinématographique. Si tous les acteurs sont excellents, Takashi Shimura notamment, Toshiro Mifune crève littéralement l'écran et déploit un charisme à couper le souffle, que l'on retrouvera dans nombreux long-métrages de sa filmographie exceptionnelle (LES SEPT SAMURAÏ, YOJIMBO, SANJURO, LA FORTERESSE CACHEE, BARBEROUSSE...).

Un film incontournable de la culture cinématographique mondiale, teinté désormais d'émotion depuis les décès (1997/1998) des deux principaux artisans de cette oeuvre magique : Akira Kurosawa et Toshiro Mifune.

Le respect pour cette ouvre à même poussé certains réalisateurs à réutiliser cette fameuse technique de narration d'un même événement, raconté plusieurs fois de façons diverses en fonction des personnage. Ainsi, on a pu voir dans des films récents (JSA, HERO, BASIC.) ce processus employé, sans toutefois chercher une réflexion aussi poussée que dans l'ouvre du sensei.

Cette critique est de Yann Jegodtka