P.T.U.

Titre: PTU
ou:  
Réalisateur: Johnnie To
Interprètes: Simon Yam ( Mike Ho)

 

Lam Suet ( Lo)
Ruby Wong ( Leigh Cheng)
Maggie Siu ( Kat)
Eddy Ko Hung
 

                      
                      
                      
                      
Année: 2000
Genre: Polar
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

70%

Résumé:

Suite à une agression par quatre jeunes voyous, le sergent Ho se fait voler son arme. Avec l'aide d'un de ses amis des force de police il va tenter de la retrouver avant la fin de la nuit, afin d'éviter des sanctions disciplinaires.

 

Critique:

Ce polar mise avant tout sur une ambiance un peu glauque. Ramassé dans le temps (une seule nuit) et l'espace (un quartier quasi désert), il laisse ses personnages déambuler dans un univers volontiers dépressif et sinistre. Le ton s'apparente davantage au film noir qu'à l'action puisque, à l'exception d'un violent gunfight final, il ne se passe pas grand chose durant près d'une heure quinze.

Johnny To nourrit donc son intrigue de promenades nocturnes et privilégie une narration éclatée, laissant le hasard décider des actes posés. La musique, elle, alterne fort logiquement de gros riffs de guitares et une sorte de blues cafardeux afin de souligner le parcours de ces flics et voyous.

Les acteurs sont heureusement très bons, ce qui permet de s'intéresser à des personnages présentés rapidement mais bien typés, en particulier le sergent Ho. Il faut dire que Lam Suet est excellent et confére un véritable réalisme à ce personnages grassouillet et affolé, corrompu et compromis avec la pègre. Simon Yam joue, lui, de manière nettement plus sobre mais n'est guère plus reluisant. Les policiers, en fait, n'ont pas nécessairement le beau rôle: ils se comportent en petits chefs, tabassent les suspects à coups de pieds dans le ventre, fabriquent des preuves et se soucient surtout de ne pas encourir de sanctions disciplinaires, quitte à saboter l'enquête en cours ou à laisser dans leur merde deux jeunes filles abusées par des voyous. Triste constat!

Johnny To met en scène de longs passages qui peuvent paraître, au premier abord, un peu vides, voire inutiles, afin d'entretenir un climat de déambulation nocturne que certains risquent de ne pas apprécier. En clair, oui, parfois, on s'ennuie un peu, car To privilégie l'esthétique (souvent superbe) et le climat (toujours un peu étouffant) pour se rapprocher des polars à l'ancienne. On est en droit de lui reprocher un scénario réduit à sa plus simple expression et un manque flagrant d'action mais certaines scènes sont très réussies: la tentative d'intimidation dans la salle de jeu; le repaire du mafieux où l'on trouve les petits voyous réduits à des animaux, enfermés totalement nus dans des cages mininucules; les passages où on découvre l'inspectrice du CID; etc.

En résumé, voici un polar très lent qui manque sans doute d'émotion et dans lequel il importe de se plonger totalement sous peine de trouver, parfois, le temps un peu long. Néanmoins, "PTU" reste intéressant, même si on peut lui préférer le plus abouti "The Mission" ou le très ludique "Running Out Of Time"