PURPLE STORM

Titre:  
ou: Purple Storm
Réalisateur: Teddy Chan
Interprètes: Daniel Wu

 

Kwok Leung Gan
Emil Chau
Hoan Chen
Teresa Lee
 
 
Année: 1999
Genre: Action / Polar / Espionnage / Thriller
Pays: Hong Kong
Editeur HK Legends
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

70%

Résumé:

Saw Kit, un terroriste nostalgique du régime des Khmers Rouges, perd la mémoire au cours d'une opération commando. Retrouvé par la police de Hong Kong, il est soumis à un conditionnement psychologique visant à lui faire croire qu'il est un policier infiltré. Saw Kit doit alors stopper le plan diabolique de son père décidé à utiliser le Purple Storm, une nouvelle arme bactériologique redoutable, à des fins de destruction massive.

 

Critique:

Purple Storm est une production Jackie Chan qui connut un gros succès en 1999. Il alterne efficacement moments intimistes et scènes explosives sur un scénario soigné orienté vers la politique fiction teintée d'espionnage et d'une pointe d'anticipation. Bref, il s'agit d'un techno-thriller de choix dans lequel Daniel Wu se demande qui il est vraiment et ce qu'il désire devenir.

Terroriste amnésique manipulé par les services secrets pour lui faire croire qu'il est un flic infilté, Saw Kit (Wu) constitue un de ses héros / anti-héros sans passé ni avenir à la recherche d'eux-mêmes. Dans l'esprit de Jason Bourne ou du XIII des bandes dessinées, Saw Kit est prêt à suivre la première personne susceptible de lui fournir un éclairage sur son existence oubliée. Un flic incorruptible, une psy plus ou moins amoureuse, un père Khmer Rouge assoifé de carnage et de révolution, une ancienne maîtresse tueuse sans pitié,...voilà les personnages que Saw Kit va cotoyer pour retrouver son Moi enfoui. Quitte à ne pas aimer la personne qu'il découvre, Saw Kit cherche perpétuellement des réponses à ses questions, entrevoyant parfois un embryon de solution dans un flash lui rappelant sa vie "d'avant". Des passages d'ailleurs peu inspirés visuellement, avec cette déformation coutumière et pas très heureuse de l'écran pour transcrire les tourments intérieurs du héros. Mais, ce détail excepté, Teddy Chen concocte un thriller tout à fait honnête avec un certain talent au niveau de la mise en scène: pas de génie particulier ni d'esbroufe déplacée mais une application conscienceuse et parfois inspirée. Montage nerveux, belle photo aux teintes légèrement bleutés, rythme alerte, bref, un travail de pro. On peut lui reprocher de glisser parfois vers un certain conformisme internationnal du cinéma d'action mais l'ensemble est suffisamment intéressant pour qu'on lui pardonne ce coté un peu trop formaté et consensuel.

D'une durée de près de deux heures, Purple Storm prend d'ailleurs son temps pour développer une intrigue convenablement écrite, étoffer ses personnages et mener son récit vers une conclusion explosive. Ce qui le distingue de nombreux "mindless summer blockbusters" US qui se contentent d'enquiller les séquences explosives aux mépris de toute logique ou vraissemblance.

Niveau action, le métrage accumule les fusillades nerveuses, parfois brouillonnes mais souvent réussies et compte aussi une poignée de grosses explosions assez destroy. Le cinéaste emballe le tout avec savoir faire et l'enrobe d'une belle musique appropriée, se donnant des allures de blockbuster à même de concurencer le modèle américain. Léger bémol: les effets numériques ne tiennent pas vraiment la route mais ne sont pas catastrophiques pour autant: disons qu'ils passent bien si on reste focaliser sur l'intrigue sans s'apesantir sur l'un ou l'autre détails.

En résumé, Purple Storm constitue un bon divertissement, plus intelligent que la moyenne du genre, qui saura satisfaire un large public, des adeptes du thriller aux fans de l'espionnage en passant par les accros du polar psychologique et les spectateurs lambdas qui ne demandent que des gunfights et des destructions massives.